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Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Paule Vermot-Desroches
Après avoir attiré plus de 20 000 visiteurs l’été dernier, la Terrasse Saint-Lau sera de retour cet été à Trois-Rivières, en plus de plusieurs nouveautés qui seront dévoilées ce printemps.
Après avoir attiré plus de 20 000 visiteurs l’été dernier, la Terrasse Saint-Lau sera de retour cet été à Trois-Rivières, en plus de plusieurs nouveautés qui seront dévoilées ce printemps.

Rêver d’un été bien de bonne humeur

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CHRONIQUE / L’avez-vous senti? Ce rayon de soleil de 14-15 degrés cette semaine qui a révélé les premières plaques de gazon sur votre terrain? Ce petit rayon qui vous a incité à vous détacher le manteau et à le laisser ballotter au vent pendant que vous preniez votre marche et que tout le quartier commençait à revivre à l’extérieur? Cet avant-goût d’un chaud et hâtif printemps, presque aguicheur, qui nous a donné envie de rêver notre été pour une vraie première fois.

Notre printemps 2020 n’avait rien pour nous donner envie de rêver. Pour plusieurs d’entre nous, la seule possibilité de prendre un verre dans son entrée de garage en jasant avec les voisins sur le trottoir nous donnait l’impression d’un peu de normalité. Pelleter son banc de neige pour qu’il fonde plus vite était la seule portion d’espoir qui nous rattachait à l’arrivée du beau temps. Mais 2020, c’est loin maintenant. Ça vaccine en série, on espère fort que les cas baissent de jour en jour, et sans relâcher la vigilance, on se donne enfin le droit de rêver.

C’est d’ailleurs ce que plusieurs personnes ont fait cette semaine, en téléphonant à Tourisme Centre-du-Québec. Le rayon de soleil, il a donné des envies estivales à bien des Québécois, qui ont déjà commencé à planifier leurs vacances chez nous.

«Dès qu’il a commencé à faire chaud, les demandes ont triplé. Ça a téléphoné comme jamais pour avoir des informations, obtenir des cartes pour les circuits de vélo. L’achalandage sur notre site web a augmenté de façon significative. Les demandes sont venues même jusque de l’ouest de Montréal. Si ça présage de l’été qui s’en vient, disons que notre été regarde plutôt bien», mentionne Yves Zhara, directeur général de Tourisme Centre-du-Québec.

Yves Zhara, directeur général de Tourisme Centre-du-Québec.

D’ailleurs, ni d’un côté du fleuve ni de l’autre, vous ne verrez de campagne marketing faisant la promotion des activités de plein air et des grands espaces. Non pas que ce tourisme n’intéresse plus les deux associations touristiques régionales, mais bien parce que ce serait un peu de l’argent jeté par les fenêtres. Pourvoiries, campings, parcs nationaux et régionaux, ça va forcément afficher complet partout. C’est déjà commencé.

«Il y a encore des disponibilités, mais on sait que ça va se remplir. L’été dernier, on a affiché 98 % d’occupation pour les activités en nature. Et tout nous laisse croire que ce sera pareil cette année. C’est sur le tourisme urbain qu’on va mettre nos efforts pour l’été», considère Stéphane Boileau de Tourisme Mauricie.

Stéphane Boileau, directeur général de Tourisme Mauricie.

On planche donc sur la forfaitisation, amener les visiteurs manger et dormir en ville pour ensuite leur proposer des escapades en nature. On vendra toute une région, on ouvre les portes, on travaille ensemble à vendre l’idée d’une grande région, où l’expérience est variée et pleine de découvertes.

À Trois-Rivières, on me souffle à l’oreille que la Terrasse Saint-Lau au parc portuaire reprendra du service, qu’on misera sur les terrasses comme l’an dernier, mais avec un visuel revampé. Paraît aussi qu’on cherche à amener l’Europe en ville... mais il faudra attendre pour en savoir plus.

