Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin

Trump, cet antidote contre la COVID

Peut-être est-on chanceux qu’il y ait à ce moment-ci des élections américaines... divertissantes.

Les Québécois, comme le reste du Canada, et une grande partie du monde, suivent la campagne américaine comme ils ne l’ont jamais fait dans le passé avec, il faut le dire, un certain amusement même si pour beaucoup, on peut entretenir des inquiétudes sur l’issue du scrutin.

Il faut dire qu’avec un président sortant comme Donald Trump, on a plus que l’impression d’être dans le showbiz. Qu’on soit d’accord ou pas avec lui, et en général les gens qu’on connaît sont plutôt en désaccord, il donne tout un spectacle.

On peut même dire qu’il l’a amélioré depuis qu’il est réapparu comme un miraculé de la COVID-19.

Il ne l’a pas prétendu mais il n’y aurait pas grand monde de surpris s’il prétendait que comme le Christ, il ne lui a fallu que trois jours pour renaître. Il s’est déclaré pétant de santé, faisant comme la barbe aux plus de 200 000 Américains qui, n’étant pas aussi «puissants» que lui, sont à ce jour décédés de la maladie. Comme les soldats morts au champ d’honneur, des «loosers» peut-être?

C’est cette attitude fanfaronnade, assez inconcevable pour un homme qui est président de la plus grande puissance mondiale (on verra après la pandémie si c’est toujours vrai), qui fait se river les regards du monde sur l’élection présidentielle.

Depuis sa sortie d’hôpital, il est plus survolté que jamais au point que beaucoup d’analystes de haut niveau n’ont pas hésité à se demander s’il ne ferait pas encore grande consommation de ces stéroïdes qui l’auraient débarrassé du virus allant même jusqu’à suggérer qu’il serait, selon les uns ou les autres, «dopé», «stone», «gelé», à tout le moins, boosté.

Comme si le coronavirus pouvait être une forme de fontaine de Jouvence.

Les démocrates seraient avisés de lui demander, à son tour, de passer un test antidopage comme il l’avait fait pour son adversaire Joe Biden lors du premier débat.

Pour ce qui est du divertissement, on sera probablement gâté dans les prochains jours car, à plus de dix points derrière Biden dans les sondages, on ose à peine imaginer ce que Trump se permettra pour briser in extremis cette forte avance et préserver son deuxième mandat à la présidence américaine.

Ce n’est peut-être pas le moment pour le nouveau chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon, pour tenter de se faire connaître plus largement dans la population. Il risque de passer sous le radar encore un certain temps.

L’attention va se porter sur toutes les frasques et les propos à l’emporte-pièce que pourra faire et tenir le président sortant, ce qui sera probablement une bonne chose pour notre moral, car les nouvelles du côté de la COVID-19 demeurent ambiguës et plus ou moins rassurantes.

Le Centre-du-Québec est maintenant complètement dans la zone rouge et on est porté à penser que ce n’est pas si, mais quand Shawinigan et Louiseville et sa MRC de Maskinongé viendront rejoindre Trois-Rivières dans le rouge.

Shawinigan comme Maskinongé affichaient toujours cette semaine un niveau de cas quotidien qui les situe en zone orange. Mais leurs taux sont à la hausse et dépassent maintenant ceux des MRC d’Arthabaska, de l’Érable ou de Nicolet-Bécancour qui ont pourtant toutes été classées dans la zone rouge.

Si le ministre de la Santé, Christian Dubé exhibait vendredi quelques scénarios de l’INRS et l’INSPQ qui pouvaient laisser espérer un jour, des jours meilleurs, il insistait pour rappeler que cela serait possible dans la mesure où on n’autorise pas de relâchement et même qu’on améliore encore certaines de nos habitudes.

La veille, François Legault se félicitait qu’on semble avoir atteint une certaine stabilisation autour de mille cas quotidiens dépistés de COVID-19, inférieurs aux prévisions, mais en insistant surtout sur la fragilité de la situation. L’exemple qui vient des pays européens, dont la France, qui a à peu près perdu le contrôle de la situation, a de quoi convaincre de rester plus que prudent.

Le premier ministre nous a surtout prévenus que le défi des «28 jours» sera de toute évidence prolongé. C’est peut-être ok pour les bonbons des enfants à l’Halloween, mais on n’ira pas au bingo, au resto, au gym, avant un bout de temps.

Avec peut-être de très légers allègements, on comprend déjà que novembre va y passer... si on veut être autorisés à célébrer Noël en toute petite famille. C’est la nouvelle carotte collective. Si tu veux l’avoir, faudra être gentil, obéissant.

À Noël, la traditionnelle belle dinde dodue sera trop grosse et même le jeune dindon de l’Action de grâce soldé à rabais qu’on a pu mettre de côté risque d’être trop copieux pour le nombre de proches qu’il y aura à servir.

Et après Noël... On verra. Mais beaucoup d’experts nous disent qu’on doit prévoir quatre vagues au virus. Il se replie, mais réapparaît.

On l’a vu cet été. On sortait à peine des tranchées, convaincus que l’ennemi avait battu en retraite et qu’il se sauvait à toutes jambes, mais on a réalisé qu’il n’était qu’embusqué et qu’il nous sautait de nouveau dessus avec une «santé» qu’on ne lui concédait plus.

Pâques... oui, c’est encore loin Pâques.

Mais comme on est des nordiques, on va vraisemblablement devoir s’inspirer de l’ours, et comme lui, un peu hiberner.

On aura au moins au cours des deux prochaines semaines, et peut-être un peu après, de quoi oublier un peu tout ça en se servant comme antidote à la déprime du Donald Trump (si vous aimez mieux, du Dump Trump) désespéré. On va en avaler une bonne dose.

Coup de cœur: Mieux que Trump, l’exposition virtuelle d’Appartenance Mauricie sur le Saint-Maurice comme source de la créativité mauricienne.