Chronique

Les 180 gestes du Dr Nault

CHRONIQUE / La chirurgie, c’est un peu comme le tennis. À force de toujours répéter des milliers de fois les mêmes gestes précis, toujours dans le même ordre, on finit par devenir bon. Très bon même.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Patrice Nault a eu l’occasion de peaufiner sa technique au cours des 15 dernières années passées au département de chirurgie vasculaire de l’hôpital de Hull.

Patrick Duquette

Le vélo qui libère les souvenirs

CHRONIQUE / Vous avez peut-être entendu parler de ces vélos stationnaires équipés d’un écran qui reproduisent virtuellement le trajet du Tour de France. À l’Institut de recherche Bruyère d’Ottawa, on teste ces jours-ci un vélo similaire. À la différence qu’il est conçu pour motiver les personnes âgées à faire de l’activité physique.

Le principe est simple. Pendant que la personne âgée pédale, des images de télévision filmées à Singapour, Paris, Oslo, Dubaï ou Pékin défilent en temps réel sur un grand écran. L’illusion est totale. Pour peu qu’on s’abandonne, on a vraiment l’impression de rouler dans les rues d’une grande cité du monde. On se surprend à observer les piétons ou même à ralentir quand une auto arrive en sens inverse.

J’ai testé la nouvelle technologie lors d’une conférence de presse vendredi. Non seulement c’est réaliste, mais c’est plus intéressant que de rouler sur un vélo stationnaire avec, en toile de fond, un mur blanc d’hôpital.

C’est d’ailleurs tout l’intérêt de cette technologie qui fait pour la première fois l’objet de tests cliniques au Canada. Son effet bénéfique serait double: non seulement elle favorisait l’activité physique chez les aînés, les paysages filmés stimuleraient également la mémoire des gens atteints de démence.

Patrick Duquette

T’as pas mis ton ti-casque?

CHRONIQUE / Volte-face surprenante cette semaine de l’Institut national de santé publique du Québec qui ne recommande plus le port obligatoire du casque à vélo. Une décision pleine de bon sens, à mon avis.

Vous savez ce qui m’horripile le plus dans le vieux débat sur l’obligation de porter le casque ? Trop souvent, je trouve qu’on met tous les cyclistes dans le même paquet. Allez hop, le casque obligatoire pour tout le monde ! Comme si le vélo était un sport dangereux en tout lieu et en toutes circonstances. Comme s’il n’y avait pas de nuances possibles.

Patrick Duquette

L’amour au prix fort

CHRONIQUE / « Elle me disait qu’elle m’aimait. »

C’est facile de juger les gens qui se font prendre dans des stratagèmes amoureux sur le Web. On se dit qu’ils sont naïfs de succomber aux ruses grossières des fraudeurs.

Patrick Duquette

Pas si néfastes, les jeux vidéos

CHRONIQUE / Vous savez tout le mal qu’on dit des jeux vidéos. Le discours ambiant en fait une espèce de maladie honteuse. Ils sont néfastes pour la santé, créent une dépendance, propagent des stéréotypes sexistes et racistes. Quand ils n’incitent pas carrément à la violence… Au mieux, c’est une perte de temps, un plaisir coupable, une activité pour meubler les vides de la vie quotidienne.

Or voilà qu’une prof en cinéma de l’Université Carleton vient d’écrire un livre capable de nous réconcilier — un peu ! – avec les jeux vidéos. Plutôt qu’un moyen d’échapper à la réalité, les jeux vidéos viendraient reproduire des sentiments, des émotions, des états d’âme qu’on ressent dans la vraie vie, avance Aubrey Anable, auteure de Playing with Feelings. Mieux, les jeux vidéos sont en voie de devenir la forme d’expression artistique la plus importante du XXIe siècle. Un art à part entière, au même titre que la peinture, le cinéma ou la littérature le furent à d’autres époques.

Candy Crush Saga, ce jeu populaire qui consiste à ordonner des bonbons colorés, serait donc une forme… d’art ?

Pas nécessairement, reconnaît Aubrey Anable. N’empêche que ce jeu, auquel elle s’adonnait pour tuer le temps dans l’autobus, a été le point de départ de ses recherches. « Je voyais tout le monde jouer à ces jeux-là. Mais peu de gens s’intéressaient au véritable rôle qu’ils jouaient dans nos vies. On avait tendance à les écarter rapidement. Un chroniqueur du New York Times les qualifiait de «blank spaces». Des espaces vides. Je n’étais pas d’accord. »

En étudiant ces jeux « occasionnels » comme Saga Crash, Plants vs Zombie ou Diner’s Dash, elle a découvert un parallèle étonnant avec la vie quotidienne. Le but est toujours le même : remettre de l’ordre dans le chaos. Dans Candy Crush, ce sont des bonbons qu’il faut remettre en ordre. Dans Diner’s Dash, il faut gérer un restaurant bondé de monde. Dans tous ces jeux, le joueur n’a pas sitôt réussi à ramener l’ordre que le chaos renaît, sans cesse grandissant.

