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Les Hells Angels plus discrets, mais toujours bien présents
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Le bunker qui appartenait au chapitre de Sherbrooke des Hells Angels est inoccupé depuis l’opération SharQc d’avril 2009.
Le bunker qui appartenait au chapitre de Sherbrooke des Hells Angels est inoccupé depuis l’opération SharQc d’avril 2009.

Pas de développement à court terme pour le bunker de Sherbrooke

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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Sherbrooke — Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a payé les taxes dues à la Ville de Sherbrooke et n’anticipe pas de développement à court terme pour statuer sur l’avenir du bunker des Hells Angels du chapitre de Sherbrooke.

Malgré un incendie qui a été rapidement maitrisé au cours des derniers jours au dernier repaire encore debout au Québec, le DPCP a mentionné « qu’il était toujours en phase d’évaluation des options pour disposer du dossier ».

Le repaire du 1575 de la rue Wellington Sud n’est plus entre les mains de l’organisation depuis l’opération SharQc en 2009 et est officiellement confisqué depuis avril dernier.

Le service de gestion des biens du DPCP assure la supervision de l’immeuble, mais n’a pris aucune décision quant à son avenir.

La Ville de Sherbrooke y possédait une hypothèque légale étant donné les taxes municipales impayées depuis la saisie lors de l’opération SharQc en avril 2009, mais le DPCP les a payées au cours des derniers mois. La Tribune a obtenu la confirmation qu’un montant de 58 853 $ a été versé à la Ville de Sherbrooke.

« Le paiement a été fait en deux versements en juin et en octobre 2020. D’une façon générale, ce paiement est fait lors de la transaction de l’immeuble confisqué, mais dans le cas du bunker de Sherbrooke, en raison des délais encourus et ceux qui sont anticipés, il a plutôt été décidé que le paiement des taxes municipales serait effectué avant qu’une transaction soit conclue. Cette décision est motivée par notre engagement de protéger les droits de la municipalité en leur donnant accès à cette somme plus rapidement et par notre souci d’une saine administration en faisant ainsi cesser les intérêts perçus sur ces arrérages », a expliqué à La Tribune la porte-parole du DPCP, Me Audrey Roy-Cloutier.

Observé de la rue Wellington Sud, le bâtiment aux toits rouges n’a plus son allure d’antan. Des arbres sont d’ailleurs affaissés sur les clôtures qui le ceinturent depuis plusieurs années. Des vitres ont été fracassées lors de l’incendie du 13 décembre dernier.

En refusant d’entendre l’appel des propriétaires, soit les membres en règle des Hells Angels de Sherbrooke Guy Auclair, Georges Beaulieu et Richard Rousseau, la Cour suprême du Canada a scellé le sort de la propriété qui a été remis au procureur général du Québec en avril dernier.

Le repaire de Sherbrooke a été le théâtre en mars 1985 de la tuerie de Lennoxville où cinq membres du chapitre « North » de Laval ont été assassinés.

En novembre dernier, la Ville de Sherbrooke a statué que le terrain boisé derrière l’ancien repaire des Hells Angels devenait une zone protégée pour éviter qu’un promoteur y dépose un projet de construction.

La zone ainsi protégée atteint 113 548 mètres carrés, soit l’équivalent de deux fois la superficie du vaste parc Victoria à Sherbrooke.

Ailleurs

Ailleurs au Québec, les bunkers ont été détruits ou incendiés puis les terrains, faisant l’objet d’ordonnances de blocages depuis, ont été remis aux autorités municipales ou vendus.

Une fois les frais déduits, les profits générés sont partagés notamment entre le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels et des organismes communautaires qui oeuvrent dans la prévention de la criminalité conformément à un décret gouvernemental instauré en 1999.

À Sorel, le bâtiment avait été incendié en 2008 lorsqu’un camion-citerne contenant plusieurs bidons remplis d’essence a foncé dans le local. Des logements supervisés pour des personnes vivant avec une déficience intellectuelle pourraient être construits d’ici 2021.

À Trois-Rivières, l’ancien bunker des Hells Angels avait été remis à la Ville en 2015, qui a pu démolir le bâtiment. Un promoteur voulant y bâtir un immeuble de bureaux l’a acquis.

Des citoyens ont manifesté contre la présence du bunker après l’explosion d’une bombe devant le bâtiment dans le secteur Saint-Nicolas à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec. Il a été saisi et détruit en 2003. En 2015, le terrain a été cédé à l’Office municipal d’habitation de Lévis qui a construit sur ce terrain des logements abordables.

Toujours à Lévis, le repaire de Charny a été officiellement confisqué par la cour en mai 2015 et la démolition des immeubles a été ordonnée.

À Saint-Basile-le-Grand, le local du chapitre South des Hells Angels a été détruit le 30 janvier 2006. Deux résidences privées ont été construites sur les terrains vacants confisqués en 2004.

— Avec Le Soleil et Le Nouvelliste