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Ça va les journalistes?
Ça va les journalistes?
L’ancien journaliste Dr Maxime Delisle complète sa spécialité en gastro-entérologie au CHUS.
L’ancien journaliste Dr Maxime Delisle complète sa spécialité en gastro-entérologie au CHUS.

Du journalisme télé à la médecine

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
« C’est un sale temps pour être journaliste. »

Pour l’ancien journaliste estrien qui complète sa formation comme médecin spécialiste en gastro-entérologie à l’Université de Sherbrooke, Maxime Delisle, le contexte économique difficile des médias et les critiques virulentes sur les médias sociaux sont deux facteurs qui complexifient le métier qu’il a pratiqué il y a plus d’une décennie.

« Le contexte économique ne semblait pas facile avant la COVID. Je m’imagine ce que ça doit être aujourd’hui. Les équipes dans les médias sont de plus en plus petites et la tâche de plus en plus lourde », analyse Maxime Delisle.

L’avènement des médias sociaux et les critiques virulentes non par sur des opinions, mais sur des faits viennent, selon lui, complexifier davantage le travail de ses anciens collègues.  

« Je trouve triste cette perte de confiance. Un journaliste rapporte des faits vérifiés pour informer le public. Ils vont chercher de l’information auprès de sources crédibles, la vérifient et la rapportent à visage découvert. C’est un gage de la qualité de l’information diffusée. Tout le contraire des fake news sur les médias sociaux où l’on ne sait pas qui en est l’auteur ou qui sont les sources », signale Maxime Delisle.

Il croit que le métier de journaliste n’a jamais été aussi essentiel en cette période où les fausses nouvelles sont omniprésentes sur les réseaux sociaux.

Ce dernier soutient qu’il continue à lire des journaux tous les jours et à s’informer à la radio parlée.

« Même si les journalistes n’ont pas d’ordre professionnel, ils font un travail rigoureux et sont soumis à des normes et pratiques journalistiques. Il y a du journalisme de qualité qui se pratique au Québec », soutient Maxime Delisle.

Il déplore le climat de suspicion alimenté par certains citoyens ou certains groupes relativement au travail des journalistes. Il estime que comme citoyen, la société sort gagnante à pouvoir compter sur une presse forte, indépendante et à l’abri des pressions financières. 

« Du temps où j’étais journaliste, personne n’est venu me mettre de la pression pour passer tel ou tel message et c’est la même chose pour mes anciens collègues. Mes patrons ne sont jamais venus me dire non plus ce qu’il fallait dire ou ne pas dire », signale Maxime Delisle.

Il croit qu’autant en médecine qu’en journalisme, une tranche de la population gardera toutefois ses croyances, peu importe les preuves et arguments présentés.

« Il ne faut pas blâmer les gens qui ont une autre vision. C’est un défi de communication. Il faut travailler à informer les gens le mieux possible, mais il est parfois difficile de convaincre certaines personnes malgré les faits qui leur sont présentés. Autant en médecine qu’en journalisme, l’objectif est de faire le travail le mieux possible et d’être fier de ce que tu fais pour les autres », estime celui qui complètera ses derniers examens comme médecin spécialiste en octobre avant d’entreprendre une surspécialité à Calgary.

Du journalisme à la médecine

Si passer du journalisme à la médecine peut sembler extrême pour certains, il en est tout autrement pour celui qui a travaillé comme reporter télé à TQS-Estrie et Radio-Canada Estrie.

« Ce sont des métiers basés sur les relations interpersonnelles. Autant en journalisme qu’en médecine, ce sont deux humains qui se parlent. Le travail de communication se ressemble beaucoup. En médecine, les examens physiques viennent compléter l’entrevue qui est faite avec la personne. Le challenge intellectuel est vraiment intéressant. Il y a aussi le travail d’équipe dans les deux domaines », compare Maxime Delisle.

Ce dernier signale qu’il a toujours affirmé qu’il serait soit médecin soit journaliste. 

« La fermeture de la station régionale de TQS en 2008 m’a convaincu de faire ce changement de carrière. J’avais accompli ce que je souhaitais en journalisme et je voyais déjà la crise des médias qui se dessinait. J’ai fait ce changement de carrière alors que la vie me le permettait. Je n’avais pas encore d’engagement, de maison ou d’enfant, alors je suis retourné au cégep en sciences naturelles avant d’être admis en médecine », se remémore Maxime Delisle.