Comme dans la vraie vie, quoi. L’ordre règne quand on se lève. Puis le petit refuse de s’habiller. Le boss nous attend avec une urgence imprévue. Faut aller porter le char au garage. Passer chercher du lait. Aller chercher le petit malade à la garderie. Entre deux affaires à régler, on joue à un jeu vidéo qui nous propose, lui aussi, de ramener de l’ordre dans le chaos. 

Aubrey Anable y voit une sorte d’humour pervers, une critique sociale de nos vies passées à courir comme des fous sans jamais en voir la fin. Malgré tout, un jeu comme Candy Crush demeure un refuge contre les tracas du quotidien. « C’est que le jeu nous donne des objectifs simples à atteindre et on est récompensés immédiatement pour nos efforts. Alors que dans la vraie vie, les objectifs à atteindre sont compliqués, et la gratification, pas immédiate. »

Alors que les jeux vidéos sont souvent dévalorisés et considérés comme une perte de temps, Aubrey Anable les voit devenir un art à part entière, avec ses propres codes et modes d’expression. « C’est une forme d’expression qui se différencie du film et du roman qui deviendra de plus en plus importante au cours des prochaines années », prédit-elle. Le cinéma aussi, à son époque, a mis du temps à acquérir ses lettres de noblesse. « On disait que les films, ce n’était pas de l’art, parce que ça servait à faire de l’argent. Plus personne ne sert ce genre d’argument aujourd’hui. Tout le monde admet que le cinéma est une forme d’art. C’est aussi vrai pour les jeux vidéos. Il y a des créateurs de jeux indépendants à Montréal, Ottawa et ailleurs, qui utilisent les jeux vidéos comme moyen d’expression. À Ottawa, une artiste se sert du vieux jeu Space Invaders pour faire une critique de la colonisation des peuples autochtones. »

La morale de cette histoire ? La prochaine fois que vous jouerez à Candy Crush, faites-le sans arrière-pensée. « Il n’y a pas de raison de se sentir coupable ! », assure Aubrey Anable.

Patrick Duquette

Une approche clémente du pot

CHRONIQUE / J’ai l’impression que le débat sur la marijuana va se polariser de plus en plus à mesure qu’on s’approche de la date d’entrée en vigueur de la légalisation au Canada.

Voilà déjà que le maire de Saint-Jérôme s’énerve et souhaite interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics.

S’il n’en tenait qu’à lui, on irait plus loin que les interdictions en vigueur pour le tabac.

On n’aurait pas le droit de fumer du pot dans les festivals, pas le droit d’en fumer dans la rue. Tout ça sous prétexte que l’on connaît mal les effets de la fumée secondaire de la marijuana.

« Autoriser immédiatement le cannabis dans les espaces publics, ce serait une erreur majeure », insiste le maire Stéphane Maher.

Alors qu’on s’approche de la date fatidique, il va s’en trouver beaucoup pour « redémoniser » le pot, me faisait remarquer Yves Séguin, directeur du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de Gatineau.

Des gens vont insister sur les préjugés et les craintes liés à la drogue. Au point de faire oublier les raisons qui ont mené à la légalisation du pot. Notamment que la prohibition, en plus d’être inefficace, cause beaucoup de dommages.

Après tout, les gens qui consomment aujourd’hui du pot de manière responsable, sans en abuser, doivent se cacher pour s’approvisionner au marché noir. Et ils ne sont jamais sûrs de la qualité et de la composition du produit qu’ils achètent.

Quant à ceux dont la consommation est problématique, ils se retrouvent avec des casiers judiciaires. Alors qu’au fond, ils ont souvent davantage besoin d’aide que d’un séjour en prison.

Rappelez-vous ce juge de la Cour du Québec, à Gatineau, qui s’était fait solidement taper sur les doigts, en 2015, après avoir dénoncé sur le banc les lois « désuètes et ridicules » sur la marijuana au Canada. Ce jour-là, ces lois l’obligeaient à condamner un homme malade pour possession illégale d’une certaine quantité de marijuana.

« On est dans une société où on accuse les gens de possession et consommation de marijuana alors que plus de la moitié de la population en a déjà consommé », s’était emporté le juge Pierre Chevalier.

« Ce sont des lois qui sont désuètes et ridicules, avait-il ajouté. On est en présence de lois où il faudrait que plus de la moitié de la population ait un dossier criminel au Canada… Alors je pense qu’il est temps qu’on regarde de façon beaucoup plus clémente les choses qui se passent. »

C’est en plein ce qu’on est sur le point de faire aujourd’hui : regarder de façon plus clémente ce qui se passe. Trop vite au goût de certains, mais ça, c’est une autre histoire !

