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Six lieux magiques de création au Québec
Arts
Six lieux magiques de création au Québec
On pourrait se demander ce qu’il y a dans l’eau de Deschambault, Sutton ou Lac-Kénogami tellement le bouillonnement créatif de ces villages rejaillit avec vigueur dans les ateliers, centres culturels et lieux d’exposition. Vos six quotidiens coopératifs ont voulu partager avec vous ces endroits où émerveillement et joie de vivre se côtoient afin que vous puissiez aller les découvrir à votre tour. Bonne lecture.
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Deschambault, contrée d'art vivace

Expositions

Deschambault, contrée d'art vivace

Entre le fleuve scintillant et les champs d’herbes folles de Portneuf, les bâtiments de pierre grise de Deschambault offrent un havre de paix aux mélomanes, aux amateurs d’arts visuels et aux férus d’histoire. Ici, on trouve des œuvres d’art même chez l’antiquaire.

Comme chaque année intercalaire de la Biennale du lin, le Moulin de La Chevrotière et le Vieux Presbytère accueillent tout l’été une exposition d’art actuel auprès de ses expositions permanentes qui expliquent l’histoire du village et des ouvriers qui l’ont construit. On présente depuis la fin juin Volonté de fer, le troisième volet d’une série autour des matériaux fondateurs (bois, pierre et métal) orchestrée par la commissaire Carole Baillargeon.

Sutton, bien plus qu'un village de montagne

Villages culturels

Sutton, bien plus qu'un village de montagne

Sutton est d’abord un village de montagne qu’on apprécie pour ses paysages de cartes postales. Et parce que la beauté attire la beauté, d’innombrables artistes y font leur nid depuis des décennies. Résultat : une effervescence culturelle unique et une atmosphère de vacances à l’année!

Richard Leclerc a adopté ce coin de pays depuis longtemps, mais il s’y est établi à temps plein il y a 18 ans. Engagé dans mille projets, au fait de tout, le publicitaire est fervent de culture et fou de sa municipalité d’adoption, où il s’est fait de nombreux amis. La Voix de l’Est est allée à sa rencontre pour tenter de percer le mystère de la belle campagnarde.

Chelsea, la destination « confort » [PHOTOS]

Le Mag

Chelsea, la destination « confort » [PHOTOS]

Comme une brise matinale au cœur de l’été, on dit souvent de Chelsea qu’il redonne l’énergie qu’il faut pour nous aider à pallier aux stress de la vie moderne.

Porte d’entrée du parc de la Gatineau, le village de Chelsea est devenu au fil des dernières années la destination « confort » en l’Outaouais.

Saint-Élie-de-Caxton, un village créatif et dynamique

Arts et spectacles

Saint-Élie-de-Caxton, un village créatif et dynamique

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Le mythique village de Saint-Élie-de-Caxton... Le conteur Fred Pellerin l’a peut-être mis sur la carte au cours des années 2000, mais cela n’aura pas empêché les gens de la place de créer à travers les années un village à leur image, à la fois dynamique et totalement créatif.

Loin d’être ordinaire, le village de moins de 2000 habitants est la preuve bien vivante qu’il est possible pour une petite municipalité de devenir un bouillonnant repère de créativité et de dynamisme lorsque tous mettent la main à la pâte pour y parvenir.

Les arts cartonnent à Potton [PHOTOS] 

Villages créatifs

Les arts cartonnent à Potton [PHOTOS] 

 Quand une petite municipalité comme le canton de Potton insère les coordonnées des ateliers d’artistes non seulement dans le dépliant touristique, mais carrément sur son site internet, on peut déduire que l’apport des créateurs à la vie communautaire et socioéconomique est considéré comme important. Si on ajoute (quand il n’y a pas de pandémie) le Tour des arts, des concerts extérieurs tous les dimanches d’été et des Journées de la culture étoffées, on comprendra que la vie pottonaise est bien garnie dans ce créneau.

« Nous habitons une région assez riche culturellement », résume Almut Ellinghaus, qui, avec son conjoint Stanley Lake, tient un atelier de poterie sur le chemin Ruiter Brook. Outre la poterie traditionnelle façonnée par Stanley, ils réalisent des sculptures de jardins, Almut se spécialisant dans les masques, un héritage de ses années professionnelles au théâtre. En plus d’être engagés dans les activités culturelles pottonaises, tous deux sont musiciens. Le trio jazz Almut Ellinghaus s’est même produit devant Bill et Hillary Clinton lors de leur passage en 2017.

« Pourquoi y a-t-il tant d’artistes ici? Je ne connais pas la réponse, mais les paysages sont d’une grande beauté, la nature est partout, il y a beaucoup de silence en hiver, constate Almut Ellinghaus. Et beaucoup d’Européens vivent ici, ce qui suscite un mélange culturel. »

Son conjoint Stanley Lake est concepteur et membre fondateur du Tour des arts, dont la 32e édition aurait dû battre son plein cette semaine. Ce très populaire circuit d’ateliers d’artistes regroupe des créateurs de Potton, mais aussi d’autres municipalités voisines. Malgré l’annulation, 18 des artistes sur les 38 participants ont gardé leurs portes ouvertes et acceptent les visiteurs sur rendez-vous. C’est d’ailleurs le cas de presque tous ceux et celles apparaissant dans le dépliant touristique de Potton. On recommande simplement de porter son masque pour entrer dans les ateliers.

