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Six lieux magiques de création au Québec
Arts
Six lieux magiques de création au Québec
On pourrait se demander ce qu’il y a dans l’eau de Deschambault, Sutton ou Lac-Kénogami tellement le bouillonnement créatif de ces villages rejaillit avec vigueur dans les ateliers, centres culturels et lieux d’exposition. Vos six quotidiens coopératifs ont voulu partager avec vous ces endroits où émerveillement et joie de vivre se côtoient afin que vous puissiez aller les découvrir à votre tour. Bonne lecture.
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Deschambault, contrée d'art vivace

Expositions

Deschambault, contrée d'art vivace

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Entre le fleuve scintillant et les champs d’herbes folles de Portneuf, les bâtiments de pierre grise de Deschambault offrent un havre de paix aux mélomanes, aux amateurs d’arts visuels et aux férus d’histoire. Ici, on trouve des œuvres d’art même chez l’antiquaire.

Comme chaque année intercalaire de la Biennale du lin, le Moulin de La Chevrotière et le Vieux Presbytère accueillent tout l’été une exposition d’art actuel auprès de ses expositions permanentes qui expliquent l’histoire du village et des ouvriers qui l’ont construit. On présente depuis la fin juin Volonté de fer, le troisième volet d’une série autour des matériaux fondateurs (bois, pierre et métal) orchestrée par la commissaire Carole Baillargeon.

Nous avons rendez-vous devant le Vieux Presbytère, où de nombreux visiteurs ont défilé en procession à l’ouverture de l’exposition, même s’il n’y a pas eu de vernissage. En observant la sculpture Nature humaine de Julie Savard, sous un arbre centenaire qui amène une ombre bienvenue pendant une autre journée caniculaire, on en oublie presque la pandémie.

«Avec un titre comme Volonté de fer, on ne pouvait pas annuler l’exposition !» soutient Carole Baillargeon.

On retrouve avec bonheur les vases anthropomorphes de Laurent Craste, qui se tordent de douleur sous les outils d’ouvrier. L’œuvre de Chantal Gilbert, autour des frères ennemis, évoque les chicanes de clotûre, alors qu’un vidéo d’art de Catherine Breton montre comment son conjoint Jacques Samson a façonné une sculpture de broche, qui crée des ombres sur les murs. Le fer prend toutes sortes de formes et traverse l’exposition comme un fil, mais chaque proposition a sa singularité, comme dans une brassée de fleurs sauvages.

L’œuvre <em>Révolution IV</em>, de Laurent Craste, est présentée au Vieux Presbytère de Deschambault dans le cadre de l’exposition <em>Volonté de fer.</em>

Élyse De Lafontaine a ramassé des pièces de métal dans des cours d’eau, trop longtemps utilisés comme dépotoirs, pour en faire des impressions sur tissu. Ceux-ci ont servi à faire des pochettes, qui servent maintenant de linceuls aux objets trouvés. Sylvie Sainte-Marie a peint des portraits, peuplés d’animaux menacés, sur des moules à gâteaux en métal. Les deux corpus enveloppent les enjeux actuels d’effluves nostalgiques qui évoquent les cuisines d’été et les coffres à couture.

Un détail de l’installation de Élyse De Lafontaine

Au moulin

Le deuxième volet de l’exposition, présentée au Moulin, est une bonne occasion d’en apprendre un peu plus sur la réfection du bâtiment, qui a permis de mettre sur pied l’un des premiers chantiers-écoles et de former des apprentis selon les savoir-faire artisanaux. La forge et la menuiserie y sont toujours en fonction.

Le moulin de La Chevrotière 

À l’intérieur, on tombe d’abord sur les sculptures aux grandes pattes de Stéphane Langlois, qui semblent célébrer notre arrivée en dansant. Une installation de Karine Locatelli utilise des pièces de métal comme ancrages et donne forme à un paysage sur toile, dessiné à l’encre. Il évoque le lit de la rivière, qui coule tout près. À l’étage en-dessous, la céramiste Joanne Gauthier a utilisé des oxydes de cobalt, de cuivre et de zinc pour patiner trois grandes assiettes, qui font écho au labeur des chercheurs d’or. Les œuvres présentées sont logées dans le moulin comme les morceaux d’un mécanisme délicat, qui crée des liens entre l’architecture et le paysage environnant.

L’oeuvre de la céramiste Joanne Gauthier

Julien Lebargy et Cynthia Girard signent un fascinant pendule dont les renflements abritent des saynètes mécanisées évoquant les quatre saisons. Alors que Sonia Beauchesne travaille avec du cuivre recyclé pour façonner des bijoux en forme de petits animaux marins, les sculptures de Marc-Antoine Côté créent une clairière d’arbres ondoyants et massifs. Marie-Hélène Martin a tissé au métier Jacquard des motifs photographiés sur des portes de camion rouillées. Des restes de table et aliments flétris, moulés en métal précieux par Brigitte Clavette, offrent une réflexion sur l’abondance et le gaspillage. Anie Toole utilise le sulfate de fer dans ses teintures textiles, ce qui assombrit la couleur. Matériau ou sujet, le fer se présente sous des aspects insoupçonnés.

BDV-gros chiffre Coul:1L’œuvre de Julien Lebargy et Cynthia Girard, au Moulin de La Chevrotière, abrite dans les renflements des saynètes mécanisées évoquant les quatre saisons.

L’exposition Volonté de fer est présentée jusqu’au 27 septembre. Info : www.culture-patrimoine-deschambault-grondines.ca À jumeler avec une visite au Marché public de Deschambault, les samedis de 9h à 13h.

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GARDER LA NOTE

Depuis 1994, l’école de musique Denys Arcand est installée dans l’ancien couvent des sœurs de la Charité, au cœur de Deschambault. Niché à deux pas du Cap-Lauzon, un grand espace florissant qui surplombe le fleuve, le petit havre de pierres grises fait rêver.

L’annulation de tous les concerts du printemps a forcé plusieurs mois de silence. Début juillet, le directeur général de l’école, Gabriel F. Ouellette, venait tout juste de ravoir accès à ses locaux. Les prestations prévues cet été (fête nationale, fête des voisins et autres rassemblements populaires) n’auront pas lieu. «Je ne me suis pas encore penché sur ce qu’il est possible de faire. Je me suis un peu détaché de tout ça, parce que ça me rend extrêmement triste», souligne M. Ouellette. Natif de Saint-Marc-des-Carrières, il a bourlingué jusqu’en Nouvelle-Écosse avant de revenir au bercail, de s’impliquer sur le CA de l’école puis de s’en voir confier la direction, en 2015.

Jane Ehrhardt à la guitare, sur la galerie de l’école de musique Denys-Arcand. Le directeur général Gabriel F. Ouellette croit que le lieu est tout indiqué pour des prestations.

