Patrick Duquette
Les autorités répètent qu'il faut à tout prix éviter que le virus fasse irruption dans une résidence pour personnes âgées. 
Les autorités répètent qu'il faut à tout prix éviter que le virus fasse irruption dans une résidence pour personnes âgées. 

Propagation de la COVID-19: lutter contre notre instinct

CHRONIQUE / Depuis le début de cette pandémie, on exhorte les gens à se mettre en quarantaine à leur retour de voyage.

Il faut à tout prix éviter que le virus fasse irruption dans une résidence pour personnes âgées, nous serinent les autorités.

Or le Québec a enregistré mercredi son premier décès consécutif à la COVID-19.

Qu’apprend-on ?

Que la victime est une dame âgée de la région de Lanaudière habitant un foyer pour aînés. En outre, elle avait été en contact avec des gens revenant de voyage…

Bingo.

« C’est pour ça qu’on a empêché les visites dans les centres de personnes âgées, a soupiré le Dr Horacio Arruda lors de son point de presse quotidien. Pour protéger ceux qu’on aime. On sait que c’est un sacrifice. Mais la situation est sérieuse. C’est une question de vie ou de mort. »

Le plus grand défi de cette pandémie, c’est qu’elle nous force à agir contre notre nature profonde.

Il nous faut réapprendre des comportements sociaux qui nous semblaient aller de soi. Dans l’adversité, on aimerait se rassembler. Il faut plutôt se confiner chez soi.

Les câlins à nos enfants, les bises, le serrage de main ?

On se reprendra, faut croire.

On voudrait porter un masque pour se protéger. Encore là, quoi de plus naturel ? Ici aussi, il faut lutter contre notre instinct de survie.

Grimaces à l’appui, le bon Dr Arruda a bien démontré combien le masque n’offre qu’une protection illusoire. En le replaçant constamment sur notre visage, on risque surtout d’aggraver la contamination. « Moi, je ne porte pas de masque, je me lave les mains ! », a-t-il tranché.

Au retour d’une croisière dans le Sud, quoi de plus naturel que d’aller serrer ses proches dans ses bras ? Il y a un mois à peine, que dis-je, il y a deux semaines à peine, c’était encore une façon saine et acceptable d’agir en société. À l’heure du COVID-19, c’est devenu un comportement potentiellement mortel.

Le combat contre la COVID-19 nous force chaque jour à lutter contre nos inclinations naturelles. Et ce n’est pas gagné d’avance. Même si, avez-vous remarqué, on trouve déjà moins normal de voir deux personnes s’embrasser à la télé ?

La bataille sera dure, la bataille sera longue, mais nous allons la gagner, a assuré le premier ministre Legault.

La crainte des autorités, c’est que la population lâche prise en voyant le nombre de cas augmenter.

D’ailleurs, l’Outaouais a annoncé un premier cas d’infection au coronavirus. Le premier d’une longue série à n’en pas douter.

Car avant d’aller mieux, les choses vont empirer. Il faudra 12 jours avant de voir les fruits de notre effort collectif, ont averti les autorités.

D’ici là, il n’y a rien d’autre à faire que de respecter les consignes d’hygiène.

Dans les moments de découragements, jetez un œil du côté de l’Italie.

Dans la seule journée de mercredi, on y rapportait 475 décès liés au virus. Là-bas, les journaux publient des avis de décès à pleines pages.

On ne veut pas en arriver là.