« Les élus savent que beaucoup de gens cherchent et valorisent ce contact spécifique direct avec les artistes. Ça apporte une autre richesse, en plus de l’agrotourisme », ajoute Almut Ellinghaus à propos de la visibilité donnée par la municipalité. Elle met quand même un bémol sur le risque de trop s’appuyer sur les artistes sans les soutenir suffisamment.

« On attend souvent beaucoup des artistes, mais les heures qu’ils passent à organiser de telles choses, c’est du temps en moins pour leur création. Il y a une limite à ce qu’ils peuvent donner. Nous sommes justement en train de discuter avec la Ville pour trouver des façons de mettre les artistes de Potton encore plus en valeur dans le cœur villageois. Mais nous sommes aussi très reconnaissants de ce que la Ville fait déjà. »

Le musée du village

Villages créatifs

Le musée du village

S’il y a une chose qu’on ne s’attendrait pas à trouver dans une petite localité comme Mansonville, c’est bien un musée d’art. Pourtant, en 2018, Patrick Cady y a ouvert son Musée d’art contemporain singulier (MACS) dans l’ancienne église Unie de Mansonville, qu’il a achetée et rénovée pour y installer 440 pièces de sa collection personnelle.

Précisons que Patrick Cady n’était pas un résident de l’endroit. « Mais mon projet a été très bien accueilli par la communauté. Les gens de Mansonville étaient très heureux que quelqu’un restaure l’église. Et tous ont conscience qu’un tel musée est un plus pour la municipalité », résume le Montréalais.

Le MACS regroupe les œuvres de 28 artistes différents, dont certaines réalisées par Patrick Cady lui-même et par sa compagne. La collection comporte une majorité de peintures, mais aussi des dessins, des sculptures, des gravures, des tapisseries et même des automates.

Français ayant émigré au Québec en 1994, psychanalyste de métier, Patrick Cady a vécu un véritable élan pour l’art le jour où il s’est lui-même risqué à la création.

« Avant, je n’étais qu’un simple amateur d’expositions. C’est lorsque j’ai fait l’expérience de la sculpture que m’est venue une réelle passion pour le travail d’autres artistes. Ça a réveillé quelque chose en moi. Je n’ai jamais pensé devenir collectionneur : je me suis simplement aperçu que j’avais besoin d’acheter une œuvre pour la regarder longtemps, pour vivre avec elle. J’ai aussi communiqué cette passion à ma compagne. »

Patrick Cady a finalement loué un entrepôt pour garder toutes ses acquisitions. « Mais je trouvais ça très triste, alors que mon désir était de faire connaître ces artistes. De là est venue l’idée d’un musée, un rêve que j’ai d’abord cru inaccessible financièrement. Effectivement, à Montréal, ç’aurait été impossible. Jusqu’au jour où nous sommes tombés sur cette église à vendre, au cours d’une balade. »

Crucifixions inaperçues

Malgré tous les travaux de restauration auxquels il a fallu procéder pendant un an, notamment refaire le clocher et la toiture, le collectionneur estime que de choisir ce bâtiment était judicieux.

« D’abord pour son volume immense, mais aussi parce que plusieurs des artistes de l’exposition ont une vie intérieure extrêmement intense, voire tourmentée, et chez certains reviennent des thèmes religieux, parfois sans qu’ils en aient conscience. Par exemple, j’ai dû faire remarquer au dessinateur Sylvain Martel qu’il avait représenté dans ses œuvres des dizaines de crucifiés. »

Patrick Cady a choisi l’adjectif « singulier » pour son musée parce que les artistes qui y sont exposés n’appartiennent à aucune école ni aucun courant de l’art contemporain. « Ils suivent leur propre route et ont tous une signature très forte. C’est ce qui m’attire. Si un peintre me fait penser à d’autres, ça ne m’intéresse pas du tout. »

Normalement ouvert du vendredi au dimanche, le Musée d’art contemporain singulier (museedartcontemporainsingulier.ca) fonctionne sur rendez-vous pendant la pandémie, surtout pour éviter une trop grande affluence qui compromettrait les mesures de distanciation physique.

Grange grande ouverte

Villages créatifs

Grange grande ouverte

 Si la plupart des événements estivaux ont été suspendus dans le canton de Potton à cause de la pandémie, il y en a un qui a tenu bon : la réouverture officielle, ce samedi 18 juillet, de la Grange ronde de Mansonville, après d’importants travaux de rénovation.

