Chronique

«Te souviens-tu de Deux jaunes?»

CHRONIQUE / Ils s’étaient donné rendez-vous à Sainte-Foy, dans un restaurant grec qui est grec comme un restaurant chinois est chinois.

Certains ne s’étaient pas revus depuis 50 ans.

Lorsque René Frigon a donné un coup de fil à son ami Louis-Georges, il n’a pas dit : «Allô, c’est René», il a dit : «Allô, c’est Ti-Pit.» Et Louis-Georges l’a replacé tout de suite. «Si t’avais dit René, je n’aurais pas su c’était qui.»

Louis-Georges, c’était La vesse.

Ou Vesseux.

En fait, le vrai surnom de René est plus long, c’est Ti-Pit raccourci. «On est 10 chez nous et tout le monde a un surnom. Je suis le dernier, je suis né six ans après mon frère qui s’appelait Ti-Pit. J’étais plus petit... Faque ils m’ont appelé Ti-Pit raccourci.» Ses amis ont laissé tomber le raccourci.

Ils ont grandi ensemble à Saint-Prosper-de-Champlain, dans le comté des Chenaux, en Mauricie.

René a eu l’idée de réunir ses vieux chums pour ses 70 ans, une façon comme une autre de voir le chemin parcouru depuis. Pour la première fois, ils se sont retrouvés ensemble comme au temps où ils étaient enfants et ados, à se remémorer les coups pendables qu’ils ont faits.

Et les coups du curé Chicoine.

Ils étaient six autour de la table à se remémorer l’époque où Saint-Prosper portait mieux son nom, il y avait de l’action sur la rue principale et des commerces aussi. J’avais l’impression en les écoutant d’être dans la toune des Colocs, sauf qu’il n’y a pas de centre d’achats à Saint-Prosper.

La population est passée de 1250 à 500.

Ils se sont rappelé les commerces qu’il y avait, le cordonnier, les stations-service, les magasins généraux, la quincaillerie, le barbier, la mercerie. Et des restaurants. Le père de Louis-Georges fabriquait les cercueils. «Il les entreposait dans le garage. J’allais là en tremblant...»

Ils se sont rappelé la liberté, surtout, des ti-culs qu’ils étaient, avec les champs comme terrains de jeu, les rivières comme piscines.

Je garde aussi le souvenir d’une petite forêt derrière chez moi à Val-Bélair, où on allait s’inventer des histoires et chasser les couleuvres. On sous-estime l’importance des terrains vagues dans le développement des enfants.

Ils n’étaient pas très vieux quand ils sont partis de Saint-Prosper, 14 ou 15 ans. «Soit tu devenais agriculteur, sois tu levais le fly

Ils ont tous levé le fly.

Ils ont fait leur vie chacun de leur côté, René a fondé il y a 20 ans une des premières maisons pour les itinérantes à Québec, Louis-Georges Desaulniers a choisi l’enseignement en psychothérapie, Normand Beaulieu est allé en musique. «Tu ne le sais pas, mais je suis en musique à cause de toi, a lancé Normand à Louis-Georges. T’avais un tourne-disque, ta sœur mettait un disque de guitare...»

Normand a joué de la guitare, aussi de la basse. Il passait ses journées à pratiquer. «C’est la musique qui m’a fait sortir de Saint-Prosper, raconte Normand. Aux yeux du curé, j’étais dans les scraps du village.» Il a bien tourné, finalement. 

Il y a des gars dont ils avaient perdu la trace, ils se rappelaient de leurs surnoms. «Te souviens-tu de Deux jaunes?» J’ai demandé pourquoi Deux jaunes? «Il nous parlait toujours de ses poules quand elles pondaient des œufs à deux jaunes...»

Tout simple.

J’étais fascinée à les écouter parler d’un temps qui semblait si lointain et pourtant pas tant que ça. Ils ont parlé d’une finale de hockey qu’ils ont dû aller jouer à Grand-Mère. «On n’avait plus de glace...» Fondue. Normand, un jour, s’était sauvé de chez le curé pour ne pas manger une volée.

«Je suis arrivé à la maison, j’ai mangé une volée de mon père...»