J’en entendais s’inquiéter de l’exemple qu’on donnera aux enfants avec la légalisation de la marijuana. Pauvres petits, qui verront des adultes s’allumer des pétards en toute impunité dans l’espace public.

Mais en quoi ce sera différent de la bière ou du vin ?

Quand on s’ouvre une petite frette devant les enfants, par une belle soirée de canicule, on a le choix. On peut montrer à nos enfants l’exemple d’un adulte qui boit comme un trou. Ou on peut leur enseigner que la modération a bien meilleur goût.

Quant à la marijuana dans les festivals, il y a moyen de prévoir des espaces où la fumée secondaire n’incommodera pas les non-fumeurs.

À partir du moment où, comme société, on décide de légaliser le pot, allons-y.

Si toutes les villes se mettent à interdire par la porte d’en arrière ce qu’on s’apprête à autoriser par la porte d’en avant, on n’en sortira pas.

Si mes enfants sont pour consommer de la marijuana un jour, ce n’est pas leur vieux père qui les en empêchera. J’aime autant qu’ils s’approvisionnent de manière légale, avec un produit supervisé, et dans un environnement où ils ne seront pas obligés de se cacher s’ils ont besoin de soutien.

Patrick Duquette

Madame, pouvez-vous répéter ?

CHRONIQUE / Vous savez, quand on dit que les petits gestes font une grande différence ?

J’étais dans une classe spécialisée de l’école primaire Saint-Jean-Bosco mardi matin.

Une classe d’enfants sourds et aveugles. Six sourds, dont deux avec une vue diminuée. Des enfants intelligents. Mais ils ne pourraient suivre le rythme en classe régulière où leurs appareils auditifs sont inefficaces. Alors qu’ici, avec une enseignante et une technicienne en éducation spécialisée, ils évitent de prendre trop de retard.

Patrick Duquette

Triste et immense solitude

CHRONIQUE / Chaque fois que je parcours la liste des corps non réclamés au bureau du coroner, je la lis et la relis en secouant la tête. Je trouve cela d’une tristesse infinie.

On y retrouve plus de 300 défunts, venant de partout au Québec, de tous les âges. Des gens pour la plupart morts dans l’anonymat et l’indifférence générale. En filigrane, on devine une immense solitude.

Une douzaine de dépouilles proviennent de l’Outaouais : Lucile Dubé de la rue Bourque à Gatineau, Luc Poirier de la rue John, Gilles Bertrand de la rue Morin, François Martineau du boulevard Sacré-Cœur…

Je repasse la liste, et je m’imagine parfois reconnaître le nom d’un ex-voisin, d’un ancien collègue ou d’un camarade de classe perdu de vue.

Un petit coup d’œil sur la date de naissance dissipe vite l’illusion. Non, ce vieux pote d’université n’aurait pas 80 ans aujourd’hui…

On soupçonne qu’il y a dans cette liste les damnés de la terre. Des cas d’itinérance et de maladie mentale. Des gens que, même de leur vivant, on feint ne pas voir quand il nous quête de l’argent au coin de la rue.

Bien souvent, ils sont morts oubliés de tous dans un hôpital ou un CHSLD — des établissements qui ne disposent pas d’un grand nombre de salles réfrigérées. Au bout d’un moment, si personne ne réclame le corps, l’hôpital appelle un salon funéraire : « Dites, vous pouvez venir le prendre celui-là ? On n’a plus de place… »

Personne dans l’industrie funéraire ne se précipite pour cueillir les corps non réclamés. C’est loin d’être une industrie lucrative. Le ministère de la Sécurité publique rembourse un montant de 600 $ pour disposer d’un corps.

C’est bien peu quand tu calcules le coût du transport, les frais pour préparer le corps à l’incinération, le coût du contenant où on place le corps, les salaires des employés, l’urne pour les cendres, l’espace dans le columbarium…

N’empêche que lorsqu’un hôpital appelle la Coopérative funéraire de l’Outaouais (CFO) celle-ci ne refuse jamais de disposer d’un corps non réclamé. « On ne dit jamais non. On ne veut pas laisser les gens mal pris. On voit ça comme un service public, un service humain », explique Nadine Filiatreault, thanatologue à la CFO. 

De son côté, Entraide-Deuil Outaouais a payé les frais d’incinération de 21 défunts non réclamés depuis dix ans. La tendance est à la hausse, la moitié des cas étant survenus ces deux dernières années. 

« Ce que ça dit sur notre société ? Que des gens n’ont vraiment pas de filet social et que personne ne s’en soucie. C’est tragique », note André Raymond directeur général d’Entraide-Deuil Outaouais.

