L’ascension d’une saga

CHRONIQUE / Après vous avoir parlé du film Joker, j’aimerais aujourd’hui vous parler de Star Wars. Non, je ne suis pas devenu chroniqueur cinéma, même s’il est vrai que le septième art occupe une place importante dans ma vie. Et ce n’est un secret pour personne que je suis un maniaque de Star Wars. Donc, avec une nouvelle bande-annonce et l’arrivée prochaine sur nos écrans du dernier chapitre de la saga Skywalker, j’ai cru bon de revenir sur ces films qui ont marqué durablement l’esprit de nombreux cinéphiles.

Star Wars est né dans l’esprit d’un homme, George Lucas, qui avait pour ambition de raconter une histoire qui allait transcender les époques et les cultures. Le pari était risqué, mais force est de constater qu’il l’a relevé avec brio! En effet, depuis la sortie du premier film en 1977, la popularité de la franchise ne s’est jamais démentie. Pour le meilleur et pour le pire, la saga s’est d’ailleurs rapidement émancipée de son registre cinématographique pour devenir un élément incontournable de la culture populaire.

Star Wars est partout. Tout le monde connaît ses répliques cultes, entre autres le fameux « Je suis ton père ». Cette popularité s’est cependant accompagnée de certains irritants, notamment la surabondance de produits dérivés qui ont fini par faire de Star Wars davantage une marque de commerce qu’une œuvre à proprement parler. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi reprocher à Lucas d’avoir « vendu son âme » en assujettissant de plus en plus ses choix artistiques à une logique mercantile et infantilisante.

En dépit de ces défauts, la saga a néanmoins toujours su captiver les cinéphiles et renouveler son propos. Mais comment? La recette est finalement assez simple, et elle ne date pas d’hier. À l’instar des grands mythes classiques, l’univers de Star Wars repose sur quelques grands thèmes intemporels et universels qui habitent l’imaginaire collectif. La lutte du bien contre le mal, l’importance de la famille et des amis, ou encore l’approfondissement de certaines vertus comme la patience et la tolérance sont autant de sujets qui ne peuvent manquer de nous captiver et de susciter chez nous la réflexion, voire la remise en question.

Pour moi comme pour bien d’autres, la saga Star Wars n’est donc pas qu’une série de films comme les autres. Star Wars, c’est une véritable philosophie de vie! À mes yeux, il y a dans ces films autant de sagesse que l’on peut en retrouver dans certains écrits religieux et philosophiques. George Lucas n’a d’ailleurs jamais caché ses influences. De la mythologie grecque jusqu’aux sagesses orientales, en passant par les récits de la Première Guerre mondiale et de la Chute de la République romaine, il y a tout ça – et même plus – dans Star Wars. Pour les jeunes et les moins jeunes, cette saga constitue donc une excellente porte d’entrée dans la réflexion philosophique et sur certains enjeux sociopolitiques. L’ensemble de la prélogie, par exemple, offre une perspective intéressante – quoiqu’inquiétante – sur le passage d’une démocratie à un régime totalitaire. On y apprend comment une république, lorsqu’elle est rongée par la corruption et les dérives technocratiques, peut progressivement sombrer dans la tyrannie. Cela n’est pas sans rappeler l’accession au pouvoir de certains grands dictateurs, Mussolini et Hitler en tête.

On y découvre aussi un personnage, Anakin Skywalker, dont le sombre destin participera au malheur de toute une galaxie. C’est effectivement lui qui, en raison de son inconscience et de son avidité, sera appelé à devenir le méchant Darth Vader, l’impitoyable homme de main de l’Empereur. Le plus troublant, c’est de constater que le mal n’émane pas toujours d’une mauvaise volonté, mais plutôt d’une passion débridée et mal orientée. On nage ici en pleine tragédie grecque.

Quant à elle, la trilogie originale propose un récit beaucoup plus intimiste axé sur des valeurs phares comme la famille et l’amitié. Si le bien parvient toujours à triompher du mal, c’est parce que l’amour est plus fort que la haine. C’est ainsi que Luke Skywalker, en pardonnant son père plutôt que le condamner, lui offre la rédemption. Le message est simple, mais efficace. À suivre…