Contenu commandité
Les Hells Angels plus discrets, mais toujours bien présents
Les Hells Angels plus discrets, mais toujours bien présents
Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le bunker du 1575 de la rue Wellington Sud à Sherbrooke n’a jamais été remplacé.
Le bunker du 1575 de la rue Wellington Sud à Sherbrooke n’a jamais été remplacé.

Le chapitre de Sherbrooke de retour sur le terrain

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Sherbrooke — Qu’ils s’appellent les Devils Ghosts ou plus récemment les Gitans à Sherbrooke, les Red Devils ou les G-Town dans le secteur de Granby, l’Escouade régionale mixte (ERM) continue de suivre à la trace les clubs-écoles affiliés et le chapitre de Sherbrooke des Hells Angels qui est de retour sur le terrain.

En « pénitence » parce que le délateur qui a permis d’étayer la preuve de l’opération SharQc Sylvain Boulanger provenait de ce chapitre, les Hells Angels de Sherbrooke ont retrouvé leurs couleurs en mars 2020.

Six membres en règle, le minimum pour qu’un chapitre soit actif selon les statuts des Hells Angels, ont présentement leurs couleurs dans la région de l’Estrie. Une source avance même que huit membres seraient actifs pour le compte du chapitre de Sherbrooke en plus d’un « hang aroud ».

Un nouveau membre, arrêté lors de l’opération Ponce réalisée par l’ERM en 2019, mais qui n’a jamais été accusé, a obtenu ses couleurs l’été dernier.

Selon nos sources, Miguel Bouchard se serait joint à Michel Grenier, Christian Ménard, Guy Rodrigue et Michel Vallières ainsi qu’à un membre de Montréal qui porterait maintenant les couleurs du chapitre de Sherbrooke.

Le nom des Gitans de Sherbrooke a aussi refait surface publiquement au cours des derniers mois comme club-école. Selon nos sources sur le terrain, des vestes avec ce nom auraient été aperçues publiquement à au moins une reprise. Rappelons que le chapitre de Sherbrooke des Hells Angels a été fondé à partir d’un groupe qui s’appelait les Gitans, le 5 décembre 1984.

Certains anciens membres du chapitre de Sherbrooke comme les frères Sylvain et François Vachon ou Vincent Boulanger portent des couleurs de chapitres en Ontario ou à Montréal.

Les membres fondateurs du club de Sherbrooke se sont retirés en bons termes avec l’organisation ; certains à la suite de leur libération en raison de l’arrêt Jordan en 2015 ou après avoir purgé leur peine de détention à la suite de l’opération SharQc d’avril 2009. Deux d’entre sont encore actifs.

Outre un local de la route 222 à Saint-Denis-de-Brompton qui aurait servi de lieu de rencontre aux Devils Ghosts autour de 2015, le bunker du 1575 de la rue Wellington Sud à Sherbrooke n’a jamais été remplacé.

Si l’opération SharQc d’avril 2009 avait permis d’arrêter tous les Hells Angels du Québec dont la trentaine de Sherbrooke, celles qui ont suivi sont maintenant plus ciblées.

Les Hells Angels gardent la main mise sur le trafic de cocaïne partout en Estrie. Ils contrôlent aussi une large part du trafic de la méthamphétamine. C’est l’une des raisons qui expliqueraient pourquoi les gangs de rue ne seraient pas capables de s’établir en région.

Une redevance est versée aux membres en règle responsables d’un territoire donné pour chaque kilo de cocaïne écoulé.

C’est d’ailleurs les discordes sur le versement de cette « cote » qui ont permis d’étayer la preuve menant à la frappe majeure faite en 2013 dans le cadre de l’opération Kayak. Ce sont des échanges avec un agent civil d’infiltration (ACI) qui ont entre autres permis de faire condamner le membre en règle Vincent Boulanger.

L’ACI avait introduit sur le marché de Sherbrooke une quantité importante de cocaïne. La vente d’un kilo de cocaïne à 53 000 $ en plus du versement de la rétribution de 2500 $ pour le compte des Hells Angels avait été montrée au Tribunal.

Selon nos sources sur le terrain, cette façon de faire serait encore en vigueur, mais se serait raffinée pour éviter ce type d’erreur.

La visibilité des Hells Angels est d’ailleurs moins importante. La sortie du membre en règle Christian Ménard, vice-président du Pro-Gym de Montréal, lors de la fermeture des gyms d’entraînement en octobre dernier, n’aurait d’ailleurs pas été appréciée par ses « frères ».

Certains témoignages des dernières opérations policières menées par l’ERM au cours de la dernière décennie ont par ailleurs démontré que les Hells Angels utilisaient des systèmes de communication BlackBerry munis d’un logiciel PGP (pour pretty good privacy), pour crypter leurs communications.

Selon nos sources, la violence apparente de la guerre des motards révélée par l’opération SharQc a diminué au cours des dernières années, tout comme leur exposition publique attirant l’attention sur eux.

Pour lutter contre le crime organisé, la Sûreté a mis en place deux escouades nationales de répression du crime organisé (ENRCO), à Montréal et à Québec. Les ENRCO ont comme uniques cibles les têtes dirigeantes du crime organisé et sont supportées par six escouades régionales mixtes (ERM) réparties à travers la province, dont une en Estrie. L’ERM en Estrie est composée de membres de la Sûreté du Québec, du Service de police de Sherbrooke et du Service de police de Granby.