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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Fabiola, Ada et Carolanne (Mélissa Bédard, Florence Longpré et Ève Landry) trouveront-elles enfin la paix?
Fabiola, Ada et Carolanne (Mélissa Bédard, Florence Longpré et Ève Landry) trouveront-elles enfin la paix?

M'entends-tu?: trouveront-elles la paix?

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CHRONIQUE / J’avais mis quelques épisodes à apprivoiser ces personnages au début. Mais une fois que j’ai adopté Ada, Carolanne et Fabiola, mon amour pour elles est devenu inconditionnel.

M’entends-tu? ne ressemblait à rien, nous faisait voir tout un pan de la population ignoré dans nos séries de fiction. Un portrait cru, dur mais vrai, vulgaire oui, mais aussi empreint d’humanité. Ça manquait à notre télévision.

Faudra s’y résigner, la série prend fin mardi à 21h à Télé-Québec, au bout d’une troisième saison suivie en moyenne par 218 000 téléspectateurs, 298 000 si on compte les deux rediffusions.

Accrochez-vous, parce que les dernières minutes sont une montagne russe d’émotions. Jamais je ne me serais douté que les autrices adopteraient cette trajectoire. J’aurais du mal à décrire tout ce que j’ai éprouvé durant ce dernier bloc, mais je peux dire que la fin m’a ébranlé mais satisfait. Une grande fin, réalisée par Guillaume Lonergan.

Cet univers, Florence Longpré l’a imaginé avec Pascale Renaud-Hébert, sa complice depuis plusieurs années – elles faisaient de l’impro ensemble –, mais aussi l’interprète de Karine, l’incomparable coloc d’Ada, avec qui elle a eu des prises de bec épiques!

Au contraire de Karine, Pascale Renaud-Hébert est enthousiaste, rieuse, visiblement amoureuse des personnages de la série, même si elle possède certains traits de son personnage de bougonneuse. Au point où il est arrivé que son chum l’ait appelée Karine pour la taquiner sur un de ses tocs. «Karine, c’est moi, mais exacerbée fois deux millions! Elle est gossante, mais ça reste quelqu’un qui a un grand cœur», m’a-t-elle confié.

Elle me le confirme: jamais l’équipe d’auteurs – Nicolas Michon en faisait partie à la première saison – a dû se censurer, ni même adoucir certaines répliques. Cette liberté a certainement été payante, puisque Netflix a acquis la série, disponible partout sur la planète.

Plusieurs scènes marquantes de cette troisième saison me resteront dans la tête. Comme cette visite de Carolanne (Ève Landry) à son ex, Kevin (Victor Andrés Trelles Turgeon), pour se défaire à tout jamais de son emprise sur elle. Une scène forte, où l’agresseur est réduit au silence, où la victime retrouve la paix.

Les autrices y ont réfléchi deux fois avant d’aborder de front le sujet de la violence conjugale, tellement d’actualité. «On avait la crainte que d’en parler à l’écran puisse encourager certains gestes. Parce qu’une étude démontre que lorsqu’on parle de suicide, ça peut influencer certaines personnes. Mais SOS violence conjugale nous a dit qu’au contraire, en montrer à la télé a pour effet d’alerter; ça éveille, autant les victimes que les témoins et les agresseurs. J’espère que cette trame-là aura donné l’impulsion à des personnes de dénoncer et d’aller chercher de l’aide.»

Comme plusieurs, j’ai été agréablement surpris en voyant apparaître les deux commères Shirley et Carole, voisines d’en haut d’Ada et de Karine, jouées par Guylaine Tremblay et France Castel, à mille lieues des rôles qu’on leur attribue généralement. «Aux Gémeaux, ils avaient demandé à Guylaine Tremblay dans quelle série elle aimerait jouer et elle avait répondu M’entends-tu? C’est là que nous est venue l’idée des deux commères», explique la coscénariste, qui se pinçait de pouvoir tourner avec ces deux actrices.

Les scènes de Fabiola et d’Ada (Mélissa Bédard et Florence Longpré), complètement déboussolées en commandant un simple café à un barista tout aussi déstabilisé, étaient absolument savoureuses. «Ça symbolisait à quel point les priorités ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Il y a un petit clin d’oeil sur notre regard sur la pauvreté et les personnes marginalisées. Mais nous avons insisté pour que le barista ne soit pas méprisant», explique l’autrice.

Savourant ce qu’elle appelle de la chance, Pascale Renaud-Hébert a une foule de projets; elle fait partie de l’équipe d’auteurs de Chaos, une nouvelle série diffusée à TVA cet automne, et planche sur une adaptation au cinéma de sa pièce de théâtre Sauver des vies. Ajoutez à cela un projet de film écrit avec Florence Longpré, des projets de séries télé et ses fonctions d’adjointe à la direction artistique à La Licorne.

Comédienne de formation, elle souhaite jouer à nouveau. Déjà, le personnage de Karine lui a permis d’obtenir des invitations à des auditions. «J’adorerais jouer dans les œuvres des autres», affirme celle dont M’entends-tu? était la toute première série télé en tant qu’autrice.

Florence Longpré et elle ne se sont pas questionnées longtemps sur la possibilité d’écrire une quatrième saison. «On avait peur de tourner en rond et on voulait partir au bon moment. M’entends-tu?, c’est une série sur l’amitié mais aussi sur les cycles, celui de la pauvreté, celui de la violence. Ce qui était important pour nous, c’est que les personnages se sortent de ces cycles-là.»

Ada fera-t-elle une bonne mère? Fabiola parviendra-t-elle à retrouver le Léon (Marc St-Martin) qu’elle a épousé? Et Carolanne vivra-t-elle le grand amour avec Frank (Mani Soleymanlou)?

En d’autres termes, trouveront-elles enfin la paix?

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