L’école sert normalement de lieu de diffusion pour les musiciens de passage, lorsque la salle Élise Paré-Tousignant, qui compte 90 places, n’est pas occupée par les activités des élèves. «D’habitude, l’été, on ne donne presque pas de cours. On organise quelques concerts à l’église, on aime animer d’autres lieux. Comme les travaux de rénovation de la galerie sont terminés, ce serait le lieu idéal pour faire des prestations», réfléchit le directeur.

Commandos musicaux, happenings filmés, drum battle, mini-concerts au bord du fleuve… la musique devrait tranquillement se refaire une place cet été dans les lieux publics de Deschambault. «On ne peut [pas] s’empêcher d’avoir des idées pour dire qu’on existe encore, pour ramener les gens à la musique», note M. Ouellette. À surveiller plus tard cet été à emda.art.

Sutton, bien plus qu'un village de montagne

Villages culturels

Sutton, bien plus qu'un village de montagne

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Sutton est d’abord un village de montagne qu’on apprécie pour ses paysages de cartes postales. Et parce que la beauté attire la beauté, d’innombrables artistes y font leur nid depuis des décennies. Résultat : une effervescence culturelle unique et une atmosphère de vacances à l’année!

Richard Leclerc a adopté ce coin de pays depuis longtemps, mais il s’y est établi à temps plein il y a 18 ans. Engagé dans mille projets, au fait de tout, le publicitaire est fervent de culture et fou de sa municipalité d’adoption, où il s’est fait de nombreux amis. La Voix de l’Est est allée à sa rencontre pour tenter de percer le mystère de la belle campagnarde.

«Sutton, c’est la combinaison parfaite entre la nature et la culture», laisse-t-il tomber comme une évidence.

Bon, comme partout ailleurs, les derniers mois ont laissé des traces. La réalité de cet été 2020 n’offre pas un portrait très juste de ce qui s’y passe en temps normal. N’empêche, le détour en vaut la peine, assure M. Leclerc. «La montagne est un attrait, mais aussi le Parc d’environnement naturel de Sutton, les pistes cyclables... Quand on vient faire un tour ici, il y a plein d’options.»

Mais revenons au vent de culture qui souffle en permanence sur Sutton. La rumeur veut d’ailleurs que le village et sa campagne environnante abritent le plus grand ratio d’artistes au Québec, peut-être même au Canada...

«Pourquoi? Parce que les artistes aiment le beau. Et ici, c’est beau. On a des paysages enchanteurs. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs en arts visuels.»

Richard Leclerc pose près d’une sculpture (incomplète) en hommage à Pierre Falardeau.

Un petit musée unique

Lui-même est responsable du Musée des communications et d’histoire de Sutton. Depuis 2009, l’endroit a raconté, sous forme d’expositions, l’histoire des anciens Canadiens de Montréal, de Jehane Benoit, de Gerald Bull, des frères Vachon, de François Dompierre et de Pierre Falardeau, entre autres.

Intime et chaleureuse, la petite institution muséale s’apprêtait, cet été, à offrir au public une exposition sur la chanteuse Monique Leyrac, illustre résidante de Sutton décédée à la fin de 2019. Pour les raisons que l’on connaît, l’événement sera reporté à l’an prochain. Entretemps, Richard Leclerc a tenu à rendre hommage à Bertrand Derome, surnommé Monsieur Sutton, le camelot local du journal L’Itinéraire, à travers une expo virtuelle.

Pour conserver l’intérêt du public en cette période difficile, le Musée organise même un concours de sosie sur les réseaux sociaux. Quiconque ressemble à l’un ou l’autre des personnages qui ont fait l’objet d’une exposition au cours des dernières années est invité à soumettre sa photo.

Bouillonnement

Le Musée n’est qu’un des fleurons culturels du village. Il y en a bien d’autres. Des galeries d’art, la petite salle de spectacles Alec et Gérard Pelletier, une multitude d’ateliers d’artistes à visiter sur rendez-vous, une école d’art hors de l’ordinaire, le Tour des arts, le Festival de violon traditionnel de Sutton, le festival Sutton Jazz chaque automne…

La municipalité et ses alentours sont même couverts par la publication Le Tour, qui témoigne de ce qui s’y passe quatre fois par année.

Pas pour rien que les Robert Toupin, Raymond Cloutier, Andrée Pelletier, Jean-François Pichette et Michael Hynes de ce monde aient choisi d’y vivre, croit Richard Leclerc.

Un tel bouillonnement vient toutefois avec quelques contraintes. Pour maintenir une offre si généreuse dans un si petit milieu, l’apport des bénévoles constitue le nerf de la guerre. Et parfois, ceux-ci ne fournissent pas à la demande, constate M. Leclerc. « Le dynamisme est toujours là, mais ils sont peut-être un peu essoufflés... »

Ce n’est pas demain, cependant, que la flamme s’éteindra, croit-il, en confiant que le pouls du village bat notamment très fort au bistro Le Cafetier, là où « beaucoup de choses se passent ». Devant le café du matin ou l’apéro de fin d’après-midi, on y jase de tout, de rien... et de culture.

Mais Sutton, c’est aussi tous les autres commerces de proximité, boutiques, restaurants et microbrasseries qui animent le centre-ville.

« Surtout quand la fin de semaine approche, on est comme enveloppés par une ambiance bien particulière ici. Il y a beaucoup d’atmosphère. Tu vois, tu entends et tu sens plein de choses », résume Richard Leclerc en faisant référence à la musique, aux spectacles et à la bonne bouffe qui règnent au cœur du village.

Car, malgré la pandémie, il est fort possible que des concerts extérieurs ponctuels résonnent durant la belle saison dans la rue Principale, prévoit-il.

Il souffle un vent de culture sur la campagne de Sutton.

D’arts et de rêves : un projet fou et unique

Il fallait du cran et de la vision pour imaginer qu’un immense terrain de sept acres deviendrait un jour un parc de sculptures monumentales et une résidence-atelier pour soutenir les artistes visuels, les artistes du cirque et les artistes littéraires.

Moins de cinq ans ont pourtant été nécessaires à Nicole Côté, Henri Lamoureux et leur nièce Joanie Leroux-Côté pour en faire un lieu sans pareil. «D’arts et de rêves, c’est unique. C’est une patente qui n’existe nulle part ailleurs au Québec», laisse tomber Mme Côté en souriant. 

L’organisme à but non lucratif a en effet réussi à rallier une impressionnante brochette de mécènes, de partenaires et de bénévoles. Sous leur impulsion, les projets se sont multipliés au 57, Principale Nord.

