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Ça va les journalistes?
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Ça va les journalistes?
Crise de confiance envers les médias, intimidation, mélange des genres, industrie en pleine transformation de modèle : le journalisme vit de tempête en tempête. Petit bilan de santé avec quelques pistes de solution.
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Crise de confiance ou amplification d’une minorité?

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Crise de confiance ou amplification d’une minorité?

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Journalistes malmenés dans des manifestations, insultes sur les réseaux sociaux, menaces de mort... Rarement a-t-on vu la profession de journaliste être aussi prise à partie que depuis les derniers mois. Ces agissements témoignent-ils d’une réelle crise de confiance envers les médias et les journalistes? Les avis divergent.

Pour le professeur en journalisme de l’UQAM, Patrick White, non seulement la crise de confiance envers les médias est réelle, mais elle atteint une ampleur inégalée. «J’ai été journaliste parlementaire de 1990 à 2002 et jamais un citoyen ne m’a insulté durant une conférence de presse comme les journalistes parlementaires ont pu être insultés ce printemps, au plus fort de la crise de la COVID», cite en exemple M. White.

Pourquoi croire les médias?

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Pourquoi croire les médias?

Guillaume Mazoyer
Guillaume Mazoyer
Le Soleil
À l’heure des «faits alternatifs», difficile comme lecteur de savoir faire la part des choses sur Internet ou les réseaux sociaux. Ajoutez à cela une pandémie mondiale, et le chaos informationnel s’installe.

En ces temps troubles, la vérification des faits est primordiale. Avec sa chronique «vérification faite», qui analyse des affirmations comme «la preuve que la COVID-19 était planifiée» ou «le vaccin contre la COVID-19 peut changer notre ADN», le journaliste et blogueur-sciences du Soleil Jean-François Cliche enfile son manteau de vérificateur et vient apporter des éléments concrets de réponse aux questions des lecteurs. Entretien sur les dessous de sa méthode de travail et sa vision du journalisme.

Q Comment procédez-vous à la vérification d’une information?

R Je commence par remonter d’abord et avant tout à la source première pour voir si c’est bien ce qu’elle a dit, ou voulait dire, parce que ce n’est pas toujours le cas. J’essaie ensuite de trouver d’autres sources autour du sujet à analyser, deux à trois idéalement. Je divise aussi en plusieurs ­sous-questions qui permettent de valider ou non des parties de l’information initiale.

Si la source première a réellement dit ce qui est à vérifier, je cherche des sources externes, crédibles, indépendantes, pour valider ou non l’information. Je fais aussi des recherches de données qui peuvent mettre en contexte et aider à valider certains éléments de l’information.

Un exemple, j’ai vérifié dernièrement l’affirmation «la grippe affecte sept millions de Canadiens par année». La source première était la Dre Angel Chu, une spécialiste des maladies infectieuses de l’Université de Calgary, et elle l’avait effectivement dit.

À partir de là, j’ai fait une entrevue et j’ai essayé de trouver aussi d’autres points de données pour voir si le nombre de sept millions est cohérent avec les autres estimés. Selon ce que l’on comptait, si c’était juste les symptomatiques, sept millions c’était trop, mais en comptant les asymptomatiques, là, le nombre était cohérent. Ça permet d’avoir une vision plus réaliste de cette information.

Ce que j’aime le plus dans mon travail, c’est que dans la réalité, c’est rarement tout blanc ou tout noir. Il y a une part de vérité. Il faut départager le morceau qui est vrai et celui qui est faux, et comprendre pourquoi.

Du journalisme télé à la médecine

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Du journalisme télé à la médecine

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
« C’est un sale temps pour être journaliste. »

Pour l’ancien journaliste estrien qui complète sa formation comme médecin spécialiste en gastro-entérologie à l’Université de Sherbrooke, Maxime Delisle, le contexte économique difficile des médias et les critiques virulentes sur les médias sociaux sont deux facteurs qui complexifient le métier qu’il a pratiqué il y a plus d’une décennie.

« Le contexte économique ne semblait pas facile avant la COVID. Je m’imagine ce que ça doit être aujourd’hui. Les équipes dans les médias sont de plus en plus petites et la tâche de plus en plus lourde », analyse Maxime Delisle.

L’avènement des médias sociaux et les critiques virulentes non par sur des opinions, mais sur des faits viennent, selon lui, complexifier davantage le travail de ses anciens collègues.  

« Je trouve triste cette perte de confiance. Un journaliste rapporte des faits vérifiés pour informer le public. Ils vont chercher de l’information auprès de sources crédibles, la vérifient et la rapportent à visage découvert. C’est un gage de la qualité de l’information diffusée. Tout le contraire des fake news sur les médias sociaux où l’on ne sait pas qui en est l’auteur ou qui sont les sources », signale Maxime Delisle.

Il croit que le métier de journaliste n’a jamais été aussi essentiel en cette période où les fausses nouvelles sont omniprésentes sur les réseaux sociaux.

Ce dernier soutient qu’il continue à lire des journaux tous les jours et à s’informer à la radio parlée.

« Même si les journalistes n’ont pas d’ordre professionnel, ils font un travail rigoureux et sont soumis à des normes et pratiques journalistiques. Il y a du journalisme de qualité qui se pratique au Québec », soutient Maxime Delisle.

Il déplore le climat de suspicion alimenté par certains citoyens ou certains groupes relativement au travail des journalistes. Il estime que comme citoyen, la société sort gagnante à pouvoir compter sur une presse forte, indépendante et à l’abri des pressions financières. 

