Richard Therrien
Simon Boulerice (à droite) est derrière la série télé <em>Six degrés</em>, une comédie dramatique qui sera diffusée le jeudi à 19h30 à partir du 28 mai sur ICI Télé. Le rôle principal a été confié à Noah Parker (à gauche).
Simon Boulerice (à droite) est derrière la série télé <em>Six degrés</em>, une comédie dramatique qui sera diffusée le jeudi à 19h30 à partir du 28 mai sur ICI Télé. Le rôle principal a été confié à Noah Parker (à gauche).

Six degrés: un nouveau Boulerice à la télé

CHRONIQUE / Malvoyant, Léon a une vision très réduite. Comme s’il regardait par le trou d’une paille. Surprotégé par sa mère, il voudra sortir de sa coquille et découvrir le monde autrement. Tel est le point de départ de Six degrés, série télé du romancier Simon Boulerice, déjà auteur de 31 livres jeunesse et de quatre romans pour adultes.

Même si elle s’adresse d’abord et avant tout aux 13 à 17 ans, cette comédie dramatique sera diffusée en heures de grande écoute, le jeudi à 19h30 à partir du 28 mai sur ICI Télé, avant d’être entièrement disponible sur l’Extra d’ICI Tou.tv. Simon Boulerice a écrit des épisodes de Passe-Partout et de Tactik, deux émissions jeunesse, mais Six degrés sera sa première série bien à lui. Selon la directrice principale ICI Tou.tv et jeunesse, Christiane Asselin, Boulerice rallie un très large public, et pas seulement des jeunes, de sorte que la série devrait toucher tout le monde.

L’idée n’est pas totalement nouvelle puisqu’elle a fait l’objet d’un roman jeunesse publié en 2016 et intitulé Florence et Léon. L’œuvre lui avait été inspirée d’une ancienne fréquentation, Méridick Forest, lui-même semi-voyant, qui lui avait confié «voir la vie à travers le trou d’une paille». L’histoire de Six degrés est toutefois bien différente, puisque le personnage de Léon, adulte dans le livre, a 16 ans dans la série.

Léon vit donc avec sa mère Marianne, une amante de Vivaldi, très contrôlante, qui lui enseigne dans leur maison de Saint-Isidore. L’œuvre de 13 demi-heures commence avec le décès subit de cette femme, qui lui a caché bien des choses de son vivant. «Léon est catapulté dans une nouvelle vie. Il se retrouve chez son père, dont il ne soupçonnait pas l’existence, à Montréal», raconte l’auteur, qui aborde ici les concepts d’adaptation, de tolérance et de clairvoyance.

Les six degrés du titre font référence à la vision périphérique de Léon, alors que le champ visuel normal d’un œil est d’environ 160 à 170 degrés. Il y a aussi un clin d’œil aux six degrés qui nous séparent tous les uns des autres. En faisant la connaissance de son père Francis (Alexandre Goyette), Léon entrera dans une nouvelle famille «assez flamboyante», celui-ci ayant refait sa vie avec une Mexicaine, Julietta (Francesca Barcenas), avec qui il a eu trois enfants, un garçon et deux filles. À l’école, l’adolescent fera la connaissance de Florence (Amaryllis Tremblay), atteinte de la fibrose kystique, qui le protégera.

Simon Boulerice s’entoure entre autres de personnes qu’il aime, comme son amie Catherine Trudeau, qui incarne la mère, qu’on verra en flashbacks après son décès. Mais aussi Safia Nolin, qui signe la chanson-thème de la série, et Méridick Forest, qui agit à titre de consultant. Le rôle de Léon est confié à Noah Parker, un jeune acteur de talent qu’on peut voir dans les séries L’Échappée, La faille et Le 422, de même qu’au cinéma dans La déesse des mouches à feu, le nouveau long métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette. L’acteur est en ce moment à la Berlinale, où le film est lancé en première mondiale.

J’ai hâte de découvrir cette série de Simon Boulerice, que j’adore à Cette année-là. L’auteur jure complètement avec l’idée qu’on se fait du collaborateur ou chroniqueur de magazine; il est spontané, énergique, passionné, sans trop de filtre et d’une irrésistible naïveté. Son absence de malice pourrait en faire un être complaisant, mais ce n’est jamais le cas. C’est avec infiniment de tendresse et d’humour qu’il parle de culture.

Simon Boulerice jouera un petit rôle dans la série, celui d’un professeur de français, un clin d’œil à l’auteur Serge Boucher, qui lui a déjà enseigné. La réalisation est confiée à Hervé Baillargeon, qui est notamment derrière la websérie L’écrivain public. Le tournage de Six degrés, produite par Encore Télévision, commence le 29 février.