Le vétéran Julien Tessier a permis à son cousin Jordan de vivre une journée dans l’environnement des Foreurs de Val-d’Or. Avec la collaboration de l’entraîneur Pascal Rhéaume, le jeune garçon a même eu le privilège de participer à un entraînement sur glace.

Ne plus jamais rien tenir pour acquis

CHRONIQUE / Si le hockey junior est une école de vie, il y a des diplômes qui sont plus impressionnants que d’autres. Et ils ne sont pas nécessairement uniquement reliés à ce qui se passe sur la glace.

Le parcours de l’ex-Estacades Julien Tessier est fascinant. Voilà un jeune homme qui était étiqueté super espoir dans le midget AAA. Choix de première ronde par les Sea Dogs. Ces gars-là ont de grandes attentes pour la suite, c’est normal!

Tessier a toutefois été ramené rapidement sur terre. Après une première saison timide à 16 ans, il s’est entraîné comme un déchaîné l’été suivant pour provoquer son éclosion à sa deuxième campagne. Après un fort camp, tout a basculé. Le jeune homme natif de Saint-Marc-les-Carrières s’est mis à endurer de terribles crampes à l’estomac. Il ne pouvait plus manger, ni même boire sans que son système ne le rejette.

Les Sea Dogs l’ont renvoyé à la maison. Il a passé un mois à l’hôpital, où le verdict est tombé: c’était la maladie de Crohn, provoquant l’inflammation chronique du système digestif, qui le terrassait.

Détour par le junior AAA

Tessier a mis du temps à se remettre sur pied. Entre le moment du verdict médical et le commencement de ses crises, il avait perdu 35 livres. Les Sea Dogs ont abandonné, ils l’ont refilé aux Saguenéens. Ce fut le point de départ d’une tournée de l’Est du Canada: cinq équipes en quatre ans, dont un détour par le junior AAA à Terrebonne où il a retrouvé sa confiance sous les ordres de ce bon vieux Robert Dubuc, à 18 ans.

Depuis, Tessier flirte avec le rythme d’un point par match. Mais surtout, il savoure chaque instant. Son dernier port d’attache dans la LHJMQ devrait être Val-d’Or, et ça lui plaît. «Ça va bien. Depuis mes 17 ans, je n’ai pas eu une autre crise. La médication est bien adaptée. Tout est sous contrôle», sourit le vétéran de 20 ans.

À son âge, les joueurs espèrent tous se retrouver dans un club de tête pour obtenir une dernière chance de soulever le gros trophée… et se faire épier plus étroitement par les recruteurs. Tessier, lui, assure qu’il se plaît dans une équipe en reconstruction. «J’ai un gros rôle, j’apprécie ça. On me demande d’être un leader, c’est parfait, en plus de jouer de grosses minutes. J’espère avoir une chance chez les pros ou encore poursuivre dans les rangs universitaires et je crois que je suis dans une bonne situation pour me faire valoir. Et puis l’équipe va bien depuis un bout de temps, on gagne notre part de matchs. Je suis fier de faire ma part là-dedans.»

Après avoir fait face à autant d’adversité à l’adolescence, Tessier sent qu’il est privilégié porter un maillot de la ligue junior la plus prestigieuse au monde. C’est pour ça qu’il a fait une petite demande spéciale à son entraîneur la semaine dernière. L’idée, c’était de permettre à son cousin Jordan, 10 ans, de vivre une journée dans l’environnement de l’équipe. Pascal Rhéaume a non seulement accepté, mais il l’a fait pratiquer avec ses Foreurs avant le match face aux Remparts de Québec vendredi dernier! «Jordan m’a dit que c’était la plus belle journée de sa vie! Je pense qu’il va s’en souvenir longtemps», sourit Tessier. «Je me remets dans ses bottines, moi aussi j’aurais été impressionné. À l’époque, j’allais voir jouer les Cataractes et les Remparts et je rêvais de prendre leur place. Là on parle de mon cousin, mais c’est vrai pour tous les jeunes que l’on côtoie. Quand on prend le temps de leur remettre une rondelle, ou même simplement de les saluer, tu vois des étoiles dans leurs yeux.»

Tessier raconte tout ça avec une maturité étonnante. Son parcours des dernières années peut se comparer à des montagnes russes, mais il lui a refilé cette maturité au passage. «C’est sûr que j’ai plus d’outils qu’il y a quelques années. Peu importe ce qui va se passer dans le futur, ça ne peut que m’aider», conclut-il.

La boîte repas chanceuse!

Le hockey est un univers de superstitions. Petites et grandes. Par exemple, je connais des directeurs généraux qui conservent certains complets pour les matchs importants! Et des entraîneurs qui changent la route de l’autobus quand ça fait quelques matchs qu’ils n’ont pas gagné dans un aréna quelconque!

Il y en a une  du genre qui est en train de se développer chez les Cataractes. Depuis le début de la saison, lors des matchs locaux, Marie-Hélène Séguin a pris l’habitude de venir porter une boîte repas des Rôtisseries Fusée sur la galerie de presse aux entraîneurs Steve Mongrain et Elliot Mondou. 

Le débat est encore entier si ce sont les mains de l’employée des Cataractes, ou encore le combo ailes de poulet et poulet pop corn qui relève de la magie mais toujours est-il que l’équipe a amassé 11 points sur une possibilité de 12 quand ça se produit. Lors des deux matchs où le rituel n’a pas été appliqué, les Cataractes ont perdu. 

Tout ça n’a pas échappé aux hommes de hockey de l’équipe, qui s’assurent maintenant que le rituel soit respecté. Faudra peut-être maintenant songer à amener la dame sur la route!!