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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Ne serait-ce que pour établir un lien, ouvrir le dialogue et rapprocher la police de la population, <em>Police en service</em> aura servi à quelque chose.
Ne serait-ce que pour établir un lien, ouvrir le dialogue et rapprocher la police de la population, <em>Police en service</em> aura servi à quelque chose.

District 24/7 à Québec

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CHRONIQUE / Pratiquement tous les réseaux ont eu leur série documentaire sur la police. Je me souviens de Métier policier à TQS en 1997, c'est dire que ce n'est pas d'hier. Déjà à l'époque, on se demandait si l'émission ne serait pas un exercice de relations publiques pour dissiper les préjugés envers nos agents, dont on parlait plus pour leur amour des beignes que pour leur ardeur au travail.

Les temps ont changé et c'est tant mieux. Certains préjugés persistent, la violence policière existe hélas encore, le profilage racial aussi, mais on ne peut pas nier que la police a fait du progrès. Police en service, l'excellente série documentaire d'observation diffusée à partir du jeudi 7 janvier à 20h à Télé-Québec, illustre entre autres à quel point les problèmes de santé mentale occupent désormais une place importante dans le travail des policiers. Même s'il y a encore beaucoup de chemin à faire, la police a dû changer son approche.

«Quand j'ai fait mes études en technique policière, je pensais que j'allais arrêter des criminels. Mais que j'allais passer mes quarts de travail avec des gens ayant des problèmes de santé mentale? J'avais jamais pensé ça. La police a évolué, on est rendu ailleurs», illustre le patrouilleur Guillaume Collin, l'un des «personnages» de Police en service.

Pour cette série de huit épisodes d'une heure, une équipe d'Avanti Groupe a donc passé une cinquantaine de jours à suivre des équipes de police. Une rareté: Police en service a été entièrement tournée à Québec, avec la complicité de son service de police, le troisième en importance dans la province après la Sûreté du Québec et le Service de police de la Ville de Montréal. Ça fait changement d'entendre D'Estimauville, Lauberivière et RTC ailleurs que dans un bulletin de nouvelles ou à la radio.

Dans sa facture visuelle, Police en service est pas mal ce qui ressemble le plus à De garde 24/7, une des séries les plus regardées à Télé-Québec. Sa réalisatrice Catherine Proulx a d'ailleurs travaillé sur la série médicale, aussi produite chez Avanti. Pas de musique agressive, pas de montage saccadé comme les documentaires policiers sensationnalistes qu'on voit ailleurs, et c'est tant mieux. Ça donne une série à échelle humaine qui s'intéresse aux personnes plus qu'aux situations.

N'empêche qu'on éprouve la même inquiétude quand on est confronté à certaines histoires, comme la disparition d'une dame de 85 ans, souffrant d'Alzheimer et entretenant des idées noires. Vous verrez comment la sergente affectée à la patrouille, Johanie Ouellet, coordonnera les recherches, un travail d'équipe complexe à orchestrer.

Après deux épisodes, je me suis déjà attaché à la plupart des protagonistes de la série. Impossible de ne pas se sentir en confiance avec la lieutenante Julie Marcotte, responsable du volet santé mentale du SPVQ. Ou encore avec les patrouilleurs Guillaume Collin et Katia Deschênes, franchement sympathiques et dévoués à leur travail. C'est aussi pour ça que la production a choisi de s'intéresser au SPVQ: son personnel est reconnu pour en être fier, ce qui n'est pas donné à tous les services de police.

Le directeur du SPVQ, Robert Pigeon, se surprend lui-même de constater à quel point ses équipes se sont généreusement prêtées à l'exercice. «C'est pas dans notre ADN de s'ouvrir autant que ça, de laisser les gens s'introduire dans les autos-patrouilles», dit-il, sans doute conscient que les forces policières ont encore du travail à faire pour se rapprocher de la population.

On devine bien sûr que la police n'aurait pas accepté de se prêter au jeu en risquant de mal paraître. Mais on sent une réelle sincérité, une bienveillance, je dirais même une humilité dans leur approche. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de mauvais policiers? On sait tous que non. Mais on devrait aussi savoir qu'il y en a des bons.

Police en service n'est pas qu'un docu-réalité de plus, comme il en pullule dans notre télé. Avec cette série, Télé-Québec joue certainement son rôle éducatif. Vous ne vous ennuierez pas, chaque cas est intéressant, de ce qui nous semble le plus anodin aux cas beaucoup plus graves.

Le premier épisode nous permet d'assister à une perquisition de matériel de pornographie juvénile dans un appartement. Bien entendu, on ne montre à l'écran aucune image même brouillée de ce matériel que doit s'imposer chaque jour l'Unité de l'exploitation sexuelle contre les mineurs.

Comment ne pas vomir après avoir visionné tout ça? «Ça prend des nerfs d'acier», reconnaît la lieutenante-détective Marie-Manon Savard, responsable de cette unité. «On visionne sans porter attention aux gestes qui sont posés.» Le SPVQ impose des périodes de désensibilisation à son personnel, en plus de lui offrir un soutien psychologique constant. «Mon équipe est quand même extrêmement sensible. Notre but est de sauver des enfants. Si on ne réussit pas à le faire, qui va le faire?» demande Mme Savard, qui a toute notre admiration.

De l'admiration, vous risquez d'en éprouver beaucoup en regardant Police en service. Ça se peut même que ça vous donne envie de piquer une petite jasette avec des agents que vous croiserez dans la rue. Ne serait-ce que pour établir un lien, ouvrir le dialogue et rapprocher la police de la population, Police en service aura servi à quelque chose.

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