Le dernier en lice : la rénovation complète du bâtiment de ferme datant des années 1800, qui sert à accueillir les artistes pour des séjours de création. Près d’un million de dollars devraient y être consacrés. L’ouverture est prévue en juin 2021. «À terme, on aura plus d’espace pour les recevoir plus confortablement.»

Pour avoir les moyens de ses ambitions, D’arts et de rêves a besoin du soutien financier du public. Son événement-bénéfice MusArt prendra la forme, cette année, d’un grand encan silencieux virtuel du 1er au 15 août. Plus de 50 œuvres seront mises à l’enchère et la moitié des profits sera versé aux artistes, pour les aider en cette période difficile, note Mme Côté. 

Et même si plusieurs lieux culturels sont sur pause, la bonne nouvelle, c’est que les responsables D’arts et de rêves peuvent convier les visiteurs à faire une longue promenade en nature parmi la vingtaine d’œuvres en exposition sur le site. 

«On offre une programmation cet été dans le parc. Avec sept acres, c’est possible de le faire. Et on va embaucher des artistes pour donner des performances en plein air durant certains week-ends», ajoute la dame. Parmi elles, on pourra assister à un défilé circassien et festif au village, un samedi d’août, et à une performance en direct de sculpture sur bois par l’artiste Daniel Haché, en septembre.

L’avocate, artiste, grande bénévole, féministe, militante et globe-trotteuse Nicole Côté a posé les pieds à Sutton dans les années 70. Et elle a eu amplement le temps de s’y attacher depuis.

Des artistes ancrés à Sutton

L’avocate, artiste, grande bénévole, féministe, militante et globe-trotteuse Nicole Côté a posé les pieds à Sutton dans les années 70. Disons qu’elle a eu amplement le temps de s’y attacher depuis.

«À l’époque, il y avait beaucoup d’artistes per capita à Sutton, et ce nombre est encore très élevé. Plus je travaille dans ce monde, plus j’en rencontre. Et en m’immisçant dans l’univers du cirque, j’en découvre encore. Je me rends compte qu’ils sont tous à Sutton!» s’exclame la résidente de Glen Sutton.

Mais pourquoi donc? 

«Il ne faut pas nier l’extrême beauté de la région. À mon humble avis, c’est l’un des plus beaux coins du Québec. Mais il y a aussi une mentalité, une qualité de vie et une culture du lieu ici. On sent un désir d’harmonie avec la nature qui est très fort, sans compter notre beau petit microclimat.»

Bref, tout cela en fait une véritable pépinière culturelle, selon elle. «On reste un milieu fort attrayant pour les gens qui aiment l’art, en raison de la sérénité qui se trouve à portée de main.»

L’effet d’entraînement y jouerait-il pour beaucoup? «C’est sûr que le bouche-à-oreille attire les artistes, mais la réalité du lieu fait toute la différence», termine-t-elle.

Chelsea, la destination « confort » [PHOTOS]

Le Mag

Chelsea, la destination « confort » [PHOTOS]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Comme une brise matinale au cœur de l’été, on dit souvent de Chelsea qu’il redonne l’énergie qu’il faut pour nous aider à pallier aux stress de la vie moderne.

Porte d’entrée du parc de la Gatineau, le village de Chelsea est devenu au fil des dernières années la destination « confort » en l’Outaouais.

Avec ses nombreuses galeries d’art, ses boutiques, ses cafés et ses haltes gourmandes, toutes ces adresses permettent au visiteur d’entrer dans un environnement unique et à quelques jets de pierre de la vie.

Le Pub Chelsea est sans doute le pub le plus connu et le plus fréquenté de Chelsea.

Patrimoine et culture

Aujourd’hui, Chelsea porte une attention toute particulière à son patrimoine, comme en témoigne la reconnaissance de deux cimetières au titre de monument historique ainsi que la mise en place du Circuit de la vallée du ruisseau Meech.

Le cimetière des Pionniers et le cimetière protestant Old Chelsea sont protégés de même que la Mission Union Church qui est un site patrimoniale.

La Fab, qui est un centre culturel important en Outaouais, est un véritable trésor caché.

D’autres sites devenus de véritables attraits touristiques permettent à Chelsea de se démarquer.

Sa proximité avec le parc de la Gatineau, un parc fédéral qui s’étend sur une superficie de 360 km2, fait de cette municipalité un immense terrain de jeux pour les amateurs de plein air, de gastronomie et de culture.

Le domaine Mackenzie-King est un de ces sites très prisés par les visiteurs de partout au pays.

La galerie d’art Old Chelsea est un lieu de découvertes pour de nombreux amateurs d’art.

Ce domaine champêtre de 231 hectares a appartenu à William Lyon Mackenzie King, 10e premier ministre du Canada.

Après avoir passé près de 50 ans (de 1903 à 1950) à embellir et à agrandir sa propriété, l’ancien premier ministre a légué son domaine au peuple canadien. On peut y admirer des expositions annuelles, des jardins, des ruines historiques et emprunter des sentiers de randonnée. Le domaine est au cœur de la route touristique des Chemins d’eau.

Au centre-village se trouve La Fab, le centre des arts, de la culture et du patrimoine de Chelsea.

Érigé dans l’ancien presbytère de l’église St-Stephen, ce trésor caché de l’Outaouais abrite une galerie d’art, une boutique et neuf studios d’artistes qui sont ouverts aux visiteurs.

On retrouve aussi dans cet édifice patrimonial divers espaces disponibles pour des rencontres et des activités culturelles.

D’autres attraits font de Chelsea une des destinations les plus prisées de l’Outaouais.

La présence du Nordik Spa-Nature, une des plus grandes installations du genre au pays, attire bon an mal an — et sans le confinement — environ 300 000 visiteurs par année.

Le Nordik Spa-Nature est un des plus grands centres du genre au pays. Il attire annuellement environ 300 000 personnes.

Toutes ces personnes ont accès à dix bassins extérieurs, neuf saunas, aires de détente intérieures et extérieures, un restaurant, un lounge et un Biërgarden avec terrasses. Autant de personnes qui peuvent aussi s’attarder sur les différents sites du village.

Enfin, un arrêt chez Bougie Douzy, sur le chemin Old Chemin, est un incontournable.

Cette petite manufacture de bougies artisanales est tout à fait charmante et le visiteur y fera de magnifiques trouvailles.

Gastronomie et hébergement

Pour ce qui est des bonnes tables, Chelsea est choyée avec des hauts lieux de la gastronomie comme L’Orée du Bois et Les Fougères.

L’Auberge Old Chelsea est prisée pour son ambiance conviviale et chaleureuse.

Ces deux restaurants ont une réputation qui déborde les frontières régionales et nationales.