À défaut de voir débarquer des touristes des bateaux de croisière au quai de Trois-Rivières, la gare maritime se transformera en kiosque d’information touristique le temps de cet été. Chez Tourisme Trois-Rivières, on cherchera aussi à miser sur une stratégie de microexpériences, une tendance très forte en tourisme partout dans le monde. Ainsi, en plus de continuer de faire la promotion des événements (ceux qui pourront se tenir) et des attractions importantes, on cherchera à vous faire vivre ces expériences qui ont été des moments forts pour des touristes dans le passé. Dormir à la chambre 314 de l’Hôtel Oui GO!, manger une crème glacée au parc Laviolette, déguster des empanadas au Bucafin, aller fabriquer du papier chez Boréalis... On nous promet une liste exhaustive et inspirante.

On misera autant cette année sur le centre-ville que la périphérie. Vous entendrez davantage parler de Plein air Ville-Joie, du Sea-Shack de Pointe-du-Lac, du site des Forges du Saint-Maurice au nord de la ville, de l’île Saint-Quentin, du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

À Shawinigan, comptez là-dessus, les terrasses seront ouvertes comme l’an dernier. On travaille fort à vous proposer des activités pour découvrir la ville et les environs en respectant les mesures sanitaires. Et dès qu’on saura si les événements peuvent se tenir, ça ne tardera pas qu’on vous proposera chaque petite offre rendue possible par la Santé publique, promet le maire Michel Angers.

Si, comme moi, vous avez pleinement vécu votre pandémie en équipant la carte de crédit d’un nouveau vélo et d’une planche à pagaie — et accessoirement adopté un chien, mais ça c’est un autre sujet —, ce sera aussi le temps de maximiser ces achats et de profiter pleinement du plein air. (Non, ce clin d’oeil aux amateurs de François Pérusse n’est pas un hasard),

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Le Saint-Maurice, la Batiscan, les différents lacs accessibles au public, le site Énergie CMB, le Parc de la rivière Gentilly, le parc national de la Mauricie, le Mont SM à Saint-Mathieu-du-Parc. Allez pagayer, allez pédaler, c’est bon pour le moral et ça fait découvrir des coins qui en valent la peine.

Pour ma part, j’irai aussi tester une nouvelle canne à pêche en Haute-Mauricie dans ce lac où, l’été dernier, j’ai malencontreusement laissé couler l’ancienne. La légende de la canne à pêche rouge dit que le lac devrait me redonner au centuple ce que je n’ai pu attraper l’été dernier. Croisons les doigts!

«Une chose est sûre, c’est que nous sommes beaucoup mieux préparés cette année par rapport à l’an dernier, où nous avions dû rapidement nous revirer de bord. L’industrie touristique de la région est confiante, résiliente et créative. On va faire du beau cet été», confie Stéphane Boileau.

«On sent le vent de positivisme chez tous nos partenaires. On sent qu’on va vers quelque chose de très bien», ajoute Yves Zhara.

Pour le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche, le défi de ce deuxième été pandémique résidera à bonifier l’effet «Wow», d’aller plus loin dans l’esthétisme et l’accessibilité du centre-ville, en continuant les partenariats qui ont donné de bons résultats l’an dernier malgré la situation. Il souhaite en outre que le gouvernement soit en mesure de donner un peu plus de liberté aux sports organisés et aux activités de groupe. Et si la Santé publique l’autorise, il rêve de ce moment où il ira assister à un match de balle dans les estrades du parc Jean-Perron ou du parc Sainte-Marguerite, un jus de pomme à la main...

Michel Angers, quant à lui, rêve d’un été plus souriant où, comme l’a promis le premier ministre, tout le monde aura reçu au moins une dose de vaccin. «Je rêve de cet été où on aura recommencé à occuper l’espace public, où l’on retrouvera un semblant de vie normale. Un été où on ne se serrera pas encore la main, mais où on n’aura plus peur de se regarder dans les yeux en souriant, en sachant que le meilleur est en train d’arriver. Personnellement, j’ai l’impression qu’on va passer un été bien de bonne humeur», confie-t-il.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.