Patrick Duquette
La boîte de dons de la Saint-Vincent-de-Paul qui était située près du magasin Rona du Plateau a été retirée. Alors les gens empilent leurs dons à côté de l’écriteau qui explique la situation.
La boîte de dons de la Saint-Vincent-de-Paul qui était située près du magasin Rona du Plateau a été retirée. Alors les gens empilent leurs dons à côté de l’écriteau qui explique la situation.

Drôle de façon de redonner au prochain

CHRONIQUE / Six mois que la boîte de dons de la Saint-Vincent-de-Paul a été retirée. Six mois ! Et pourtant, des gens continuent de déverser leurs sacs de vêtements usagés directement sur le parterre, à l’endroit où elle se trouvait jadis. Comme si la boîte de dons existait toujours. Comme si rien n’avait changé, dans une sorte de pèlerinage complètement absurde. Ça me dépasse.

Je vous parle de la boîte de dons qui était située près du magasin Rona du Plateau. La Saint-Vincent-de-Paul l’a retirée dans la foulée de la fameuse saga sur la collecte des déchets encombrants à Gatineau. Six mois après le retrait de la boîte de dons, les gens auraient dû s’habituer. Mais non. Encore cette fin de semaine, le petit bout du stationnement où elle se trouvait jadis était parsemé de sacs remplis à craquer de bottes, de tuques, de gants, de manteaux d’hiver… J’ai même repéré un sac à main en tissu léopard.

Le comble de l’ironie ?

Les gens n’ont même pas l’excuse de l’ignorance. Ils empilent leurs sacs autour d’un écriteau on ne peut plus clair, les exhortant à aller déposer directement leurs dons au comptoir de la Saint-Vincent-de-Paul. Ce n’est pas loin pourtant. Un petit détour de 10 minutes en voiture jusqu’à la rue Eddy.

Je vous le disais, ça me dépasse.

Des gens se donnent bonne conscience en évitant de jeter leurs vêtements usagés à la poubelle. Mais si c’est pour les abandonner dans la nature, ça rime à quoi ? Il va pleuvoir, il va neiger là-dessus. Et comme la Saint-Vincent-de-Paul ne collecte plus les dons à cet endroit, ces vêtements qui pourraient encore très bien servir aboutiront où ? Au dépotoir, sans doute.

La situation est d’autant plus absurde qu’elle part d’une bonne intention. Après tout, des gens se donnent le trouble de mettre des vêtements qu’ils ne portent plus dans des sacs avec l’idée d’en faire don à quelqu’un dans le besoin. Ils transportent les sacs dans leur voiture pour aller les déposer jusqu’à une boîte de dons. Et quand ils réalisent que la boîte de dons n’est plus là, que font-ils ? Ils jettent les sacs par terre. En se disant que quelqu’un, quelque part, finira par en disposer.

Une bien curieuse façon de redonner au prochain !

Tant qu’à se rendre jusqu’à la boîte de dons qui n’existe plus, c’était quoi de conduire quelques minutes de plus jusqu’au comptoir de la Saint-Vincent-de-Paul ? La semaine dernière, le Gîte Ami recueillait des vêtements chauds après l’incendie du refuge. C’était quoi de faire le petit bout de chemin supplémentaire pour aller les déposer jusque là ?

On a beaucoup blâmé la Ville de Gatineau pour les ratés dans la collecte des déchets encombrants (non sans raison !) Mais un moment donné, c’est aussi au citoyen de prendre ses responsabilités.