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Les Hells Angels plus discrets, mais toujours bien présents
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Le célèbre bunker des Hells Angels de Trois-Rivières, qui était situé sur le boulevard Saint-Jean, a été démoli en 2015.
Le célèbre bunker des Hells Angels de Trois-Rivières, qui était situé sur le boulevard Saint-Jean, a été démoli en 2015.

Trois-Rivières: toujours présents mais très discrets

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Si, à une certaine époque dans les années 90, les Hells Angels faisaient la pluie et le beau temps à Trois-Rivières et affichaient leurs couleurs sans vergogne sur la place publique, la loi antigang décrétée en 2000 et les nombreuses rafles policières les ont rendus beaucoup plus discrets à défaut de les faire disparaître.

En 2020, le chapitre de Trois-Rivières est toujours présent et continue d’avoir la mainmise sur plusieurs activités criminelles, incluant le trafic de stupéfiants évidemment. Selon les informations obtenues par Le Nouvelliste auprès des différents corps policiers, les 18 membres en règle des Hells Angels à Trois-Rivières ont par contre modifié leurs pratiques. Si, auparavant, ils mettaient directement la main à la pâte dans le trafic de substances illicites, ils ont davantage relégué ces activités à des intermédiaires, préférant s’occuper de la gestion et de l’approvisionnement en drogue.

En ce sens, les membres en règle ont en effet mis en place une structure semblable à celle de la mafia italienne, pour s’éloigner du crime et se protéger des forces policières. Ce sont les clubs supporteurs qui sont maintenant responsables de faire le travail criminel sur le terrain. Chez nous, parmi les clubs identifiés comme étant à leur solde, on retrouvait notamment les Deimos Crew.

Puisqu’ils servent en quelque sorte de pare-feu, permettant aux membres en règle d’être plus difficiles à atteindre, la seule façon d’ébranler l’organisation criminelle est d’arrêter ces clubs supporteurs, croient les policiers.

En 2017, l’Escouade régionale mixte de la Mauricie avait d’ailleurs réalisé une frappe policière majeure en procédant au démantèlement des Deimos Crew. À ce moment, l’organisation criminelle avait le contrôle exclusif de la vente de stupéfiants et plus précisément de la cocaïne, des méthamphétamines et du cannabis à Trois-Rivières, Shawinigan, Louiseville, Maskinongé et Portneuf.

Plus d’une trentaine d’individus avaient été arrêtés dont la présumée tête dirigeante, le Hells Paul Magnan. Mais, en bout de ligne, ce dernier et une dizaine d’autres présumés complices avaient été libérés des accusations portées contre eux dont celle de gangstérisme. Les autres, dont ceux ayant joué des rôles importants au sein de l’organisation, avaient réglé leur dossier et ensuite condamnés à des peines de prison.

Récemment, lors de la réouverture des bars cet été, certains motards auraient été vus dans des établissements de la région mais sans pour autant que cela vire au vinaigre. Si on exclut leurs activités criminelles au profit du chapitre, ils cherchent à montrer patte blanche. La seule exception recensée dans la région en lien avec du brasse-camarade a eu lieu bien avant la pandémie.

Le Hells Clermont Carrier et Steven Collard, considéré comme un prospect, avaient été arrêtés en 2018 à la suite d’une bagarre survenue au bar Le Relais des boys à Shawinigan. Une accusation de voies de fait causant des lésions avait été portée initialement contre Clermont Carrier mais elle avait été réduite à voie de fait simple au terme d’une enquête préliminaire. En bout de ligne, Carrier avait été acquitté, la Couronne disant ne pas avoir de preuve à offrir.

Par contre, la cause n’est pas réglée dans le cas de Steven Collard. Il devrait revenir devant le tribunal le 25 janvier au palais de justice de Shawinigan.

De même, l’époque où les Hells tenaient des mégas partys à leur bunker du boulevard Saint-Jean, entre autres pour souligner l’anniversaire d’intronisation du chapitre trifluvien, est bel et bien révolue.

Dans le cadre de l’opération SharQc en 2009, le bunker a d’ailleurs fait l’objet d’une ordonnance de blocage par le gouvernement à titre de bien infractionnel. Du coup, les propriétaires du bunker ont arrêté de payer leurs taxes municipales à la Ville de Trois-Rivières. Il faudra attendre en 2015, alors que le montant des taxes municipales impayées atteignait pas moins de 63 000 $ pour qu’un juge autorise la levée de l’ordonnance de blocage lors du plaidoyer de culpabilité de plusieurs Hells Angels de Trois-Rivières.

En juin 2015, le bunker a finalement été démoli. Et novembre 2016, la Ville a réussi à vendre le terrain au prix de 200 000 $ au propriétaire des restaurants Cambodiana. Le nouvel acheteur a certes déposé une maquette de son projet afin d’y construire un édifice à bureaux, mais depuis, rien n’a été fait.