Patrick Duquette
Les experts de santé publique s’attendent à ce qu’entre 30 et 70 % des Canadiens attrapent le virus.
Les experts de santé publique s’attendent à ce qu’entre 30 et 70 % des Canadiens attrapent le virus.

COVID-19 : un test pour l’humanité

CHRONIQUE / Cette histoire de COVID-19 a des allures de répétition générale, vous ne trouvez pas ?

Moi j’y vois un parallèle avec les changements climatiques. Dans les deux cas, l’humanité fait face à une menace planétaire. Dans les deux cas, les actions individuelles joueront un grand rôle pour la contrer.

Seule différence : la menace climatique nous semble encore lointaine. Et quand le péril est éloigné, on peut bien s’amuser à croire que la terre est plate ou que le réchauffement climatique est une lubie.

Alors que la menace virologique est bel et bien à nos portes. Les virulo-sceptiques seront rapidement confondus, peut-être par le virus lui-même.

Même les anti-vaccins se mettront bientôt à prier pour qu’on développe un vaccin contre le méchant virus venu de Chine.

Vous croyez que le Canada est chanceux avec « seulement » une centaine de cas déclarés ? Ce n’est qu’une question de temps avant que nous soyons massivement infectés à notre tour. Nous sommes seulement en retard sur les autres pays comme la Chine, l’Italie ou la Corée du Sud. Voilà moins de trois semaines, l’Italie comptait à peine 11 cas de coronavirus…

Les experts de santé publique s’attendent à ce qu’entre 30 et 70 % des Canadiens attrapent le virus.

C’est énorme. La grande région de la capitale fédérale compte près de 1,5 million de personnes. Faites le calcul, ça donnerait entre 450 000 et 1 050 000 malades. Si on estime le taux de létalité du coronavirus à 2 %, de 9000 à 21 000 personnes en mourraient dans la région.

Heureusement, les gouvernements se réveillent et se préparent au pire.

Même le premier ministre Justin Trudeau s’est mis en quarantaine après que sa conjointe ait ressenti des symptômes suspects.

Les autorités commencent à fermer les frontières, à annuler de grands rassemblements.

Le reste dépend de nous. De nos actions quotidiennes.

De la même manière que nous avons tous un rôle à jouer pour contrer les changements climatiques, il nous faut tous contribuer à lutter contre le virus.

Il faut suivre consciencieusement les consignes de la santé publique.

Se laver les mains avec du savon. S’isoler si on a des symptômes grippaux. Éviter les poignées de main et les bises. Tant pis pour les voyages, les événements sportifs et les sorties au théâtre.

Prenons cela comme un test. Un test pour l’humanité. Une sorte de répétition générale en vue de la lutte aux changements climatiques.

À nous de jouer afin que nos hôpitaux déjà bondés ne soient pas submergés par les malades du COVID-19. Voyons ce que peut accomplir une population qui se mobilise d’un bloc contre la menace.