Dans le cadre d’un jeu qui fait des connaissances générales sa priorité, Pierre-Yves Lord navigue à merveille, est drôle, sympathique mais aussi rigoureux, maniant avec aisance les nombreuses subtilités techniques.

«100 génies», mais pas nerds

CHRONIQUE / Les participants de «100 génies» sont assurément des bolés, mais pas des nerds pour autant. Le plateau du nouveau jeu de Pierre-Yves Lord est d’ailleurs survolté, pas mal plus que celui de «Génies en herbe» à l’époque. Cette nouvelle émission jeunesse de 60 minutes, qui plaira à toute la famille, méritait amplement sa place dans la grille du soir d’ICI Télé, à partir de jeudi à 20h.

Parce qu’on ne s’emmerde pas une minute en regardant 100 génies, un concept original québécois dont on sort résolument moins niaiseux. Dans le cadre d’un jeu qui fait des connaissances générales sa priorité, Pierre-Yves Lord navigue à merveille, est drôle, sympathique, mais aussi rigoureux, maniant avec aisance les nombreuses subtilités techniques. Vous l’aimerez encore plus.

Ces jeunes génies de 14 à 17 ans ont été sélectionnés après une série de tests, qui en a retenu la crème de la crème. À part trois qui proviennent de l’Ontario, tous les autres concurrents sont du Québec, et au moins cinq sont de la grande région de Québec. À voir la première émission, la production a trouvé les perles rares : ils sont brillants, enjoués, donnent un bon spectacle, en plus d’impressionner par leurs vastes connaissances. Un esprit d’équipe s’est rapidement forgé, les cellulaires étant interdits en studio. En 2019, c’est rare.

Après trois questions de départ aux 100 candidats, on en sélectionne six, qu’on divise en deux équipes. Les joueurs de la meilleure équipe se rendront au «tour de force», l’épreuve finale, qui fera monter votre adrénaline. Chaque semaine, on adopte un thème. Pour la première, toutes les questions tournent autour des vacances. Puis on aura les grandes inventions, l’argent, l’horreur. Les questions de 100 génies sont rarement faciles, et c’est tant mieux. J’en ai raté plusieurs, dont «quel pays partage sa frontière nord avec le Nicaragua?» Traitez-moi d’ignorant, mais c’est le Costa Rica.

Le jeu est dynamique, mais jamais compliqué. Rien de pire que des règles à ne plus finir, qui minent notre plaisir. On n’est pas à XOXO, vous comprendrez le principe très rapidement. Dans l’une des épreuves, les équipes doivent parvenir à sortir d’une salle d’évasion en résolvant une énigme. Dans la première, il fallait être bon en mathématiques, ce qui n’a jamais été mon cas. Vous croyez qu’une équipe est en voie de l’emporter? Rien n’est fait avant «la rafale», où les bonnes réponses donnent 20, puis 30, puis 40 points aux équipes. L’équipe gagnante peut défendre son titre la semaine suivante. La 13e et dernière émission réunira les six meilleurs dans un match des étoiles.

J’ai craint le pire en apprenant qu’un artiste venait donner une prestation chaque semaine. Couper un jeu pour une chanson? Heureusement, on insère dans le numéro des informations que doivent mémoriser les participants pour répondre ensuite à des questions. Jeudi, LGS vient interpréter son succès On perd la tête et ça passe très bien. J’ai déjà hâte d’entendre Bleu Jeans Bleu venir faire son Coton ouaté dans l’émission sur le corps humain le 17 octobre.

Au lancement de presse, Pierre-Yves Lord n’a pu s’empêcher d’envoyer une flèche à Occupation double, qu’il a déjà animée, soulignant que les concurrents de 100 génies ont le mérite de s’illustrer par leurs connaissances et leur esprit d’équipe. Ce qui n’était pas vraiment le cas d’OD, ai-je besoin de le préciser. ICI Télé flaire le succès. Fair-Play, qui produit l’émission, est en voie de vendre le concept à la RTBF en Belgique, notamment. Je serai assurément un fidèle.