Chelsea est également reconnue pour ses cafés et ses bistros dont Le Pub Chelsea, le Pub Manchester, le Meech & Munch, Le Tonique, le Biscotti & Cie, Le Mamma Teresa Chelsea et bien sûr, La Cigale, le préféré des jeunes, et la pizzéria Luigi.

Quant à l’hébergement, pas de grands hôtels ni de succursales de grandes chaînes.

On mise plutôt sur la convivialité des petites auberges et des B&B indépendants.

Sur la courte liste, soulignons L’Auberge Old Chelsea, La Maison Bleue, L’Auberge Tom et l’auberge Le Trésor Caché.

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UN PEU D'HISTOIRE

Revenons un peu dans le temps. 

En 1875, le territoire qui allait devenir la municipalité de Chelsea fut taillé à même celui du canton de Hull. 

Jusqu’en 1990, la « municipalité de la partie ouest du Township de Hull » s’étendait de Ironside à Farm Point. Mais, le 28 avril 1990, s’inspirant des deux principaux villages situés en son centre, ce territoire adopta le nom de municipalité de Chelsea. 

Même si ce territoire était bien connu des Autochtones et des commerçants de fourrure avant le 19e siècle, ce n’est qu’en 1800 que les premiers colons s’établir dans les terres du canton de Hull. 

Et c’est le 1er mars 1875 — à la maison de Charles Kingsbury située sur la route 105 — que Chelsea tint son premier conseil municipal sous la gouverne du maire Timothy Moffat, un Irlandais arrivé au Canada en 1822. 

Ce conseil regroupait également Henry Crilly, Michael Burke, Martin Fleming, Joseph Nadon, James McClelland et Luther Edey.

Selon ce qu’on peut apprendre dans le rôle d’évaluation municipale de 1875, Chelsea comptait 819 contribuables, surtout des fermiers, mais on y dénombrait également un boulanger, un ébéniste, un médecin, un cordonnier, quelques hôteliers et épiciers et un violoneux. 

Fait intéressant, à cette époque, il y avait plus de tenanciers de taverne (huit) que de fonctionnaires (six).

Le territoire qui allait devenir la municipalité de Chelsea fut taillé à même celui du canton de Hull. 

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POUR TOUS EN TOUTES SAISONS

Peu importe la saison, Chelsea offre plusieurs événements populaires qui s’adressent à toute la famille.

L’été débute habituellement sur Chelsea en fête.

Organisé en collaboration avec une cinquantaine d’organismes et entreprises de la région, Chelsea en fête rassemble la fête des voisins, la Journée internationale du sport et le Salon du loisir et des services communautaires. 

L’événement se déroule le premier week-end de juin.

Au cœur de la saison estivale, on a aussi les Mardis en musique où des musiciens offrent un spectacle en plein air et l’Éveil artistique où cette fois, des jeunes rencontrent des artistes dans les parcs de la municipalité. 

Le week-end Artistes dans leur milieu. Cette dernière activité qui se tient en septembre offre une tournée des ateliers d’une vingtaine d’artistes et artisans. L’événement regroupe des artistes de différentes disciplines dont la peinture, la photographie, la sculpture ainsi que la confection de bijoux et de travaux de verrerie. 

Tout au long de l’été, les Vélos-dimanches offrent aux cyclistes de circuler en exclusivité sur les petites routes sillonnant le parc de la Gatineau. Aucun véhicule moteur n’est autorisé à emprunter ces routes les dimanches matins, de 9 h à 13 h, ce qui représente un « circuit fermé » d’environ 50 km, et ce, depuis maintenant 50 ans.

L’automne à Chelsea se décline au rythme de Coloris automnal. En cette période de l’année, les couleurs dans le parc de la Gatineau attire des visiteurs de partout qui en profitent pour faire des arrêts dans les pubs et boutiques du village.

Enfin, à l’hiver, on retient la journée Plaisirs d’hiver et Un Noël magique.

Saint-Élie-de-Caxton, un village créatif et dynamique

Arts et spectacles

Saint-Élie-de-Caxton, un village créatif et dynamique

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Le mythique village de Saint-Élie-de-Caxton... Le conteur Fred Pellerin l’a peut-être mis sur la carte au cours des années 2000, mais cela n’aura pas empêché les gens de la place de créer à travers les années un village à leur image, à la fois dynamique et totalement créatif.

Loin d’être ordinaire, le village de moins de 2000 habitants est la preuve bien vivante qu’il est possible pour une petite municipalité de devenir un bouillonnant repère de créativité et de dynamisme lorsque tous mettent la main à la pâte pour y parvenir.

«Il y a toujours quelque chose qui se passe à Saint-Élie. C’est un village très dynamique et on sent vraiment qu’il y a de la vie. En tant qu’artisan, c’est une belle vitrine pour aller rencontrer les gens», souligne Raphaëlle Vincent Dionne, propriétaire de la savonnerie Bulles & brindilles.

Évidemment, il serait faux de dire que l’effet du célèbre conteur Fred Pellerin n’a rien à voir avec l’affluence de nombreux touristes chaque année et le dynamisme de ce joyau de la Mauricie. Les artisans du village en sont bien conscients, mais surtout reconnaissants.

«À Saint-Élie, on sent qu’il y a une effervescence tant au niveau des commerçants que des artisans. Ça me donne le sourire de voir tous les gens qui passent nous voir chaque année. D’ailleurs, le village m’a permis de faire plusieurs rencontres marquantes au fil des ans. Je me trouve chanceuse d’avoir choisi la place et d’avoir saisi l’opportunité de m’installer au village pour vivre de mon art», avoue la joaillière qui contribue également à la magie de Saint-Élie-de-Caxton, Judith Picard.

Il suffit d’ailleurs de se balader dans les rues de l’endroit pour comprendre cette effervescence. On peut notamment déambuler sur la rue Principale pour admirer les jolies maisons colorées, l’église qui trône fièrement au cœur du village, ou encore pour découvrir les fiertés locales.

En passant par le magasin général Chez Méo, la boulangerie du village Du bon pain croûte que croûte, le Rond coin, la joaillière Judith Picard, le potier ou encore la peintre du village Carmen Colbert, il suffit de chercher un peu pour y découvrir des petits trésors bien gardés.

«Les touristes, quand ils viennent chez nous, ils ont plein de choses à voir. Ils peuvent d’ailleurs passer une journée ou deux sans problème pour tout visiter», souligne la peintre Carmen Colbert.

Un accueil qui fait toute la différence

Ce qui fait la renommée de Saint-Élie-de-Caxton est évidemment l’accueil qui est réservé aux touristes par les commerçants, mais également par Fred Pellerin qui prend souvent un joyeux plaisir à aller à leur rencontre. Mais l’accueil est également un point fort de la petite localité lorsque vient le temps d’accueillir de nouveaux habitants.

