Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Mercredi matin, une femme a perdu la vie sur l’autoroute 50. Un sixième accident mortel en 16 mois sur le tronçon entre Gatineau et Grenville-sur-la-Rouge.
Mercredi matin, une femme a perdu la vie sur l’autoroute 50. Un sixième accident mortel en 16 mois sur le tronçon entre Gatineau et Grenville-sur-la-Rouge.

La «route» 50

CHRONIQUE / Encore un accident mortel sur l’autoroute 50 mercredi matin.

Si on fait le compte, ça fait six accidents mortels en 16 mois sur le tronçon compris entre Gatineau et Grenville-sur-la-Rouge. C’est presque un mort tous les trois mois.

Dans tous les cas, une voiture a traversé la ligne médiane pour percuter un véhicule dans la voie opposée. Pourquoi cette déviation ? Le conducteur s’est endormi ? Il a dérapé ? Il a viré délibérément dans la voie inverse ? L’enquête ne permet pas toujours de le déterminer.

Et ça fait peur.

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Si vous êtes comme moi, chaque fois que vous empruntez l’autoroute 50 — à supposer que vous l’empruntiez encore — vous surveillez d’un œil angoissé les autos arrivant en sens inverse. Si cette voiture traverse soudain dans ma voie, qu’est-ce que je fais ? Je donne un coup de volant vers le fossé ? Je freine ? J’accélère ? Aurais-je seulement le temps de réagir ?

Je revenais justement de Québec mardi soir, veille du dernier accident mortel. Nous étions trois dans une camionnette louée. Il faisait nuit noire et une petite neige tombait du ciel dans le coin de Trois-Rivières. Dans ces conditions, on ne s’est pas demandé longtemps si on emprunterait la 417 ou la 50 à partir de Montréal. On a vite décidé de passer par l’Ontario. Par la 417, qui est la « vraie » autoroute des deux.

Car enfin, est-ce que quelqu’un considère encore la 50 comme une « vraie » autoroute ?

En décembre dernier, après le précédent face à face mortel à la hauteur de Montebello, le maire de l’endroit, Martin Deschênes, avait juré de radier le terme « autoroute 50 » de son vocabulaire. « Ce n’est pas une autoroute, c’est une route régionale sans intersections », déclarait-il à mon collègue Louis-Denis Ebacher.

Et je trouve intéressante la réflexion du maire Deschênes.

Peut-être a-t-il raison. Peut-être faut-il admettre que l’autoroute 50 n’est pas, et ne sera jamais une véritable autoroute tant qu’elle ne sera pas élargie à 4 voies comme on nous le promet depuis des lunes.

D’ici à ce que ça se produise, peut-être faudrait-il désormais parler de la « route 50 » et ajuster les limites de vitesse en conséquence. Sur des routes régionales, la vitesse est limitée à 90 ou 70 km/h sur les tronçons à risque. Pourquoi ne fait-on pas la même chose sur la 50 ?

Lorsqu’on y pense, c’est débile de limiter la vitesse à 100 km/h sur une route où des voitures roulant en sens contraire se croisent à toute vitesse, à quelques centimètres de distance. On ne le permet pas sur la route 148.

Et pourtant, on l’autorise sur la « route» 50.

Aberrant, non ?