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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
À l'hôpital, la psychiatre Justine Mathieu (Pascale Bussières) reçoit des patients comme David Ducharme (Vincent Leclerc), qui fait un métier pas banal et avec qui elle tissera des liens particuliers.
À l'hôpital, la psychiatre Justine Mathieu (Pascale Bussières) reçoit des patients comme David Ducharme (Vincent Leclerc), qui fait un métier pas banal et avec qui elle tissera des liens particuliers.

Sortez-moi de moi, une série qui frappe fort [VIDÉO]

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CHRONIQUE / En plein délire, David Ducharme veut sauver le monde. À cheval au sommet d'un lampadaire, il crie pouvoir tous nous guérir. «Sentez-vous mon amour?» Ses propos sont incohérents, mais son verbe, tout ce qu'il y a de plus éloquent.

Bienvenue dans l'univers d'une unité volante en soins de santé mentale, une équipe de travailleurs sociaux sur le terrain. C'est après avoir vu un article de journal sur le sujet que les producteurs Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault ont eu l'idée d'en faire une minisérie de six épisodes dont ils signent les textes, Sortez-moi de moi, qui sera disponible sur Crave à partir du 7 mai, en version originale française, mais aussi en anglais sur Crave Plus.

Une œuvre puissante sur un sujet criant d'actualité, doublé d'un efficace thriller psychologique, pas déprimant malgré le sujet.

Pourtant, les premières minutes vous paraîtront particulièrement intenses; sur les lieux d'une scène de crise dans un appartement, l'intervenante de première ligne Clara St-Amand (Sophie Lorain) voit sa collègue Myriam Melançon (Sandra Dumaresq) perdre totalement le contrôle, s'en prendre violemment à un individu et voler des médicaments dans la pharmacie de la salle de bain.

La suite est dramatique à plusieurs points de vue. A-t-on été suffisamment sensibles aux signes de détresse? A-t-on pris la chose au sérieux? Pendant que la culpabilité ronge certains, d'autres tentent de s'en laver les mains.

À l'hôpital, la psychiatre Justine Mathieu (Pascale Bussières) reçoit les patients que lui envoient Clara et ses collègues. Dont David Ducharme (Vincent Leclerc), qui fait un métier pas banal et avec qui elle tissera des liens particuliers. Sur ce cas, Clara fait équipe avec Gabriel Beauregard (Bruno Marcil), infirmier de première ligne en santé mentale, sur le point de perdre la garde de son fils. Manifestement, tous ces cordonniers sont mal chaussés.

Vincent Leclerc est prodigieux dans le rôle de David Ducharme. Il ne tombe jamais dans la caricature, compose un personnage complexe, tout en nuances, qui pourrait rapidement nous irriter mais auquel on s'attache. À l'image de ces génies qui créaient dans la folie, Ducharme sait lire en Justine mieux qu'elle-même, ce qui la trouble, bien entendu.

Clara entretient des liens conflictuels avec son frère médecin Émile (Émile Proulx-Cloutier), un menteur compulsif, et sa sœur Suzy (Valérie Blais), une excentrique qui sort de prison. Émile est aussi le conjoint de Justine, qui connaît ses infidélités.

Danielle Proulx incarne une enquêteuse tout ce qu'il y a de plus rigide et sévère. Alexis Durand-Brault avoue s'être inspiré de sa propre mère, une juge à la retraite, pour bâtir le personnage. Toujours juste, Luc Senay passe de psychiatre dans Mon fils à patient dans cette nouvelle série.

La réalisation d'Alexis Durand-Brault, superbe, se rapproche beaucoup du cinéma. Bell Média lui a donné une liberté telle que les épisodes ont des durées variables, pas du tout formatées pour une diffusion télé, quoiqu'on se doute bien que ce sera présenté sur une des chaînes du groupe un jour.

Ce que j'aime de Sortez-moi de moi, c'est qu'elle sort des clichés habituels sur la santé mentale. Il n'y a rien de tout noir ou de tout blanc en ce domaine, et les intervenants de l'unité volante marchent continuellement sur une fine ligne, eux-mêmes confrontés à leurs propres démons. C'est sacrément bien rendu.

Sortez-moi de moi est aussi le titre d'une chanson de Daniel Bélanger, qui sert de thème à la série, dans un nouvel arrangement de Dazmo, avec la voix de Sally Folk. Rareté: la série a été doublée et sous-titrée en anglais pour atteindre le reste du pays et un public international, portant le titre de Way Over Me.

Certaines séries québécoises ont déjà été tournées dans les deux langues, comme les premiers Lance et compte (He Shoots, He Scores), mais doublées en anglais? La vice-présidente, développement de contenu, programmation et information de Bell Média, Suzane Landry, parle d'une première pour une série francophone.

Fluides dans les deux langues, Pascale Bussières et Vincent Leclerc se sont eux-mêmes doublés, alors que Sophie Lorain, occupée sur un autre tournage, a dû passer son tour. Curieux de voir si les anglos, pas réputés pour apprécier les doublages, apprécieront l'attention.

Décidément, le duo Lorain-Durand-Brault ne manque pas d'idées ni de talents. Portrait-robot, sur Club illico, est captivante jusqu'au bout. Nul doute qu'ils sauront trouver le bon ton pour leur prochaine production, Mégantic, sur un sujet hautement délicat, celui de la tragédie de la nuit du 6 juillet 2013.

Critiques sur Laurence Jalbert, en-dessous de tout

On le sait: les réseaux sociaux sont malades. Mais les propos orduriers à l'endroit de Laurence Jalbert que je vois passer depuis son passage courageux à Tout le monde en parle sont en-dessous de tout. Décidément, y en a qui aiment se rouler dans le fumier.

Le plus farfelu et pathétique dans tout ça, c'est que ces mêmes individus récupèrent à leur avantage le témoignage de Guillaume Lemay-Thivierge sur la liberté de parole et le respect des points de vue; ils pensent que le comédien est de leur bord! Allo?!

Ces gens-là font précisément le contraire de ce que prône Lemay-Thivierge dans son discours, à insulter Laurence Jalbert comme ils le font.

La chanteuse a rendu service à des milliers de victimes de violence conjugale et a éveillé les autres à ce fléau auquel il faut mettre fin. C'est tout ce qu'on doit retenir de son témoignage, point.

Quant à ceux qui trouvent qu'Éric Duhaime a été «intimidé» par Guy A. Lepage, faites-moi rire. M. Duhaime est allé souvent à Tout le monde en parle, il est bien assez grand pour se défendre tout seul, ce qu'il a fait d'ailleurs.

Le ton des reproches adressés à Laurence Jalbert, ça, c'est de l'intimidation.

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