D’ailleurs, certains choisissent même d’y emménager afin de vivre l’expérience unique qu’offre le village. «Lorsque moi et mon conjoint avons fait le choix de partir de Montréal pour aller vivre en campagne, on a regardé en Mauricie et le choix de Saint-Élie était évident pour nous, puisqu’il y a de la vie ici. C’était important pour nous de sortir de la ville, mais ne pas se retrouver isolés et avec tout ce qui se passe à Saint-Élie, ça nous a vraiment attirés. On a d’ailleurs été très bien accueillis dans la communauté», avoue d’emblée le couple d’artisans Raphaëlle Vincent Dionne et Julien Granger.

***

Un terreau fertile pour la culture

À Saint-Élie-de-Caxton, l’effervescence artistique et culturelle est palpable. En effet, de nombreux artistes et artisans aux talents aussi variés les uns que les autres y ont pignon sur rue et contribuent au dynamisme du village.

Au fil des ans, c’est d’ailleurs un véritable réseau d’artisans qu’a vu naître la petite municipalité.

«Saint-Élie est effectivement un village axé sur la culture. Pour ma part, en 2010, quand j’ai installé mon atelier-boutique en plein cœur du village, j’étais parmi les premières à le faire. Plusieurs artistes sont par la suite venus me voir quand ils sont arrivés au village pour avoir mes impressions. Maintenant, plusieurs d’entre eux se sont installés et ça fait un milieu qui est consistant en culture. C’est très intéressant», souligne l’artiste joaillière Judith Picard, qui travaille notamment les métaux et les pierres précieuses par la technique de la mosaïque.

L’artiste peintre Carmen Colbert.

Être un artisan au village             

On l’imagine, être un artisan à Saint-Élie-de-Caxton n’a rien à voir avec le fait de pratiquer ce même métier dans une autre région du Québec, bien au contraire.

«C’est merveilleux d’être une artiste ici. C’est certain que c’est un plus pour les artistes de venir s’établir à Saint-Élie, puisque Fred a fait son nom un peu partout et évidemment, c’est lui qui amène les touristes», avoue l’artiste peintre Carmen Colbert, qui a désormais sa propre galerie d’art en plein cœur du village.

L’entraide est d’ailleurs palpable entre les artisans qui y voient bien souvent l’occasion de promouvoir le travail de leurs collègues aux touristes.

«J’ai toujours senti l’entraide entre artisans ici. On ne veut pas juste que les gens viennent nous voir, mais on veut aussi qu’ils aillent voir les autres artisans. On se fait donc un circuit pour savoir où envoyer les touristes après leur visite chez chacun d’entre nous», avoue Judith Picard.

«Le bouche-à-oreille est tellement important ici. D’ailleurs, les artisans sont vraiment moins noyés dans la concurrence que dans les grands centres. On se réfère également entre artisans et je ne peux pas dire qu’il y a de la compétition entre nous. Il faut aussi savoir qu’on n’essaie pas non plus de copier les autres avec nos produits, mais on tente plutôt de se démarquer dans notre domaine», mentionne pour sa part la propriétaire de la savonnerie Bulles & brindilles, Raphaëlle Vincent Dionne, qui a quitté Montréal il y a quelques années pour venir s’établir dans la région.

Un son de cloche similaire pour son conjoint Julien Granger, propriétaire de l’entreprise spécialisée dans le travail du métal Granger Fab.Co. «Pour être un artisan, il faut prendre son temps et ne pas trop avoir le stress de performance en lien avec les finances. Pratiquer ce métier à Saint-Élie-de-Caxton, ça aide beaucoup. Pour moi qui le pratiquais à Montréal auparavant, ça change un mode de vie de le faire ici», soutient-il.

Un métier valorisé

Alors que plusieurs artistes et artisans travaillent souvent dans l’ombre au Québec, c’est toutefois tout le contraire qui se produit à Saint-Élie-de-Caxton. Ce métier est plutôt mis de l’avant et est même valorisé. «On m’a bien accueillie ici. On m’a donné la chance de présenter mes toiles au Garage de la culture et j’ai été invitée à peu près partout. De plus, chaque année, on nous demande si nous sommes intéressés à faire telle ou telle chose pour promouvoir notre art. On encourage vraiment notre travail et c’est important, car on est beaucoup d’artisans dans le village. On peut dire qu’on a notre place ici», conclut la peintre Carmen Colbert.

***

FOC: Un label 100 % caxtonien

Depuis un an, le village de Saint-Élie-de-Caxton a une appellation qui lui est propre et qui identifie des produits créés et vendus dans le village. Le label porte le nom de FOC, acronyme de Fabrication d’origine caxtonienne.

Logo du label Fabrication d’origine caxtonienne (FOC).

La certification mise sur pied par un comité composé de Fred Pellerin, Isabelle Héroux et Christine Ouellet permet d’identifier les produits locaux par le biais d’un logo créé à cet effet. Ils sont d’ailleurs divisés en quatre catégories: les produits bruts, les produits transformés, les services et les œuvres d’art.

Ainsi, on retrouve notamment dans les produits transformés le gâteau à la mandarine de Josée Beaudoin, de Chez Elle, le cimeterre Dragon des Ateliers Nemesis, le pendentif Cœur mosaïque de la joaillière Judith Picard, la tente Alaskan de Guy Hébert, de l’A.T.U.K., le sel aux herbes, de Michelle Beauregard, les baguettes du boulanger Vincent Vogelé de la boulangerie Croûte que Croûte, les jardinières de tomates cerises de Serge Dupuis, des Serres Serge Dupuis, les tasses du potier Sébastien Houle, potier de Saint-Élie.

Afin d’obtenir cette appellation, certains critères doivent toutefois être remplis, que ce soit pour les produits, les œuvres ou les services. Parmi ceux-ci, on retrouve le fait d’appartenir à l’histoire de Saint-Élie-de-Caxton, d’être reconnu par la population, d’être unique au Caxton, de souligner le savoir-faire d’un artisan du village ou encore d’être nommé comme étant propre à Saint-Élie-de-Caxton.

Les arts cartonnent à Potton [PHOTOS] 

Villages créatifs

Les arts cartonnent à Potton [PHOTOS] 

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
 Quand une petite municipalité comme le canton de Potton insère les coordonnées des ateliers d’artistes non seulement dans le dépliant touristique, mais carrément sur son site internet, on peut déduire que l’apport des créateurs à la vie communautaire et socioéconomique est considéré comme important. Si on ajoute (quand il n’y a pas de pandémie) le Tour des arts, des concerts extérieurs tous les dimanches d’été et des Journées de la culture étoffées, on comprendra que la vie pottonaise est bien garnie dans ce créneau.

