Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Seulement 41 % du personnel, au CHSLD Lionel-Émond, s’est fait vacciner contre la COVID?
Seulement 41 % du personnel, au CHSLD Lionel-Émond, s’est fait vacciner contre la COVID?

Je le prendrais, moi, votre vaccin

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Pardon?

J’ai fait répéter la Dre Carol McConnery, médecin-conseil à la Santé publique.

Ai-je bien saisi?

Venez-vous de dire que seulement 41 % du personnel, au CHSLD Lionel-Émond, s’est fait vacciner contre la COVID?

J’avais bien entendu.

Seulement 4 employés sur 10 se sont fait vacciner jusqu’ici.

Et pourquoi si peu? Avez-vous manqué de vaccins? À moins que ce soit des problèmes de logistique?

La Dre Carol McConnery, médecin-conseil à la Santé publique

Non, non, a dit la Dre McConnery.

Elle évoque plutôt une méfiance, une crainte, une hésitation face à la vaccination chez les travailleurs de la santé.

Un besoin de se faire rassurer aussi.

Des gens ne veulent pas être les premiers à «essayer» un vaccin développé à la vitesse de l’éclair pour contrer une menace planétaire.

Ah bon?

J’aimerais dire que je comprends, mais je ne comprends pas vraiment.

Moi, je paierais cher pour me faire vacciner.

La vraie LIBAAARTÉ, je compte sur le vaccin pour me la procurer.

Alors quand j’apprends que la majorité du personnel d’un CHSLD boude le nouveau vaccin, j’en suis tout ébahi.

Moi, et quelques autres, on doit attendre notre tour pour se faire vacciner.

Alors que les travailleurs en CHSLD n’ont qu’à lever la main pour se faire inoculer un des précieux vaccins.

Et ils hésitent? Eux, des travailleurs de la santé qui œuvrent dans l’un des milieux les plus touchés par la COVID en Outaouais? Des gens informés, qui ont un accès privilégié à des médecins, chercheurs, experts pour répondre à leurs questions et les rassurer?

Ça me dépasse.

Vous ne la voulez pas, votre dose de vaccin? Je vais la prendre, moi!

***

Ainsi, le jour même où l’Outaouais passait en zone orange, lundi, une éclosion frappait de nouveau le CHSLD Lionel-Émond.

Vingt-trois résidents infectés par la COVID dans une résidence où presque tous les résidents âgés (96%) ont pourtant été vaccinés.

Découragés? Il y a pourtant une sacrée bonne nouvelle là-dedans. Une lueur au bout du tunnel.

Les 23 résidents malades ne sont presque pas malades, justement.

Lors des flambées précédentes à Lionel-Émond, la COVID faisait des ravages en un rien de temps.

Très vite, des gens se retrouvaient en détresse respiratoire.

C’était la tragique valse des hospitalisations, des séjours aux soins intensifs, des décès…

Aujourd’hui? Rien de tout ça.

Les malades vaccinés n’ont presque pas de symptômes, constate la Santé publique.

Pas de gens très malades, pas de transferts vers l’unité COVID de l’hôpital voisin…

Sans le dépistage de routine, c’est à se demander si les cas positifs auraient été détectés tellement les malades affichent peu de symptômes.

C’est ça la bonne nouvelle.

Le vaccin n’empêche pas d’attraper la maladie.

Mais il réduit les complications, évite aux gens de tomber très malades, voire d’en mourir. Tout cela alors que les résidents de Lionel-Émond n’ont reçu qu’une seule des deux doses du vaccin Pfizer.

Elle est là, notre porte de sortie.

Si on peut vacciner les plus fragiles pour éviter une surcharge du réseau, et maintenir les gestes barrières d’ici à ce qu’une frange suffisamment grande de la population soit vaccinée, on a une chance.

On pourra enfin parler de vrais assouplissements…