« Du temps où j’étais journaliste, personne n’est venu me mettre de la pression pour passer tel ou tel message et c’est la même chose pour mes anciens collègues. Mes patrons ne sont jamais venus me dire non plus ce qu’il fallait dire ou ne pas dire », signale Maxime Delisle.

Il croit qu’autant en médecine qu’en journalisme, une tranche de la population gardera toutefois ses croyances, peu importe les preuves et arguments présentés.

« Il ne faut pas blâmer les gens qui ont une autre vision. C’est un défi de communication. Il faut travailler à informer les gens le mieux possible, mais il est parfois difficile de convaincre certaines personnes malgré les faits qui leur sont présentés. Autant en médecine qu’en journalisme, l’objectif est de faire le travail le mieux possible et d’être fier de ce que tu fais pour les autres », estime celui qui complètera ses derniers examens comme médecin spécialiste en octobre avant d’entreprendre une surspécialité à Calgary.

Du journalisme à la médecine

Si passer du journalisme à la médecine peut sembler extrême pour certains, il en est tout autrement pour celui qui a travaillé comme reporter télé à TQS-Estrie et Radio-Canada Estrie.

« Ce sont des métiers basés sur les relations interpersonnelles. Autant en journalisme qu’en médecine, ce sont deux humains qui se parlent. Le travail de communication se ressemble beaucoup. En médecine, les examens physiques viennent compléter l’entrevue qui est faite avec la personne. Le challenge intellectuel est vraiment intéressant. Il y a aussi le travail d’équipe dans les deux domaines », compare Maxime Delisle.

Ce dernier signale qu’il a toujours affirmé qu’il serait soit médecin soit journaliste. 

« La fermeture de la station régionale de TQS en 2008 m’a convaincu de faire ce changement de carrière. J’avais accompli ce que je souhaitais en journalisme et je voyais déjà la crise des médias qui se dessinait. J’ai fait ce changement de carrière alors que la vie me le permettait. Je n’avais pas encore d’engagement, de maison ou d’enfant, alors je suis retourné au cégep en sciences naturelles avant d’être admis en médecine », se remémore Maxime Delisle.

Être journaliste, un métier pour les passionnés

Dossiers

Être journaliste, un métier pour les passionnés

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Saguenay — Des robots journalistes. La montée des blogueurs. La fin du professionnel de l’information. La crise financière des médias.

Malgré des manchettes catastrophes qui touchent le monde médiatique, les inscriptions dans les formations en journalisme demeurent stables. Mais ce nombre reste limité, si on compare aux autres métiers de la communication, dont relationniste. Sur quelques centaines d’étudiants inscrits au baccalauréat en communication publique de l’Université Laval, une trentaine finissent avec une concentration en journalisme.

La COVID-19 menacerait la santé mentale des journalistes

Ça va, les journalistes ?

La COVID-19 menacerait la santé mentale des journalistes

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Le quotidien des journalistes a changé de façon significative depuis l’arrivée de la COVID-19. Un expert veut prévenir des dangers que peut poser le virus sur la santé mentale des travailleurs de l’information.

Environ 70 % des journalistes sondés par le professeur en Psychiatrie de l’Université de Toronto et neuropsychiatre, le Dr Anthony Feinstein, ont affirmé souffrir de détresse psychologique. 

Ce dernier mène actuellement une étude, en collaboration avec la directrice du Programme de bourses pour les journalistes du Reuteurs Institute for the Study of Journalism Meera Selva, pour déterminer l’impact de la COVID-19 sur la santé mentale des journalistes à travers le monde. 

Ils ont posé une série de questions à 73 journalistes à propos de leur travail, de leur santé mentale et de leurs inquiétudes en juin 2020, lorsque tous les pays du monde étaient affectés, d’une façon ou d’une autre, par la COVID-19.

Cette étude s’appuie sur le travail réalisé par le Dr Feinstein sur la manière dont les journalistes sont affectés lorsqu’ils rendent compte d’événements extrêmes, comme les attentats terroristes du 11 septembre ou la guerre en Irak.

Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Marie-Ève Martel
Les pommes et les oranges

Vu d'même

Les pommes et les oranges

CHRONIQUE / Suis-je journaliste? Suis-je chroniqueuse? En fait, je porte les deux chapeaux. À la fois un privilège et une rareté dans mon domaine. De quoi contribuer au mélange des genres journalistiques qui lui, alimente une certaine confusion, voire une mécompréhension, du rôle des médias.

En semaine, vous avez l’occasion de lire les offrandes que je signe à titre de journaliste, c’est-à-dire la forme la plus noble de mon métier. Je vous informe en rapportant des faits et le point de vue de différents intervenants concernés ou connaisseurs de la situation dont il est question.

15 000 étudiants sensibilisés à la désinformation

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15 000 étudiants sensibilisés à la désinformation

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Depuis 2018, la formation #30secondes avant d’y croire a permis à plus de 15 000 étudiants d’apprendre à détecter les fausses nouvelles. Malgré la pandémie, les formations sont à nouveau offertes cette année, mais en format virtuel pour l’instant.

C’est la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), en collaboration avec l’Agence Science-Presse, qui a créé le programme d’éducation aux médias et de lutte contre la désinformation #30secondes avant d’y croire pour les élèves du 2e cycle du secondaire il y a maintenant près de trois ans.