Yves Lévesque, candidat dans Trois-Rivières pour le Parti conservateur.

Entrevue éditoriale avec Yves Lévesque: pragmatisme et réalisme à Ottawa

Trois-Rivières — «Oui, c’est une campagne de candidats. Le chef a un rôle à jouer, mais les gens me connaissent. Tous les engagements qu’on a pris à la Ville, on les a réalisés. Les gens reconnaissent mon travail. Ils peuvent m’aimer ou non, mais ils ne peuvent pas dire que je n’ai pas livré la marchandise.»

Yves Lévesque n’en est pas à sa première campagne électorale, et ça paraît. Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, et bien sûr ex-maire, sait marteler son message et insister sur ce qui lui tient à cœur. Autour de la table d’entrevue éditoriale, qu’il a eu l’habitude de côtoyer à chaque campagne électorale municipale, on le sent encore très proche de l’hôtel de ville dans son discours. Le message conservateur, il sait le faire passer. Mais le message «Yves Lévesque», c’est sa marque de commerce.

Si l’ex-maire a choisi de faire le saut au fédéral après avoir démissionné de la mairie en décembre dernier pour des raisons de santé, c’est pour pouvoir, dit-il, réaliser ses derniers engagements, soit le TGF de même que le développement du port et de l’aéroport à partir d’Ottawa, là où il pourra vraiment influencer les décisions sur les infrastructures.

«Le TGF, on en parle depuis longtemps. C’est en ligne directe avec nos grandes orientations, et les gens me connaissent, je n’ai pas l’intention de m’en tenir juste aux paroles», lance-t-il.

Même son de cloche pour le port ou l’aéroport, où le véhicule conservateur lui est apparu comme ayant l’approche la plus logique afin de voir développer le plein potentiel de la région. «Les conservateurs sont pragmatiques, et nous sommes conscients de l’importance de respecter les particularités de chacune des régions. L’aéroport de Trois-Rivières devrait pouvoir bénéficier des mêmes avantages que les aéroports accrédités, avoir les mêmes règles que les autres», mentionne-t-il, disant partager le même avis quant à la modification des lettres patentes du hangar du port de Trois-Rivières.

«Le développement ne pourra pas se faire si on ne modifie pas les lettres patentes. Par contre, les libéraux craignent l’effet que ça pourrait avoir dans d’autres régions si on le permet ici. Moi, je dis qu’il faut prendre en compte les réalités régionales. Si la demande est logique, il faut agir de façon logique», ajoute-t-il, confirmant vouloir porter cette vision auprès de son chef Andrew Scheer.

«J’ai la chance d’être dans un véhicule où le chef est à notre écoute, et moi je compte influencer ce véhicule pour le bénéfice de la région», ajoute-t-il.

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Environnement

Se faire accoler l’étiquette de «criminel climatique» lors de la grande Marche pour le climat, Yves Lévesque indique ne pas la comprendre et estime que la position de son parti en est une responsable, pragmatique et orientée vers un avenir plus vert, mais de façon réaliste. «Nous ne sommes pas des robots. Nous sommes 338 hommes et femmes à travers le Canada qui ont les mêmes préoccupations que les autres. Mais la différence, c’est que nous voulons gouverner de façon réaliste et pragmatique. Nous sommes des gens responsables.»

C’est pourquoi, à son avis, la lutte aux changements climatiques passe d’abord par l’engagement des citoyens à réaliser des changements concrets au quotidien. «Chacun de nous a un rôle à jouer, en se demandant quel geste je peux poser», croit le candidat.

Le gouvernement doit évidemment légiférer sur certaines compétences, comme les infrastructures permettant de séparer les égouts et les eaux pluviales, de même que d’améliorer les techniques de recyclage pour que 100 % des matières mises dans le bac bleu soient vraiment recyclées. Le parti veut en outre exercer un pouvoir d’influence sur les autres pays industrialisés.

Mais comment parler d’un parti tourné vers l’environnement lorsqu’on propose de construire des pipelines dans le nouveau corridor énergétique?

«La transition, elle va se faire graduellement. En attendant, personne ici ne peut dire qu’on est en mesure de se passer de pétrole demain matin. Alors dans ces circonstances, on a deux choix. Soit on l’importe des autres pays avec tout ce que ça implique en gaz à effet de serre pour le transport, ou soit on prend notre pétrole canadien et on le transporte avec un oléoduc qui est le moyen le plus sûr, qui ne cause aucun gaz à effet de serre. Et le corridor énergétique, une fois que la transition sera complétée, il servira plutôt à exporter notre hydroélectricité», martèle Yves Lévesque.

Yves Lévesque, candidat dans Trois-Rivières pour le Parti conservateur.

Bien qu’il préférerait être un député au pouvoir, Yves Lévesque insiste pour dire qu’il saura travailler pour le bien de sa région, même dans l’opposition. «Je suis capable de regarder autre chose que la couleur politique. Moi j’ai toujours travaillé avec tout le monde. Tout dépend comment tu amènes ton dossier. Mais si c’est bon pour Trois-Rivières, je travaillerai pour Trois-Rivières», mentionne le candidat.

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