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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Ce moment unique signé Productions Déferlantes, dont le seul défaut était d'être entrecoupé de publicités, réunissait pour la première fois sur scène Yves Jacques (sur la photo) et Robert Lepage.
Ce moment unique signé Productions Déferlantes, dont le seul défaut était d'être entrecoupé de publicités, réunissait pour la première fois sur scène Yves Jacques (sur la photo) et Robert Lepage.

Du théâtre à la télé: encore, encore!

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CHRONIQUE / C'est certain que ce n'était pas comme si on y était, mais il y avait quelque chose de grisant à voir du théâtre en direct à Télé-Québec, samedi dernier. Magnifiquement réalisée par Daniel Laurin, la retransmission de La face cachée de la Lune à partir du Diamant à Québec constituait certainement un événement rare de notre télévision.

Ce moment unique signé Productions Déferlantes, dont le seul défaut était d'être entrecoupé de publicités, réunissait pour la première fois sur scène Yves Jacques et Robert Lepage. Tout un cadeau pour les amateurs qui s'ennuient terriblement de l'expérience théâtrale.

En moyenne 366 000 téléspectateurs étaient au rendez-vous pour la représentation en direct de samedi, et 30 000 pour la rediffusion du lendemain. De très bons chiffres pour la chaîne publique, et ça n'inclut pas ceux qui ont enregistré la pièce pour la regarder plus tard, ni ceux qui l'ont vue sur l'application ou le site web de Télé-Québec.

La dernière fois qu'une telle chose était survenue, c'était le 7 décembre 2003 pour L'Odyssée, diffusée du théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, en direct aux Beaux dimanches de Radio-Canada. Une adaptation de Dominic Champagne et Alexis Martin, avec François Papineau, Sylvie Moreau et Pierre Lebeau.

La production avait coûté 900 000$ et avait été vue par 188 000 téléspectateurs. Ce qui a fait dire à plusieurs que ça revient cher du téléspectateur pour un spectacle «payé avec nos taxes», comme le dit l'expression consacrée. Pourtant, Radio-Canada devrait pouvoir se permettre plus souvent d'éviter la guerre des cotes d'écoute.

«C'est certain que des captations de théâtre, ça coûte cher», convient le directeur général des programmes de Télé-Québec, Richard Haddad, conscient qu'il faut y mettre le prix pour satisfaire le téléspectateur. Il ne suffit pas de placer des caméras devant une scène et de filmer.

«Tout ce qu'on présente est différent de ce qui a été présenté sur scène. C'est vraiment adapté pour la télévision. De sorte que les gens pourraient aller voir ces spectacles par la suite et assister à tout autre chose. On a créé des œuvres uniques en prenant soin de ne pas nuire à la suite des choses pour ces spectacles-là.»

Télé-Québec a d'ailleurs profité de cette initiative pour inviter les producteurs à renouveler la façon de filmer les arts vivants. «On est en mode expérimentation. Pour Les Hardings, on n'est pas du tout dans la captation habituelle, on joue la pièce en locations et en extérieurs.» Inspirée de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, cette pièce magistrale d'Alexia Bürger sera présentée le vendredi 19 février à 22h, avec Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil.

Richard Haddad est enchanté du résultat et de la réception du public à «La face cachée de la Lune». «On reçoit énormément de commentaires positifs, les gens nous disent: "Merci Télé-Québec!". Il faut se rappeler que ce ne sont pas tous les spectacles qui vont partout au Québec, ça permet d'atteindre des gens qui n'auraient pas pu les voir même en temps normal.»

Ceux qui l'ont vue à la télé n'ont rien manqué. Il en était tout autrement pour les utilisateurs de l'application mobile de Télé-Québec durant la première demi-heure de la pièce, samedi soir. «Des difficultés techniques hors de notre contrôle ont perturbé la retransmission sur le site web et sur les plateformes. On est encore en train d'analyser ce qui a pu se passer. Heureusement, la pièce est disponible gratuitement sur le site de Télé-Québec et dans l'application jusqu'au 16 février.»

Et c'est pas fini...

La bonne nouvelle, c'est qu'il y en aura d'autres, en théâtre comme en musique et en danse. En plus des cinq qui restent à venir jusqu'au 19 mars, Télé-Québec annonce qu'elle en programmera de 10 à 12 nouveaux la saison prochaine.

C'est grâce à un investissement du Ministère de la Culture et des Communications – 3 millions $ cette année et la même somme l'an prochain – que le diffuseur peut offrir ces productions au public, dont plusieurs devaient partir en tournée. «Nous l'avions demandé avant la pandémie. La volonté initiale était d'aller dans les différentes régions du Québec. Quand la pandémie est arrivée, on a dû redéfinir notre stratégie en donnant un coup de pouce aux arts vivants», explique Richard Haddad.

Ainsi, le spectacle Pour une histoire..., qui réunit Joe Bocan, Marie Carmen et Marie Denise Pelletier, sera présenté vendredi à 22h. Suivront L'origine de mes espèces – la genèse, le 5 mars; L'Assemblée, le 12 mars; et Danse en trois temps, le 19 mars.

Il est à souhaiter que Radio-Canada, qui a diffusé neuf radiothéâtres sur ICI Première en 2020, en fasse encore plus pour la scène théâtrale. À la télévision, on a présenté durant les Fêtes sur ICI Télé La détresse et l'enchantement avec Marie-Thérèse Fortin, formidable dans le rôle de Gabrielle Roy. L'année dernière, j'avais beaucoup aimé la version télé de J'aime Hydro de Christine Beaulieu, découpée en cinq demi-heures. On avait usé de créativité pour que ce soit agréable à l'écran et ça marchait.

Le diffuseur public est en cours de négociation pour l'acquisition de deux autres pièces qui devraient être diffusées au cours de la prochaine année.

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