Richard Therrien
Logique qu'on ouvre l'émission avec la microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste Caroline Quach et le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, notre vedette du moment.
Logique qu'on ouvre l'émission avec la microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste Caroline Quach et le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, notre vedette du moment.

Tout le monde en retard

CHRONIQUE / Soyons francs: c'est d'un Tout le monde en parle en direct dont on aurait eu besoin dimanche, comme ça avait été le cas après les attentats de Paris. Parce qu'il s'en est passé des choses autour du coronavirus depuis l'enregistrement de jeudi. Avec la pandémie qui nous tient vissés devant la télé, l'émission n'a jamais si bien porté son titre. C'est au milieu de gradins vides que Guy A. Lepage et Dany Turcotte ont reçu leurs invités, dans une ambiance d'un calme inhabituel.

Logique qu'on ouvre l'émission avec la microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste Caroline Quach et le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, notre vedette du moment, tel André Caillé durant la crise du verglas. Visage familier depuis plusieurs jours, le Dr Arruda affirme que la crise était inévitable mais insiste sur la collaboration essentielle du public. «On peut essayer de diminuer la quantité de transmissions et l'étaler dans le temps», espère-t-il. Déjà jeudi, il affirmait que la fermeture de grands magasins était envisageable, trois jours avant l'annonce des mesures de dimanche concernant les cinémas et les bars, entre autres. Oui, la Covid-19 se transmet mieux que le SRAS, qui entraînait toutefois un pourcentage de décès plus élevé. Peut-on espérer un vaccin? Des tests sont déjà effectués sur des patients, affirme la Dre Quach, qui a dû se placer en quarantaine préventive au lendemain de l'entrevue. Elle rappelle que le vaccin contre l'ébola avait pu être utilisé avant son homologation, qui peut prendre 18 mois. Horacio Arruda, qui a dû quitter rapidement, n'a pas perdu son humour, invitant non pas Manon mais bien Diane à «peser su'l piton».

Toujours fascinant d'entendre l'astronaute David Saint-Jacques, à qui je décerne l'étoile du match. «Notre «Rocketman» à nous» était là pour raconter sa mission de sept mois à bord de la capsule Soyouz. Il confirme que la Terre est bel et bien ronde, quoi qu'en pense une certaine conseillère municipale de Gatineau. Dans l'espace, ils ont été au plus six collègues dans un espace qui pouvait se comparer à cinq autobus scolaires. Charmant de l'entendre raconter qu'il se préparait des gaufres avec du sirop d'érable en même temps que ses enfants, avec qui il pouvait communiquer régulièrement. Premier Québécois à utiliser le bras canadien pour attraper un vaisseau-cargo, M. Saint-Jacques a raconté sa sortie risquée de plus de six heures dans ce qu'il appelle «le vide spatial», et son retour éprouvant sur Terre. «C'est très désagréable durant quelques semaines», admet l'astronaute, alors désorienté et qui a dû réapprendre à marcher. Huit mois plus tard, il a récupéré complètement: il court et fait du ski. «Psychologiquement, c'est plus long», dit-il après ce «high» d'adrénaline.

Toujours fascinant d'entendre l'astronaute David Saint-Jacques, à qui je décerne l'étoile du match.

«Avant, les présidents se parlaient», rappelle le journaliste et animateur Gérald Fillion, encore étonné par la décision soudaine de Donald Trump de fermer les frontières à l'Europe «sans prévoir de soutien à l'économie». La débâcle des marchés actuelle ne se réglera pas sans coordination internationale, croit-il. Les impacts économiques de la Covid-19 sont annonciateurs d'une récession, oui, mais de quelle durée? Tout dépendra de l'évolution de la pandémie. Les entreprises qui risquent d'en souffrir le plus sont les compagnies aériennes, le tourisme, le voyage, les secteurs énergétique et financier. «Il faut voir si les entreprises ont la capacité d'endurer cette crise durant quelques mois.» L'animateur de RDI économie n'est toutefois pas trop inquiet pour le Québec, qui dispose d'une réserve abondante pour affronter la crise, plus que toute autre province canadienne, croit-il.

Il fallait bien un peu d'humour pour alléger l'atmosphère, mais Dominic Paquet n'a pas dû vendre beaucoup de billets pour son nouveau spectacle, Laisse-moi partir, prévu cet automne. «Monsieur timing», a blagué Guy A., pendant que le monde du spectacle est paralysé. Celui qui imite Dan Bigras et le pape dans À la semaine prochaine et se déguise pour piéger des victimes dans Mets-y le Paquet semble un peu dépassé par l'indignation provoquée par son défi de perte de poids à La semaine des 4 Julie, notamment par la cryogénie, une méthode controversée. «J'ai-tu le droit de perdre du poids?» demande l'humoriste, qui a déjà 25 livres en moins.

Au moment où les collègues des sports se demandent bien de quoi ils vont parler dans les prochaines semaines, le consultant en marketing du sport et chroniqueur, Ray Lalonde, ne croit pas que les séries éliminatoires de hockey pourront être reportées; elles seront simplement annulées, selon lui. Une situation exceptionnelle, puisqu'il rappelle que le hockey continuait même durant les grandes guerres, alors qu'on annulait les Jeux olympiques. Il n'est d'ailleurs pas plus optimiste pour les Jeux de Tokyo, «à moins que le vent tourne d'ici le 1er mai». Au sujet du hockey, Ray Lalonde ne s'en fait pas pour les athlètes ou les propriétaires; c'est pour les employés les soirs de matchs, pour qui c'est souvent un deuxième emploi, des cuisines aux boutiques. Le Canadien a depuis annoncé un plan d'aide financière pour ses employés temporaires. L'expert s'inquiète aussi pour les ligues mineures de sports, affectées par cet arrêt complet.

On a fini avec un film qu'on ne pourra hélas pas aller voir en salles, du moins pas avant un bon bout de temps. Duo du huis clos Mont Foster, Laurence Leboeuf et Patrick Hivon ont parlé de ce thriller psychologique qui donne un peu dans l'horreur. «Vrai puriste», selon ses propres dires, Hivon ne voulait pas faire de télévision en début de carrière, lui qu'on peut voir dans de multiples séries. «J'ai tellement craché sur tout!» se souvient-il de ses années d'études en théâtre. Il dit avoir mis des mois à se remettre de sa scène de psychose dans Cerebrum, dont il est sorti complètement vidé.

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