Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Les joueurs des Remparts étaient plus affamés que ceux des Cataractes mardi.
Les joueurs des Remparts étaient plus affamés que ceux des Cataractes mardi.

Une forteresse de 15 000 sièges

CHRONIQUE / Le Centre Vidéotron a beau être la plus grande scène de hockey junior au pays, c’est loin d’être l’amphithéâtre qui vibre le plus dans la LHJMQ. En temps normal, avec 6000-7000 personnes dans les gradins, on peut facilement se croire à un salon funéraire quand la musique ne résonne pas dans les haut-parleurs.

On vous laisse imaginer maintenant l’ambiance mardi soir alors que la ligue a transformé l’édifice en forteresse de 15 000 sièges en raison de la pandémie! À la télévision, il y avait peut-être moyen de masquer un peu l’effet de grand vide autour de la glace mais sur place, disons que c’était un peu sec comme spectacle.

Vous ne trouverez toutefois personne à l’intérieur de la bulle pour se plaindre de la situation. Après cinq semaines de pause forcée, ces équipes situées en zone rouge étaient prêtes à faire preuve de beaucoup de flexibilité pour avoir le privilège de recommencer à jouer des matchs. Ce sont de grands ados, après tout. Pas encore des pros. Bien beau s’entraîner sur glace et repousser ses limites au gymnase, vient un temps où ça prend une récompense pour donner un sens à ces sacrifices. Cette bulle permet un certain retour à la normale pour ces athlètes.

Les Cataractes étaient d’ailleurs probablement la formation qui avait le plus hâte de renouer avec l’action. Contrairement aux autres équipes dont les joueurs résident dans des familles d’accueil, la concession shawiniganaise a opté pour un environnement contrôlé unique. Ils ont acheté une résidence, ils l’ont retapée, puis ils ont installé leurs joueurs à l’intérieur avec l’entraîneur Ron Choules.

Sur papier, c’est génial. Les joueurs ont leur chambre, des salons, une grande cour. La formule permet un contrôle encore plus rigoureux des mesures sanitaires. Mais bon, le revers de la médaille, c’est que les joueurs ne côtoient personne d’autre. Ni la copine, ni la famille, ni les amis ne sont admis. Pour les plus jeunes, les bons côtés ressortent davantage que les inconvénients. Pour les plus vieux, on me chuchote que c’est plus difficile à accepter. Surtout s’il n’y a pas de matchs à l’horaire. Ce festival de six matchs en 10 jours arrivait donc à point pour le moral des troupes…

Faux départ

Cette première sortie à Québec manquait toutefois de conviction. Un départ timide qui a permis aux Remparts de prendre l’avance 1-0. Par la suite, les hommes de Choules ont été un peu plus dégourdis en première, mais ils sont tombés à plat en deuxième. Tirant de l’arrière par deux buts après 40 minutes, ils ont poussé un peu plus en troisième pour revenir mais c’était souvent des efforts individuels, pas beaucoup de travail concerté. N’enlevons pas de crédit aux Remparts ni à leur gardien Thomas Sigouin, qui a excellé. Mais les Cataractes auraient dû jouer avec un peu plus de passion après un congé aussi long, non?

Choules dispose de deux jours de congé pour faire les ajustements nécessaires, à la suite de ce revers de 4-2. À l’écouter en point de presse après le match, son discours ne tournera pas tellement autour du tableau, mais bien sur l’attitude de compétiteur à adopter. Sans Mavrik Bourque, ça va en prendre un peu plus, de tout le monde, pour ramener une couple de victoires à la maison.