Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Le message de Ron Choules sera-t-il entendu par ses joueurs?
Le message de Ron Choules sera-t-il entendu par ses joueurs?

Une chance de mettre Ron de son bord!

CHRONIQUE / Soyons honnête, les Cataractes ont raté leur départ dans la bulle à Québec mardi.

Après cinq semaines de pratique, ils ont préféré chausser des patins de fantaisie plutôt que des bottes de travail pour se mesurer aux Remparts de Québec devant les caméras de TVA Sports. Une bien mauvaise idée!

C’est le combat de ce groupe depuis une année. Daniel Renaud en parlait quand il était en poste. Gordie Dwyer lui a succédé, il a repris la même chanson. Et là, c’est au tour de Ron Choules de tenter de lui faire comprendre que le talent ne suffit pas. Martin Mondou a monté un groupe avec beaucoup d’habiletés. Si ces joueurs comprennent l’importance d’ajouter un peu de papier sablé, ça va faire des dommages au cours des deux prochaines années. Sinon, il y aura des pique-niques quand tout va cliquer, et des soirées pénibles quand l’exécution sera moyenne. Puis, une fois dans le crunch de l’année - en séries- ce sera tout simplement insuffisant pour veiller tard.

Choules n’a pas trop utilisé les «x» et les «o» après la défaite de mardi. Il a montré à sa bande des séquences où son club tournait les coins ronds, question de ne pas trop se défriser. «Le match de mardi, c’est un drapeau rouge pour les gars. J’ai pas mal d’expérience, le reste du personnel hockey aussi, on avait mis en garde l’équipe sur le piège associé au fait de jouer un premier match après cinq semaines. Cette génération semble avoir besoin de se brûler les doigts pour comprendre. C’est arrivé mardi. J’ai hâte de voir leur réaction vendredi soir!»

Chose certaine, les Cataractes ont une belle occasion de mettre leur entraîneur de leur bord face aux Olympiques de Gatineau.

Choules a passé les quatre dernières saisons comme adjoint dans l’Outaouais. C’était un deuxième séjour pour lui dans cette position avec les Olympiques, un club pour qui il a évolué durant l’adolescence.

Quand la tempête s’est levée à Gatineau l’hiver dernier, Choules a bien failli succéder à Éric Landry. C’était le plan d’Alain Sear. Qu’il n’a pas eu le temps de mettre à exécution, puisqu’il a été viré. Choules, de son côté, s’est ensuite éloigné de l’organisation pour soigner de délicats problèmes oculaires. Tout est rentré dans l’ordre quelques semaines plus tard, mais il n’a pas été retenu parmi les candidats par l’état-major de l’équipe, qui cherchait un nouveau leadership hockey.

«Je n’ai pas eu d’entrevue. En fait, je n’ai même pas eu un appel! Est-ce que j’aurais aimé avoir au moins la chance d’être entendu? Bien sûr. Le docteur Maxime Chabot, Simon Laplante et Noémie Chartier Lefrançois ont pris bien soin de moi quand j’ai eu des ennuis de santé, je suis très reconnaissant de ça. Pour le reste, j’ai tourné la page…»

Le temps a fini par bien arranger les choses pour Choules. La chance qu’il désirait à Gatineau, il l’a obtenue à Shawinigan, dans un club qui est en avance de deux ans dans le cycle junior par rapport aux Olympiques. Le match de vendredi soir est tout de même spécial un peu, hein Ron? «Bien, je peux te dire que personnellement, je vais être prêt pour ce match-là!», sourit-il. «Je suis allé voir jouer les Olympiques hier (mercredi). Sans rien enlever à Louis (Robitaille), il a un club très prometteur entre les mains en raison des sacrifices qui ont été faits par les hommes de hockey qui étaient là avant lui. Je pense que ça mérite d’être souligné. J’ai bien aimé la progression de plusieurs joueurs avec qui j’ai travaillé ces dernières années, tu vois qu’ils ont eu une bonne base…»

Choules est de la vieille école. Il ne le dira pas, mais je pense que les chances sont très élevées qu’il y ait une récompense au tableau dans le vestiaire en cas de victoire. Et en lançant une couple de petites roches à Robitaille, vous pouvez être assurés que ce dernier, lui aussi un fier compétiteur, voudra gagner ce match un peu plus que les autres…

La table est mise. J’ai bien hâte à la première mise en jeu!

En passant, Choules ne prévoit pas faire de changement dans son alignement. Pour une raison bien simple. «Nos jeunes ont été nos meilleurs joueurs mardi, particulièrement en défensive, alors pas question de les bouger. Les vétérans, eux par contre, ils doivent se réveiller. Nous sommes encore une équipe jeune, et il nous manque tout un morceau en Mavrik Bourque. L’adversité est là et c’est parfait. On va savoir en sortant de la bulle sur qui on va pouvoir compter dans les moments importants.»