Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Sylvie Fréchette, Dominick Gauthier et Gabrielle Boisvert, un trio éloquent à <em>Tout le monde en parle</em>.
Sylvie Fréchette, Dominick Gauthier et Gabrielle Boisvert, un trio éloquent à <em>Tout le monde en parle</em>.

TLMEP: «T'es pas assez belle»

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Tolérer l'intolérable en 2021 n'a plus sa place. L'éloquence du trio venu traiter à Tout le monde en parle de la culture d'abus et d'un climat toxique au sein de Natation artistique Canada lui vaut l'étoile du match, mais a surtout mis en lumière cette prise de conscience qui s'impose dans notre monde d'aujourd'hui. La rencontre a aussi souligné la lenteur des institutions à réagir.

Que de conviction dans le discours de la championne olympique Sylvie Fréchette, qui a trop longtemps toléré des remarques sur son poids, son apparence physique, à se faire dire: «t'es pas assez belle». «Il y a une semaine, j'ai su que beaucoup de choses qui se sont passées ne doivent plus se passer», affirme celle qui aurait tellement aimé agir plus tôt.

Victime de «méchants downs» et portant encore des cicatrices de cette période de sa vie, elle aurait aimé en parler avec son ancienne entraîneure, Julie Sauvé, avant qu'elle décède le printemps dernier. «Pas pour la blâmer mais pour me libérer», dit-elle. La nageuse a néanmoins eu une carrière exceptionnelle. «Imagine ce que ça aurait pu être», dit-elle toutefois en regardant vers le passé.

L'athlète Gabrielle Boisvert fait partie de ce recours collectif d'anciennes membres de l'équipe nationale senior de natation artistique pour abus psychologique, négligence et harcèlement sexuel et racial. Elle a raconté cet épisode où elle a été frappée sous l'eau lors d'un camp d'entraînement et qu'elle a dû rester neuf heures au bord de la piscine, plutôt que d'être soignée à l'hôpital. Elle en garde encore des séquelles aujourd'hui.

L'ancien skieur acrobatique et entraîneur Dominick Gauthier est catégorique: «on n'a pas besoin d'insulter ou de crier après quelqu'un pour qu'il gagne aux Olympiques.» Un entraîneur peut exiger de la rigueur de ses athlètes, sans en abuser. «Ces athlètes-là ne demandent pas de moins s'entraîner, elles veulent être respectées», précise-t-il, évoquant ce climat toxique que tolèrent, selon lui, les dirigeants des différentes fédérations. «C'est comme ça que les dictateurs règnent, on divise pour mieux régner.»

Sylvie Fréchette déplore l'inaction de la fédération nationale. «Ça fait 12 ans qu'on en parle», rappelle-t-elle, évoquant ces communiqués, «des coquilles vides», où la Fédération n'assume aucune responsabilité.

Après ses enfants il y a un mois au CPE, François Bellefeuille a contracté la COVID, qui lui a valu huit jours de mal de tête, cinq jours de perte d'odorat et un fort sentiment d'essoufflement. L'humoriste dit par ailleurs ne pas avoir amassé le magot avec la campagne publicitaire contre la COVID du gouvernement du Québec; il dit avoir empoché un cachet normal pour les pubs qu'il a tournées. L'expérience lui a mérité des messages haineux, alors qu'il voulait «faire quelque chose de bien pour la société». Son seul regret après avoir participé au Bye Bye 2020? Ne pas avoir fait d'imitations, principalement à cause de sa barbe, qui limitait les possibilités. «Si je refais le Bye Bye, j'aimerais me lancer dans les imitations parce que je pense que je serais capable», affirme l'animateur du 22e Gala Les Olivier, qui aura lieu dimanche prochain.

Défi colossal que celui que s'est donné Lynda Lemay, en créant 11 albums de 11 chansons en 1111 jours. Elles sont déjà toutes écrites et enregistrées, dont la chanson Mon drame sur la transidentité en 11 versions différentes. «Il faut que les gens s'ouvrent à cette réalité-là et que le jugement tombe», dit-elle. Il y a longtemps que Lynda Lemay avait mis les pieds sur ce plateau, elle qui a fait 60 fois l'Olympia de Paris, où elle retournera en novembre, si les conditions le permettent. Une dépression d'un an – «je n'aimais plus la personne que j'étais en train de devenir» – et le décès de son père, «le plus fort», en 2017, lui ont fait ralentir la cadence avant de revenir plus forte et rayonnante.

Intrigante, cette série documentaire de Louis T sur Savoir Média. Louis T veut savoir s'intéresse entre autres à la 5G, à la pauvreté, au survivalisme, d'un point de vue scientifique. Pour l'épisode sur la désobéissance civile, il s'est laissé emporter par le mouvement des manifestants, jusqu'à avoir presque envie de casser des fenêtres. «Ça devient grisant, tu veux qu'il se passe quelque chose. […] Je comprends comment une foule peut finir par faire des choses illégales», affirme l'humoriste. Dans l'épisode traitant du transhumanisme, il expérimente le Concerta, dont il a eu peur de devenir accro. «Après deux jours, j'étais heureux comme je n'ai jamais été heureux de ma vie!» Il y a de tout dans cette série; dans une portion plus délirante de l'entrevue, le sujet a dévié sur l'expérience d'un homme qui s'est implanté un vibrateur dans le pénis.

La conversation sur la monarchie et sur l'entrevue de Meghan Markle et du prince Harry était pour le moins décousue. «Pourquoi tant d'hostilité et tant de hargne?» a demandé l'historien James Jackson, indigné du langage utilisé par les chroniqueurs Mathieu Bock-Côté et Christian Rioux en traitant du sujet cette semaine. M. Jackson a été invité à comparer la reine à son épouse Denise Bombardier. «Je ne peux jamais m'ennuyer avec elle. Avec la reine, hélas, elle reste silencieuse et ne donne jamais son opinion.» Avec Chantal Lamarre, fascinée par la famille royale, j'aurais plutôt pris volontiers un «Monarchie Express» comme à Infoman.

Pour conclure, Guy A. Lepage a prêté sa tribune aux quatre têtes d'affiche de Noovo Info, Noémi Mercier, Lisa-Marie Blais, Michel Bherer et Meeker Guerrier, fébriles à l'approche de l'entrée en ondes de leurs émissions d'information, le 29 mars. «Il n'y aura jamais à mon émission un panel sur des enjeux d'inégalité raciale entièrement composé de personnes qui ne sont pas touchées par le racisme», promet Noémi Mercier, pour qui cet aspect a été primordial dans son choix de joindre l'équipe. Voyant la compétition, en l'occurrence TVA, faire plus d'information locale à l'heure du souper, Lisa-Marie Blais considère que «le public en sort gagnant, ça pousse tout le monde à donner un peu plus de soi».

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Défi colossal que celui que s'est donné Lynda Lemay, en créant 11 albums de 11 chansons en 1111 jours.

NDLR: Cet article a été modifié par rapport à sa version originale en raison d'une citation attribuée par erreur à François Bellefeuille. Tel que l'indique la version corrigée, l'humoriste dit avoir empoché un cachet normal pour les pubs qu'il a tournées pour le gouvernement du Québec. Toutes nos excuses.