Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette

Le monsieur pas de masque

CHRONIQUE / Eh misère…

J’avais rendez-vous pour une entrevue mardi matin dans un café de Gatineau.

Un petit café sympathique, bien tenu, qui respecte toutes les consignes de la santé publique.

En rentrant, j’ai noté les flèches au sol, la bouteille de désinfectant près de la porte, les tables espacées les unes des autres pour respecter la règle du 2 mètres…

Sur les aménagements anti-COVID, rien à redire. Impeccable!

Sauf qu’au milieu du café, il y avait un rassemblement.

J’ai identifié 8 ou 9 employés municipaux à leur logo sur le chandail.

Les monsieurs avaient rapproché deux tables pour être tous ensemble.

Et ils discutaient, en sirotant leur café, collés les uns sur les autres, sans égard à la règle de distanciation sociale.

J’ai pensé leur parler d’une certaine pandémie, d’un certain virus…

Mais bon, en rentrant j’avais croisé deux policiers masqués qui sortaient du café.

Même eux n’avaient pas jugé bon de rappeler à l’ordre la petite assemblée…

Pendant que je commandais mon café, un autre employé de la ville a pénétré dans le commerce.

Il ne portait pas de masque.

- Hé, mets ton masque!, l’a averti un de ses camarades.

Le monsieur s’est contenté de sourire sous sa moustache. Le sourire entendu du gars qui se juge au-dessus des lois.

- Ton masque! a insisté un autre collègue pour la forme.

Mais le moustachu a feint de ne pas entendre.


« On va en donner plus, de contraventions. »
Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Il a suivi les flèches jusqu’au comptoir pour commander son café.

Toujours pas de masque.

Une omission que la serveuse a feint de ne pas remarquer.

Tout comme le barista, soudain extrêmement concentré à la préparation d’un café latte…

Et le moustachu, sans perdre son sourire narquois, est reparti avec son café sans jamais avoir enfilé de masque.

Alors voilà, ce n’est pas un reproche aux employés du café.

Ils n’ont sans doute pas envie de jouer à la police avec la clientèle.

Surtout que la police elle-même, sur place quelques instants auparavant, n’avait pas cru bon d’intervenir.

Je n’ai rien dit non plus.

Même si je fulminais.

Pendant qu’une majorité de Québécois se conforment aux règles sanitaires, une infime minorité les nargue avec un petit sourire baveux.

En revenant dans l’auto, j’ai entendu le ministre de la Santé, Christian Dubé, annoncer à la radio que l’Outaouais est désormais en «préalerte jaune».

La transmission communautaire commence à s’accroître de manière inquiétante dans la région. Suffisamment pour que la Santé publique juge indispensable de serrer la vis.

Cela signifie plus de tests de dépistage, plus d’inspections, plus de contrôle de l’achalandage… et, oui, plus de contraventions aux délinquants de la COVID en Outaouais.

«On va en donner plus, de contraventions, a mentionné le ministre Dubé. Parce que là, on se dit que malheureusement, si les gens n’écoutent pas, on va passer à cette étape-là. C’est malheureux, mais on avait averti assez d’avance.»

C’est la fin de l’indulgence. Il était à peu près temps.