Là où le charme a opéré le plus, dimanche soir à <em>Tout le monde en parle</em>, c’est durant l’entrevue avec l’actrice Émilie Bierre et la réalisatrice Marianne Farley, toutes deux promises à un avenir glorieux.

Un peu de métal chez Guy A.

CHRONIQUE / L’entrevue avec Jean-François Roberge à Tout le monde en parle a été à l’image des dernières semaines pour le ministre: difficile, houleuse et un peu heavy metal. Trois ans après La voix, au tour justement de Guy A. Lepage de donner une belle tribune au style métal avec trois passionnés. Mais là où le charme a opéré le plus, c’est durant l’entrevue avec l’actrice Émilie Bierre et l'actrice et réalisatrice Marianne Farley, toutes deux promises à un avenir glorieux et à qui je décerne deux étoiles du match.

Le duo venait pour Les nôtres, un suspense sur une jeune fille de 13 ans enceinte, portant un lourd secret. Née de parents français, Émilie savait dès l’âge de quatre ans qu’elle voulait devenir actrice. Révélée à huit ans dans Les beaux malaises, elle en parle comme «trois saisons de pur bonheur» et de «fous rires». Victime d’intimidation dans l’enfance, Émilie Bierre s’en est sortie en verbalisant sa détresse. Depuis Une colonie, encensée par la critique française, elle a commencé à recevoir des propositions d’outremer. Marianne Farley ne réalise pas encore tout à fait l’importance d’avoir vu son court métrage Marguerite nommé aux Oscars l’an dernier. Belle revanche pour celle qui a été refusée en cinéma à l’université Concordia. Elle tourne un troisième court métrage sur la possible recriminalisation de l’avortement. «Les femmes, on le sent dans nos tripes que ça se peut», dit-elle avec inquiétude.

Conversation vraiment enrichissante sur la musique métal, un sujet qu’on aborde hélas pratiquement jamais à la télévision, sous l’oeil admiratif des sœurs Boulay. «Il faut ouvrir l’esprit des gens», affirme Didier Samson, avocat (du diable?) le jour et guitariste du groupe The Flaying le soir. Il a voulu mettre les femmes de l’avant avec le FestEvil du D’Auteuil à Québec. Chanteuse de death metal mélodique et claviériste, Maude Théberge se réjouissait de pouvoir parler de sa musique. Son amour du metal l’a amenée à apprécier la musique classique, ce qui peut surprendre au départ. Aussi chanteuse de métal, Corinne Cardinal applique plusieurs enseignements de sa formation classique au métal, pour la posture et la projection, elle qui enseigne la technique vocale et nous a fait une belle démonstration de l’utilisation des fausses cordes vocales pour ce style de musique. Les deux femmes font partie du Growler Choir, un choeur métal dont la performance impressionnante peut être vue sur YouTube.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge était venu montrer les images superbes de ses nouvelles écoles, mais on lui a plutôt parlé de sa loi 40 et des enseignants à bout de souffle qui l’ont apostrophé. Quand Guy A. souligne que les enseignants québécois sont les moins bien payés au Canada, et méprisés quand ils demandent d’être payés à leur juste valeur, le ministre répond: «Ça a été vrai longtemps et on est dû pour un changement de ton.» Il regrette la méprise au sujet du philosophe Daniel Weinstock, accusé à tort par Richard Martineau d’approuver les excisions. «J’aurais dû l’appeler [M. Weinstock] et en discuter avec lui» avant de l’exclure d’un forum sur l’éthique, reconnaît le ministre. M. Roberge qualifie d’«enflure verbale» et de «désinformation» la réaction des enseignants à la loi 40.

La journaliste judiciaire Geneviève Garon a craint un moment l’avortement du procès de Harvey Weinstein, reconnu coupable d’agression sexuelle contre deux femmes. Elle souligne que l’ex-producteur ira en prison, mais qu’il n’a pas subi de lynchage, innocenté des accusations les plus graves. Au sujet de son état de santé, elle a remarqué qu’il variait selon le nombre de caméras présentes, et que l’accusé pouvait soudainement monter aisément les escaliers après avoir marché péniblement avec un déambulateur. Abusée à trois reprises par Weinstein, l’actrice montréalaise Erika Rosenbaum a gardé le secret durant près de 15 ans. Mais elle s’est reconnue dans l’histoire des autres victimes, et leur courage l’a convaincue de briser le silence. Elle a choisi de ne pas le poursuivre parce qu’elle refuse de sacrifier une vie paisible, mais elle ne soutient pas moins les autres victimes, et témoignera s’il le faut dans un futur procès.

«On va vraiment pas si mal que ça!» a lancé à la blague Mélanie Boulay à un Dany Turcotte moqueur, à la fin d’une entrevue fort intense avec les sœurs Boulay, qui se sont généreusement dévoilées. «Je n’ai jamais été aussi écoanxieuse que depuis que j’ai un enfant», a confié Mélanie, qui a très mal vécu sa grossesse, un tabou dans notre société. «J’ai beaucoup confiance en la jeunesse pour sauver un peu nos gaffes», a-t-elle quand même précisé. Leur clip de la chanson Nous après nous tourné sur l’Île d’Anticosti, qui montrait le duo en pleine séance de chasse, a fait polémique malgré la démarche sociale derrière. «On a reçu beaucoup de haine sur les réseaux sociaux. On s’est fait traiter de meurtrières», raconte Stéphanie, qui a grandi avec la chasse. «Ça m’a donné un grand respect pour la vie», poursuit Mélanie, qui affirme que son rapport à l’assiette a changé comme bien des gens.

Julien Lacroix a déjà vendu 120 000 billets pour son spectacle Jusqu’ici tout va bien, et rêve de se rendre à 300 000. Est-il l’équivalent masculin de Mariana Mazza? «Non, j’ai l’air propre», a blagué l’humoriste, qui adore installer les malaises. À 27 ans, celui qu’on a vu feindre l’ivresse chez Julie Snyder, souhaite rester longtemps. «Les carrières les plus respectables sont celles qui durent», affirme l’artiste, qui s’était pourtant vu refuser l’entrée de l’École nationale de l’humour.

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