« Nous habitons une région assez riche culturellement », résume Almut Ellinghaus, qui, avec son conjoint Stanley Lake, tient un atelier de poterie sur le chemin Ruiter Brook. Outre la poterie traditionnelle façonnée par Stanley, ils réalisent des sculptures de jardins, Almut se spécialisant dans les masques, un héritage de ses années professionnelles au théâtre. En plus d’être engagés dans les activités culturelles pottonaises, tous deux sont musiciens. Le trio jazz Almut Ellinghaus s’est même produit devant Bill et Hillary Clinton lors de leur passage en 2017.

« Pourquoi y a-t-il tant d’artistes ici? Je ne connais pas la réponse, mais les paysages sont d’une grande beauté, la nature est partout, il y a beaucoup de silence en hiver, constate Almut Ellinghaus. Et beaucoup d’Européens vivent ici, ce qui suscite un mélange culturel. »

Son conjoint Stanley Lake est concepteur et membre fondateur du Tour des arts, dont la 32e édition aurait dû battre son plein cette semaine. Ce très populaire circuit d’ateliers d’artistes regroupe des créateurs de Potton, mais aussi d’autres municipalités voisines. Malgré l’annulation, 18 des artistes sur les 38 participants ont gardé leurs portes ouvertes et acceptent les visiteurs sur rendez-vous. C’est d’ailleurs le cas de presque tous ceux et celles apparaissant dans le dépliant touristique de Potton. On recommande simplement de porter son masque pour entrer dans les ateliers.

« Les élus savent que beaucoup de gens cherchent et valorisent ce contact spécifique direct avec les artistes. Ça apporte une autre richesse, en plus de l’agrotourisme », ajoute Almut Ellinghaus à propos de la visibilité donnée par la municipalité. Elle met quand même un bémol sur le risque de trop s’appuyer sur les artistes sans les soutenir suffisamment.

« On attend souvent beaucoup des artistes, mais les heures qu’ils passent à organiser de telles choses, c’est du temps en moins pour leur création. Il y a une limite à ce qu’ils peuvent donner. Nous sommes justement en train de discuter avec la Ville pour trouver des façons de mettre les artistes de Potton encore plus en valeur dans le cœur villageois. Mais nous sommes aussi très reconnaissants de ce que la Ville fait déjà. »

 Almut Ellinghaus se spécialise dans les masques.
Le musée du village

Villages créatifs

Le musée du village

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
S’il y a une chose qu’on ne s’attendrait pas à trouver dans une petite localité comme Mansonville, c’est bien un musée d’art. Pourtant, en 2018, Patrick Cady y a ouvert son Musée d’art contemporain singulier (MACS) dans l’ancienne église Unie de Mansonville, qu’il a achetée et rénovée pour y installer 440 pièces de sa collection personnelle.

Précisons que Patrick Cady n’était pas un résident de l’endroit. « Mais mon projet a été très bien accueilli par la communauté. Les gens de Mansonville étaient très heureux que quelqu’un restaure l’église. Et tous ont conscience qu’un tel musée est un plus pour la municipalité », résume le Montréalais.

Le MACS regroupe les œuvres de 28 artistes différents, dont certaines réalisées par Patrick Cady lui-même et par sa compagne. La collection comporte une majorité de peintures, mais aussi des dessins, des sculptures, des gravures, des tapisseries et même des automates.

Français ayant émigré au Québec en 1994, psychanalyste de métier, Patrick Cady a vécu un véritable élan pour l’art le jour où il s’est lui-même risqué à la création.

« Avant, je n’étais qu’un simple amateur d’expositions. C’est lorsque j’ai fait l’expérience de la sculpture que m’est venue une réelle passion pour le travail d’autres artistes. Ça a réveillé quelque chose en moi. Je n’ai jamais pensé devenir collectionneur : je me suis simplement aperçu que j’avais besoin d’acheter une œuvre pour la regarder longtemps, pour vivre avec elle. J’ai aussi communiqué cette passion à ma compagne. »

Patrick Cady a finalement loué un entrepôt pour garder toutes ses acquisitions. « Mais je trouvais ça très triste, alors que mon désir était de faire connaître ces artistes. De là est venue l’idée d’un musée, un rêve que j’ai d’abord cru inaccessible financièrement. Effectivement, à Montréal, ç’aurait été impossible. Jusqu’au jour où nous sommes tombés sur cette église à vendre, au cours d’une balade. »

Crucifixions inaperçues

Malgré tous les travaux de restauration auxquels il a fallu procéder pendant un an, notamment refaire le clocher et la toiture, le collectionneur estime que de choisir ce bâtiment était judicieux.

« D’abord pour son volume immense, mais aussi parce que plusieurs des artistes de l’exposition ont une vie intérieure extrêmement intense, voire tourmentée, et chez certains reviennent des thèmes religieux, parfois sans qu’ils en aient conscience. Par exemple, j’ai dû faire remarquer au dessinateur Sylvain Martel qu’il avait représenté dans ses œuvres des dizaines de crucifiés. »

Patrick Cady a choisi l’adjectif « singulier » pour son musée parce que les artistes qui y sont exposés n’appartiennent à aucune école ni aucun courant de l’art contemporain. « Ils suivent leur propre route et ont tous une signature très forte. C’est ce qui m’attire. Si un peintre me fait penser à d’autres, ça ne m’intéresse pas du tout. »

Normalement ouvert du vendredi au dimanche, le Musée d’art contemporain singulier (museedartcontemporainsingulier.ca) fonctionne sur rendez-vous pendant la pandémie, surtout pour éviter une trop grande affluence qui compromettrait les mesures de distanciation physique.

Grange grande ouverte

Villages créatifs

Grange grande ouverte

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
 Si la plupart des événements estivaux ont été suspendus dans le canton de Potton à cause de la pandémie, il y en a un qui a tenu bon : la réouverture officielle, ce samedi 18 juillet, de la Grange ronde de Mansonville, après d’importants travaux de rénovation.

« Il ne reste que six granges rondes en Estrie, mais à partir de maintenant, celle de Mansonville sera la seule à être accessible au public », souligne Édith Smeesters, présidente du comité qui, depuis 2013, a lancé de multiples campagnes de financement pour sauver le bâtiment. Grâce à une subvention de 386 500 $ de Patrimoine canadien et à une somme équivalente récoltée par le comité, l’édifice a de nouvelles fondations et une structure redressée et renforcée. Il reste encore 400 000 $ à aller chercher pour refaire la toiture et installer des toilettes, entre autres, mais le bâtiment datant de 1912 peut quand même accueillir ses premiers visiteurs.

La première mission conférée à la Grange sera patrimoniale (on inaugurera d’ailleurs deux expositions samedi, sur la fabrication du beurre et sur le tourisme régional), mais la porte n’est pas fermée à d’autres vocations, notamment un Marché de Noël ou un espace d’exposition pour les artistes de Potton.