« Il ne reste que six granges rondes en Estrie, mais à partir de maintenant, celle de Mansonville sera la seule à être accessible au public », souligne Édith Smeesters, présidente du comité qui, depuis 2013, a lancé de multiples campagnes de financement pour sauver le bâtiment. Grâce à une subvention de 386 500 $ de Patrimoine canadien et à une somme équivalente récoltée par le comité, l’édifice a de nouvelles fondations et une structure redressée et renforcée. Il reste encore 400 000 $ à aller chercher pour refaire la toiture et installer des toilettes, entre autres, mais le bâtiment datant de 1912 peut quand même accueillir ses premiers visiteurs.

La première mission conférée à la Grange sera patrimoniale (on inaugurera d’ailleurs deux expositions samedi, sur la fabrication du beurre et sur le tourisme régional), mais la porte n’est pas fermée à d’autres vocations, notamment un Marché de Noël ou un espace d’exposition pour les artistes de Potton.

« Tout reste encore à discuter, mais ce serait intéressant que nos artistes y aient une certaine visibilité. J’ai déjà reçu des offres de certains d’entre eux, qui cherchent des salles pouvant accueillir de grandes toiles », rapporte Édith Smeesters. 

La municipalité reprendra la gestion de la Grange ronde le 1er septembre. La Grange sera ouverte au public tous les samedis jusqu’à l’Action de grâce.

Lac-Kénogami: la culture comme trait d'union 

Arts

Lac-Kénogami: la culture comme trait d'union 

Si Lac-Kénogami était un poème, il y aurait beaucoup d’espace entre les lignes. Vivant autour d’un plan d’eau qui s’étire de Laterrière au Saguenay jusqu’au Lac-Saint-Jean, ses 3000 habitants sont plus prompts à nommer la baie où ils résident que leur adresse civique. Chacune d’elles représente une microsociété, le premier point d’ancrage, mais depuis dix ans, on note l’émergence d’un autre pôle identitaire : la chapelle Saint-Cyriac.

Les concerts classiques qu’on y présente affichent complet. On y accueille des artistes de renom, souvent originaires de la région. Tous vantent l’acoustique du bâtiment de bois érigé en 1903, l’un des rares ayant survécu au rehaussement des eaux du lac. Ce drame survenu en 1924 avait entraîné une expropriation massive au profit de la grande industrie. Le niveau avait monté de neuf mètres. Jadis enterrés, des morts ont été immergés pour l’éternité.

Le passé interpelle Harold Bouchard

Arts

Le passé interpelle Harold Bouchard

Comme ils se nourrissent de lumière, les vitraux conçus par Harold Bouchard ramènent à la notion de verticalité. Or, une expérience vécue ce printemps, pendant une sortie en fatbike, a produit l’effet inverse. C’est vers le sol que son regard s’est tourné. Profitant du fait que le niveau du lac Kénogami était bas, l’artisan a découvert les vestiges de constructions abandonnées après le rehaussement des eaux décrété par le gouvernement du Québec, en 1924.

Ce n’est pas d’hier que cet amateur de plein air sillonne le territoire où il vit depuis 22 ans. Il lui est arrivé de marcher sur l’ancien chemin Kénogami, dont la trace est de moins en moins visible, et de ramener chez lui quelques artefacts. La différence est qu’avec son fatbike, les surfaces boueuses ne posent plus problème. Mettant à profit sa connaissance du terrain, il a pu se rendre plus loin afin de capter des images à la fois sobres et émouvantes à l’aide de son téléphone cellulaire.

L'espace de beauté de Monique Lespérance

Arts

L'espace de beauté de Monique Lespérance

Monique Lespérance n’a pas besoin de partir en excursion pour créer des tableaux. Nichée dans sa résidence de la baie Gagné, à Lac-Kénogami, elle n’a qu’à jeter un oeil à sa fenêtre. Peu importe la saison, le décor lui offre suffisamment de matière pour éveiller son goût du beau, tout en stimulant son imagination.

Prenez ses toiles récentes, celles qui, dans un monde moins perturbé, auraient été exposées dans différents symposiums au cours de l’été. Plusieurs laissent voir des scènes d’hiver dans lesquelles on a le goût de se laisser envelopper. Certaines sont éclairées par une lune discrète, tandis qu’un immense conifère, chargé de neige cotonneuse, semble monter la garde.

Pierre Beaudoin s'est approché de la nature 

Arts

Pierre Beaudoin s'est approché de la nature 

Amateur de kayak de mer et de camping sauvage, Pierre Beaudoin a trouvé le terrain de jeu idéal à Lac-Kénogami, où il réside depuis 1999. « Je rêvais d’une place qui me permettrait de faire tout ça. Au début, je n’avais pas l’électricité. Puis, j’ai vendu ma maison de Chicoutimi-Nord pour m’installer ici », raconte cet homme, qui, depuis les années 1970, s’adonne au travail du cuir.

Son atelier aussi a été relocalisé près du plan d’eau, en 2011. Il a pour nom Studio Instinct et lui donne l’occasion de pratiquer le métier d’artisan dans une ambiance différente. « Souvent, je travaille dehors. C’est plus agréable », raconte-t-il, avant de préciser que ça ne change pas la nature de ses créations, dont une bonne partie sont des sacs et des accessoires.