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Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Paule Vermot-Desroches
Un comité restreint sera formé rapidement pour proposer divers scénarios au conseil municipal de Trois-Rivières afin d’améliorer l’accessibilité à l’île Saint-Quentin.
Un comité restreint sera formé rapidement pour proposer divers scénarios au conseil municipal de Trois-Rivières afin d’améliorer l’accessibilité à l’île Saint-Quentin.

Île Saint-Quentin: à la recherche du parfait scénario  [CHRONIQUE AUDIO]

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Trois-Rivières — Clairement, le débat devait se tenir. 

La question de la gratuité de l’île Saint-Quentin, soulevée une nouvelle fois ici-même il y a deux semaines et qui a grandement fait réagir dans la population, a trouvé écho auprès du conseil municipal de Trois-Rivières. Et si la gratuité totale et universelle de l’accès à l’île Saint-Quentin ne semble absolument pas un scénario envisageable, il est clair qu’on se prépare à en améliorer l’accessibilité, spécialement pour la population de Trois-Rivières.

En séance de travail, mardi après-midi, les échanges ont été nombreux sur le sujet entre le maire Jean Lamarche, les 14 conseillers municipaux et les hauts fonctionnaires de la Ville. «C’est la première fois, je pense, que nous avons autant d’échanges sur un tel sujet et je suis très contente. Les citoyens nous en parlent, on est rendu là, et j’espère qu’on aura l’audace politique nécessaire pour arriver à de belles choses pour nos citoyens», a notamment déclaré la conseillère Ginette Bellemare, en fin de présentation.

De l’audace, il en faudra certainement, de la créativité aussi. Mais on a senti que la volonté était présente d’arriver à un scénario acceptable sans pour autant qu’il entraîne de lourdes conséquences financières pour la Ville. Déjà, le conseil d’administration de la Corporation de l’île, présidé par le conseiller Pierre-Luc Fortin, s’est réuni en séance extraordinaire la semaine dernière pour en discuter. Si on a démontré unanimement la volonté de respecter le Plan directeur, de préserver le milieu naturel de l’île et d’en garder un outil de contrôle de l’accès, on souhaite en améliorer l’accès par le transport en commun et actif tout en générant certains revenus qui permettront à la Corporation de poursuivre sa mission.

Mais attention, une plus grande accessibilité ne se soldera pas par une gratuité totale. Et ce ne serait pas non plus souhaitable. L’une des raisons principales demeure la dénomination commerciale de l’île, qui lui permet d’obtenir des crédits de taxes sur ses dépenses et ses investissements. Depuis 1990, la Corporation a investi pas moins de 7,8M$ en infrastructures, ce qui lui a aussi permis de récupérer 400 000$ de taxes. Un montant qui devra être remboursé au gouvernement si l’île change de dénomination. Par ailleurs, il faudra compenser les pertes financières annuelles de 300 000$ de droits d’entrée et de 100 000$ associés au retour de taxes sur les dépenses d’opération.

Écoutez cette chronique en version audio.

Mais des solutions existent. Et c’est pour les trouver que la Ville formera un comité de travail restreint, formé de représentants du service des finances, des loisirs de même que de la haute direction de la Corporation de l’île Saint-Quentin. D’ici quelques mois, peut-être même quelques semaines, ils présenteront au conseil divers scénarios qui permettront d’améliorer l’accessibilité à l’île Saint-Quentin, sans qu’on vienne pour autant piger dans la poche des contribuables.

Est-ce que ça se soldera par la gratuité de l’accès à l’entrée pour les Trifluviens? Peut-être, ça reste à voir. Une chose est certaine, si vous espérez accéder gratuitement à l’île en voiture, vous pouvez tout de suite oublier ce scénario. Le droit d’accès des Trifluviens sera peut-être gratuit, mais pas celui des voitures qui les transporteront. Et c’est bien normal. L’île Saint-Quentin n’est pas seulement un parc d’amusement avec une plage pour se faire dorer au soleil où l’on peut aussi profiter de la piscine. Il s’agit d’abord et avant tout d’une zone écologique importante pour laquelle la Corporation a aussi un mandat de préservation. Amener un incessant flot de véhicules comme on a pu le voir à quelques occasions cet hiver sera plus que néfaste pour la biodiversité à la longue.

Mais on songe déjà à mettre en place des alternatives. Un projet de navette de la STTR reliant le centre-ville et la rue Fusey, qui desservira le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, des stationnements incitatifs et l’entrée du parc de l’île Saint-Quentin, est présentement à l’étude à la société de transport. Un projet qui se chiffrerait à plus ou moins 180 000$ par année.

D’autres options demeurent également envisageables pour éviter que l’île ne perde sa dénomination commerciale. Pour conserver cette dénomination, la Corporation doit faire la démonstration que plus de 50% de ses entrées ont été payantes à un coût de 1$ ou plus. Il faudra faire des projections de la fréquentation de l’île par les visiteurs de l’extérieur de Trois-Rivières, évaluer si les montants générés par les frais de stationnement peuvent compenser, et même évaluer la possibilité de charger 1$ le droit d’entrée aux Trifluviens, pour conserver la dénomination.

La carte citoyenne fera aussi partie des scénarios étudiés, comme il a été suggéré par plusieurs conseillers municipaux qui estiment qu’il pourrait s’agir là d’une avenue intéressante. Le conseiller François Bélisle faisait remarquer que les citoyens de la MRC des Chenaux ont accès gratuitement au Parc de la rivière Batiscan, contrairement à ceux qui viennent de Trois-Rivières, Shawinigan ou Mékinac, par exemple. Est-ce que le comité restreint a l’intention de passer un coup de fil à l’administration du Parc de la rivière Batiscan? Peut-être aurait-elle de belles pistes de réflexion à proposer...

Bref, un vaste travail de réflexion et de calculs s’amorce et aboutira certainement avant les prochaines élections municipales. Ce serait, politiquement, un calcul juste pour un conseil qui ne veut pas échapper cet enjeu qui peut paraître mineur aux yeux de certains, mais qui a pourtant séduit des centaines de familles durant toute la période hivernale pandémique. Un enjeu qui sera certainement soulevé lors du prochain porte-à-porte des candidats.

«On n’attendra pas de trouver la perfection. Il y a des orientations que nous sommes en mesure de dégager assez rapidement. On a les outils en place, on a de quoi pour avancer assez rapidement», a ajouté Pierre-Luc Fortin.