Pour chaque corps non réclamé, l’organisme de charité reçoit un remboursement de 2500 $ du régime des rentes du Québec — à condition que le défunt ait contribué au moins à cette hauteur durant sa vie. Ce n’est pas le cas de tout le monde, notamment des itinérants.

C’est souvent par ignorance que des gens hésitent à se manifester après le décès d’un membre de leur famille. Les proches ont peur de devoir payer les frais funéraires. Ils craignent aussi de se retrouver responsables d’une succession criblée de dettes. « Alors que ce sont deux choses différentes », précise M. Raymond.

Le nombre de corps non réclamés au bureau du coroner ne cesse d’augmenter depuis 2007 au Québec. De 45 corps il y a 10 ans, on est passé à 89 en 2016. 

Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? À défaut d’une étude sur la question, peut-être faut-il faire un lien avec l’éclatement de la famille traditionnelle.

Le nombre de personnes vivant seules n’a jamais été si élevé au Canada. Vingt-huit pour cent des ménages canadiens étaient composés d’une seule personne en 2016, selon le dernier recensement. Au Québec, cette proportion atteignait 33 %.

Solitude, quand tu nous tiens…

Patrick Duquette

Youpi, j’ai un médecin de famille

CHRONIQUE / Vous ai-je dit que j’ai un médecin de famille ? Non ? Et bien, j’ai un médecin de famille. Pour la première fois depuis mon arrivée en Outaouais, il y a 20 ans.

J’ai même eu mon rendez-vous de prise en charge. C’était à la nouvelle superclinique MédiGo à Gatineau. La  salle d’attente était à moitié pleine. Moi, je n’ai pas attendu, pas une minute, tralalilalère. Parce que j’avais un rendez-vous.

Une infirmière a pris la mesure de ma pression, de mon poids, de ma grandeur. Puis elle m’a envoyé voir un docteur souriant qui semblait n’attendre que moi dans son grand bureau neuf et lumineux. Il m’a posé des questions. Vous fumez ? Non. Drogue ? Non. Alcool ? Si peu. Vous dormez bien ? Oui. Sport ? Tous les jours. Vous mangez vos 5 portions de fruits et légumes par jour ? Euh… ça compte-tu, le jus d’orange ? Non ? Alors non, les fruits et légumes, pas toujours.

De mon côté, j’avais une question, une seule, à lui poser.

« Dites-moi, docteur… Vous êtes bien gentil de vous intéresser à ma santé comme ça. C’est important, la prévention. Mais je me demandais… le jour où je tombe malade, je pourrai vous voir ? Je veux dire: aussi rapidement qu’aujourd’hui ? J’aurai un rendez-vous la journée même ? Ou, au pire, le lendemain ? »

Je ne me rappelle plus de la réponse exacte de mon nouveau médecin de famille. Je me souviens surtout que ce n’était pas le oui clair et net que j’espérais.

Alors voilà, je lisais cette semaine que je n’étais pas le seul à avoir obtenu dernièrement un médecin de famille en Outaouais. 

Les listes d’attente se vident à toute vitesse. Depuis le début de novembre, plus de 9400 personnes se sont vues attribuer un médecin de famille, rapportait Radio-Canada. À lui seul, un groupe de médecine familiale d’Aylmer a pris 850 nouveaux patients.

Vous savez pourquoi ça bouge aussi vite? Parce que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a menacé de pénaliser les omnipraticiens si 85 % des Québécois n’avaient pas un médecin de famille d’ici la fin de l’année. Alors les listes se vident, mon vieux. Et vite.

Pour accélérer les choses, on a même permis aux médecins de prendre de nouveaux patients sans l’obligation préalable du rendez-vous de prise en charge. Il peut maintenant être remis, parfois jusqu’à trois ans plus tard.

J’imagine les libéraux et le ministre Barrette se frotter les mains de contentement. Les élections provinciales arrivent l’automne prochain. Regardez-les bien se vanter d’avoir vidé les listes d’attente. 

Regardez-les dire que tout le monde, ou presque, a maintenant un médecin de famille.

Mais est-ce vraiment ce qui se passe ?

Quand on regarde le portrait d’ensemble, on a moins l’impression que ce sont des patients qui se trouvent des médecins de famille… que des médecins qui se trouvent des patients pour satisfaire les diktats du ministre Barrette.

C’est bien beau de rattacher administrativement tous les Québécois, ou presque, à un médecin de famille. 

Mais dans les faits, les temps d’attentes aux urgences ne s’amélioreront pas du jour au lendemain. Les infirmières ne seront pas moins épuisées pour autant. Et il n’y a pas tellement plus de médecins qu’avant.

Est-ce que le fait de nous avoir tous attitré un médecin de famille nous donnera, comme par magie, un meilleur accès aux soins de santé ? C’est la grande question. 

Et de ce côté, la preuve reste à faire.