Les voies de l’autoroute 50 seront séparées par une clôture munie de câbles d’acier. C’est la solution privilégiée par le ministère des Transports en attendant l’élargissement à quatre voies.

En attendant une vraie autoroute

CHRONIQUE / Voilà donc que Transport Québec envisage d’installer des câbles sous tension pour augmenter la sécurité sur l’autoroute 50, une solution qu’on voit peu au Canada mais qui est assez répandue aux États-Unis et en Australie.

Selon plusieurs études disponibles en ligne, ce genre de câbles est moins coûteux à installer que des barrières en métal ou en béton. En outre, ils sont particulièrement efficaces pour réduire les accidents graves ou mortels — notamment lorsqu’un véhicule dévie dans la voie opposée pour provoquer une collision frontale. En plein le genre d’accident qui survient trop souvent sur les portions de l’autoroute 50 où les voies ne sont pas séparées par un terre-plein.

Le fonctionnement des câbles sous tension est relativement simple et l’on peut trouver sur YouTube plusieurs vidéos qui en exposent le fonctionnement. Dans le fond, ils agissent comme des élastiques pour ramener un véhicule - voiture, camion ou même parfois une semi-remorque - dans la voie d’où il s’écartait.

Non seulement le câble endommagé par un impact est facile à réparer, les conducteurs arrivent souvent à repartir avec leur propre véhicule. Quant aux câbles, ils garderaient une tension suffisante après un impact pour rester sécuritaires jusqu’à ce qu’on vienne les réparer.

Si jamais on devait aller de l’avant avec cette solution pour sécuriser la 50, il faudra sans doute rassurer les motocyclistes. Ils auraient à rouler assez près des câbles et pourraient donc s’en méfier.

Surtout que ce type de câble flexible a acquis une réputation de « cheese-cutter » après la mort d’un jeune motocycliste en Nouvelle-Zélande. Plusieurs blogueurs et autres sites spécialisés sur le Web expriment leur scepticisme face à cette solution.

Dans le cas du jeune motocycliste néo-zélandais, l’enquête du coroner avait toutefois conclu que la vitesse excessive (le gars roulait à plus de 140 km/h) était en cause plutôt que l’impact avec les câbles eux-mêmes.

C’est ce que rappelle la police de Victoria, en Australie (towardszero.gov.au) en arguant que les câbles flexibles ne seraient pas plus dangereux pour les motocyclistes que des barrières en métal ou en béton.

Une solution idéale, donc ? Pas si vite. Une étude albertaine signale qu’il est préférable d’installer ce genre de câble quand l’espace entre les voies est d’au moins six mètres. Or sur plusieurs tronçons de l’autoroute 50, l’espace entre les voies opposées est loin d’être aussi grand.

Autre contrainte possible : est-ce que la présence de câbles au milieu des deux voies s’avérera une entrave lors des opérations de déneigement ? Ou lors d’une opération de secours ?

Je n’ai rien trouvé là-dessus dans les études consultées.

Ceci dit, il faut donner une chose au gouvernement de François Legault qui tient ces jours-ci son caucus présessionnel à Gatineau : il livre ses promesses. Le nouveau ministre régional Mathieu Lacombe avait promis de présenter rapidement une solution pour augmenter la sécurité sur l’autoroute 50. En voilà une très intéressante de prime abord.

Ne perdons toutefois pas de vue que les câbles flexibles sont une solution temporaire… en attendant l’élargissement à 4 voies sur toute la longueur et l’avènement d’une « vraie » autoroute 50.