« Tout reste encore à discuter, mais ce serait intéressant que nos artistes y aient une certaine visibilité. J’ai déjà reçu des offres de certains d’entre eux, qui cherchent des salles pouvant accueillir de grandes toiles », rapporte Édith Smeesters. 

La municipalité reprendra la gestion de la Grange ronde le 1er septembre. La Grange sera ouverte au public tous les samedis jusqu’à l’Action de grâce.

Lac-Kénogami: la culture comme trait d'union 

Arts

Lac-Kénogami: la culture comme trait d'union 

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Si Lac-Kénogami était un poème, il y aurait beaucoup d’espace entre les lignes. Vivant autour d’un plan d’eau qui s’étire de Laterrière au Saguenay jusqu’au Lac-Saint-Jean, ses 3000 habitants sont plus prompts à nommer la baie où ils résident que leur adresse civique. Chacune d’elles représente une microsociété, le premier point d’ancrage, mais depuis dix ans, on note l’émergence d’un autre pôle identitaire : la chapelle Saint-Cyriac.

Les concerts classiques qu’on y présente affichent complet. On y accueille des artistes de renom, souvent originaires de la région. Tous vantent l’acoustique du bâtiment de bois érigé en 1903, l’un des rares ayant survécu au rehaussement des eaux du lac. Ce drame survenu en 1924 avait entraîné une expropriation massive au profit de la grande industrie. Le niveau avait monté de neuf mètres. Jadis enterrés, des morts ont été immergés pour l’éternité.

Parmi les gens qui ont repeuplé le territoire, on remarque de nombreux villégiateurs devenus des résidants permanents. C’est le cas de Sylvie Brassard, membre du comité des concerts. Arrivée il y a 35 ans, cette enseignante en travail social au Cégep de Jonquière met en pratique ce qu’elle montrait jadis à ses élèves. Comme son conjoint, Louis Pilote, c’est ce qu’on appelle une « brasseuse ». Son réseau de contacts est impressionnant. Son énergie aussi.

Elle l’a démontré à la suite d’un concert auquel avaient participé deux de ses amies, les musiciennes Aline Guérin et Monique Boucher, au sein du Quatuor Gardel. Charmées par cette expérience vécue à la chapelle en 2009, elles lui ont dit qu’une série de quatre ou cinq événements par an connaîtrait du succès. Un comité a été formé et dès la première saison, les abonnés ont retenu 200 des 225 places disponibles. Un engouement qui n’a pas faibli.

« C’était impressionnant, au début, de voir autant de spectateurs. Pour les gens de Lac-Kénogami, c’est devenu une occasion de se voir et en même temps, ça les a mobilisés. Notre ancien conseiller municipal, Paul-Roger Cantin, en parlait comme d’un outil de développement », a raconté Sylvie Brassard lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Rencontrée dans la chapelle, elle n’avait qu’à l’embrasser du regard pour appuyer ses dires.

Dès 2011, en effet, 60 bénévoles ont rafraîchi le bâtiment. « Le peintre André Fradet affirmait qu’une église, ça devait être blanc, bleu et doré. On a aussi enlevé les tapis pour améliorer l’acoustique », rapporte Sylvie Brassard.

Au même moment, une menace de fermeture planait sur le dépanneur. « C’est grâce à la chapelle que la coop est partie. Plusieurs des personnes associées aux rénovations ont embarqué là-dedans », fait observer Louis Pilote.

Restauration majeure

En 2017, le comité a dû surmonter un autre défi. « La paroisse nous a demandé de prendre la chapelle en main. Comme il fallait réaliser des travaux majeurs, l’architecte Luc Fortin a préparé des plans, puis nous avons amassé 100 000 $. La Ville et le gouvernement ont aussi participé », relate Sylvie Brassard en montrant des photos du chantier.

Même les structures du bâtiment ont été remises en état, si bien qu’il est d’attaque pour un autre centenaire.

En attendant le début de la prochaine saison, les mélomanes ont pu assister à trois concerts cet été. L’Ensemble Talisman s’est produit à minuit, le 22 juin, afin d’être le premier à profiter de la norme de 50 spectateurs, tandis que la violoniste Laura Andriani a joué deux fois en solo. Ayant passé plusieurs nuits à la chapelle, à l’occasion d’une résidence de création centrée sur les Caprices de Paganini, elle tenait à remercier les gens de Lac-Kénogami pour leur hospitalité.

Quant au comité, il n’est pas à la veille de succomber aux charmes d’une berceuse. Un autre projet, auquel seront associés la Sépaq, le Camping Jonquière et le Patro, le mobilisera cet automne. « Nous voulons créer le Parc patrimonial Cyriac avec nos partenaires. Il faut s’occuper du développement social et récréotouristique », énonce Sylvie Brassard, qui garde également un œil sur le centenaire des événements de 1924.

L’avenir d’un côté, le passé de l’autre, et la culture comme trait d’union. C’est ainsi que les choses se font à Lac-Kénogami.

Pour montrer à quel point le territoire de Lac-Kénogami est vaste, Sylvie Brassard, Monique Lespérance, Harold Bouchard et Pierre Beaudoin montrent la baie où se trouve leur résidence. Développer le sens du collectif dans un tel contexte représente une manière d’exploit.
Le passé interpelle Harold Bouchard

Arts

Le passé interpelle Harold Bouchard

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Comme ils se nourrissent de lumière, les vitraux conçus par Harold Bouchard ramènent à la notion de verticalité. Or, une expérience vécue ce printemps, pendant une sortie en fatbike, a produit l’effet inverse. C’est vers le sol que son regard s’est tourné. Profitant du fait que le niveau du lac Kénogami était bas, l’artisan a découvert les vestiges de constructions abandonnées après le rehaussement des eaux décrété par le gouvernement du Québec, en 1924.

Ce n’est pas d’hier que cet amateur de plein air sillonne le territoire où il vit depuis 22 ans. Il lui est arrivé de marcher sur l’ancien chemin Kénogami, dont la trace est de moins en moins visible, et de ramener chez lui quelques artefacts. La différence est qu’avec son fatbike, les surfaces boueuses ne posent plus problème. Mettant à profit sa connaissance du terrain, il a pu se rendre plus loin afin de capter des images à la fois sobres et émouvantes à l’aide de son téléphone cellulaire.

« J’ai fait des photographies, de même qu’un bout de film, pour mettre ce patrimoine en valeur. Il est important de garder une trace de ces choses-là. En empruntant le chemin Kénogami, par exemple, je suis tombé sur sept ou huit fondations. J’ai également vu l’emplacement d’une ferme où on avait aménagé une cuisine d’été. C’est là que j’ai trouvé un fer à cheval », a raconté Harold Bouchard à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

Il ne prétend pas être le premier à avoir vu ces vestiges, mais ses images, qui ont le mérite d’exister, témoignent du drame que fut le rehaussement des eaux pour les familles établies dans ce qu’on appelait le canton Kénogami. Sur le sol lisse, un brin lunaire, des pierres délimitent en effet le tracé des anciennes constructions. « Ils ne faisaient pas de solages, à cette époque-là. Comme il n’y a rien pour retenir les pierres, un jour, elles ne seront plus là », fait observer Harold Bouchard.

Les leçons du passé

Le spécialiste du vitrail est sensible aux leçons du passé, puisqu’il œuvre fréquemment dans des églises patrimoniales. Se frotter à des œuvres anciennes et savoir les comprendre pour mieux les restaurer constituent un rare privilège. Il a été de ceux qui ont dénoncé la démolition de l’église Notre-Dame-de-Fatima, à Jonquière, conscient de la valeur du vitrail imaginé par le regretté Jean-Guy Barbeau. « Il faut qu’on garde les églises qui le méritent », lance l’artiste avec une pointe d’irritation.

Or, lui-même a produit des vitraux destinés aux lieux de culte, notamment des églises et des monastères. Des projets souvent ambitieux pour lesquels son ancien atelier, situé à Arvida, n’était guère adapté. C’est pour cette raison qu’un jour, déménager est devenu une obligation. Le choix s’est porté sur Lac-Kénogami parce que des amis y vivaient, que c’est le paradis du kayak et qu’un terrain donnant sur la baie Chouinard, pas loin de Jonquière, possédait tous les attributs nécessaires.

Aujourd’hui, l’artiste peut s’étendre dans deux ateliers si tel est son désir. Ses oeuvres se déploient à leur pleine grandeur, ce qui lui permet de tester les agencements de formes et de couleurs avant d’amorcer le montage. Il a aussi la capacité d’engranger des plaques de verre de toutes épaisseurs, textures et nuances de couleurs. L’équivalent, pour lui, d’une immense boîte de crayons Prismacolor. « Ma seule crainte en venant ici était que les clients ne suivent pas, mais c’est le contraire qui est arrivé. Ils trouvent ça exotique », lance Harold Bouchard d’un ton amusé.

Le plus récent vitrail complété par Harold Bouchard laisse filtrer la ligne d’horizon telle qu’elle se décline à partir de la baie Chouinard, à Lac-Kénogami.
L'espace de beauté de Monique Lespérance

Arts

L'espace de beauté de Monique Lespérance

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Monique Lespérance n’a pas besoin de partir en excursion pour créer des tableaux. Nichée dans sa résidence de la baie Gagné, à Lac-Kénogami, elle n’a qu’à jeter un oeil à sa fenêtre. Peu importe la saison, le décor lui offre suffisamment de matière pour éveiller son goût du beau, tout en stimulant son imagination.

Prenez ses toiles récentes, celles qui, dans un monde moins perturbé, auraient été exposées dans différents symposiums au cours de l’été. Plusieurs laissent voir des scènes d’hiver dans lesquelles on a le goût de se laisser envelopper. Certaines sont éclairées par une lune discrète, tandis qu’un immense conifère, chargé de neige cotonneuse, semble monter la garde.

Ailleurs, ce ne sont pas des maisons qui attirent le regard, mais de modestes cabanes, rappel d’une activité appréciée depuis longtemps sur le lac Kénogami : la pêche à l’éperlan. « Il m’arrive d’ajouter des éléments fictifs », note l’artiste en montrant des constructions qu’on serait bien en peine de trouver en se pointant dans la baie Gagné.

Originaire de Chicoutimi, Monique Lespérance s’est mise à peindre à la retraite, après son arrivée à Lac-Kénogami. Son premier professeur, Mado Poirier, lui a montré les techniques de base et très tôt, l’huile est devenue son médium de prédilection avec l’acrylique. « J’aime la transparence, les fondus, le fait que les couleurs se marient bien », souligne-t-elle.

La vie communautaire l’a également happée et le choc fut tout, sauf brutal. Présidente de l’Afeas et membre de la coopérative qui opère le dépanneur, elle fait également partie du comité organisateur du marché de Noël, un événement tenu à l’Édifice administratif. Il lui arrive également d’assister aux concerts de la chapelle Saint-Cyriac.

« Le son est excellent et on a la chance de voir de très belles performances à cinq minutes de chez nous, sans le gros trafic. En plus, ces rassemblements ont quelque chose de familial. On se connaît. On partage des choses. Ça prend des événements de ce genre pour rapprocher les gens », énonce la mélomane.

Si elle apprécie l’hiver pour la sérénité qu’il lui inspire, si elle adore les bordées de neige, c’est l’été que se manifeste l’autre dimension de sa personnalité : son côté sportif. « J’ai toujours été attirée par l’eau et c’est la natation qui m’a amenée ici, confie Monique Lespérance. Nager dans le lac en soirée, sentir ce calme, c’est tellement agréable. »

Pierre Beaudoin s'est approché de la nature 

Arts

Pierre Beaudoin s'est approché de la nature 

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Amateur de kayak de mer et de camping sauvage, Pierre Beaudoin a trouvé le terrain de jeu idéal à Lac-Kénogami, où il réside depuis 1999. « Je rêvais d’une place qui me permettrait de faire tout ça. Au début, je n’avais pas l’électricité. Puis, j’ai vendu ma maison de Chicoutimi-Nord pour m’installer ici », raconte cet homme, qui, depuis les années 1970, s’adonne au travail du cuir.

Son atelier aussi a été relocalisé près du plan d’eau, en 2011. Il a pour nom Studio Instinct et lui donne l’occasion de pratiquer le métier d’artisan dans une ambiance différente. « Souvent, je travaille dehors. C’est plus agréable », raconte-t-il, avant de préciser que ça ne change pas la nature de ses créations, dont une bonne partie sont des sacs et des accessoires.

L’impact réside en lui, essen- tiellement. Sensible à la protection de l’environnement, celui qui, pendant 23 ans, a exercé la fonction de designer au sein de l’entreprise Chlorophylle, fait sa part afin de préserver la qualité de l’eau. « Je suis membre de l’Association de protection du lac Kénogami et chaque année, j’effectue des relevés de transparence, note Pierre Beaudoin. Trois fois par saison, je réalise aussi des prélèvements. »

Quand on lui demande comment se porte le plan d’eau, justement, il répond que trop d’embarcations le fréquentent et que les contrôles pourraient être plus serrés. Néanmoins, le lac demeure une grande source de bonheur pour l’artisan, qui affectionne particulièrement les secteurs ayant échappé au développement. « Il y a beaucoup de coins sauvages », se réjouit Pierre Beaudoin.