Au fil des années, certains d’entre eux se sont croisés à Saint-Prosper, au tournoi de balles ou à la cabane à sucre, Louis-Georges y va chaque année, «c’est une tradition». Le plus drôle, c’est que Michel y est chaque printemps aussi, il chauffe le poêle en arrière, il donne un coup de main à la cuisine. 

Il n’a jamais vu Louis-Georges.

C’était aussi l’époque où ça buvait au volant, Normand se rappelait une fois où ils l’ont échappé belle. «On a fait un accident, le char était scrap... Ça fait qu’on est allés prendre une bière au bar à côté! Et après ça, on est revenus après pour voir l’état de la caisse de bières dans le coffre...» Les policiers étaient là, ils les avaient cherchés partout.

Il y a des choses qui, heureusement, ont changé.

Chaque fois qu’ils retournent à Saint-Prosper, ils sont tristes de voir la rue principale déserte, rien à voir avec le village qu’ils ont connu. Avec la vie qu’ils ont eue. C’est l’histoire de leur village, c’est l’histoire de bien des villages.

Et c’est aussi la trace que laisse notre enfance.

Quelle qu’elle soit.

Chroniques

Six ans et des poussières

Six ans. C’est à quelques jours près le temps qui s’est écoulé depuis ce matin d’octobre 2012, quand Véronique Lalande s’est levée un matin avec l’étrange impression d’avoir été téléportée sur Mars.

Quartier où j’habite.

Depuis deux ans qu’elle y avait emménagé, elle avait déjà remarqué que c’était plus poussiéreux qu’ailleurs, même que Montréal où elle a habité, mais elle s’y était habituée. On s’habitue à tout.

Mais ce matin-là, elle a eu comme un électrochoc — elle l’a raconté mille fois —, et elle a décidé de chercher d’où venait cette poussière. Elle a trouvé. Et elle pensait naïvement que la compagnie Arrimage Québec et le Port de Québec, ou au moins le ministère de l’Environnement, allaient prendre les moyens pour que ça ne se produise plus. Pour arrêter de polluer l’air de la ville.

Mais non.

Six ans plus tard, la voilà au palais de justice de retour devant le juge Pierre Ouellet, à plaider sa cause pour un recours collectif visant à indemniser des centaines de citoyens. La compagnie et le Port ont nié l’évidence tant qu’ils ont pu pendant cinq ans, ils ont dû finir par admettre en mars qu’ils étaient responsables.

L’audience ne sert qu’à déterminer l’indemnisation qui sera versée aux gens.

On prévoit 18 jours de procès.

Imaginez, 18 jours de procès, 18 jours de salaire du juge, en plus des avocats. Le Port aurait déjà déboursé près de 3 millions $ pour se défendre.

J’y suis allée jeudi, c’est la première fois que Véronique, et son chum Louis, racontaient eux-mêmes ce qu’ils ont vécu. Véronique l’a souvent raconté dans les médias, on l’a raconté pour eux dans les autres étapes du procès, mais c’était la première fois qu’ils étaient debout devant le juge.

Pour raconter quoi?

Comment ils ont nettoyé leur maison.

Depuis le début des audiences lundi, 21 personnes étaient passées pour expliquer la même chose, comment ils avaient dû épousseter, récurer, nettoyer à grande eau. En utilisant différentes procédures juridiques, les avocats de la défense sont parvenus à réduire le débat sur la pollution d’un quartier au temps consacré à nettoyer la galerie et les bords de fenêtres.

Pas un mot sur la santé des gens.

Ni sur les parcs.

C’est ainsi que jeudi, on a visionné une vidéo d’une vingtaine de secondes nous montrant Louis à quatre pattes sur sa galerie en train de la nettoyer, suivie d’une photo où on voit une partie lavée et une partie qui n’est pas lavée.

Louis a fait du beau travail.
On nous a montré des photos de l’arrière de la maison, Louis expliquant l’heure à laquelle elles avaient été prises à partir de l’ombre de la corde à linge. Le diable étant dans les détails, il sait bien que la défense y cherchera une réplique, une faille pour discréditer son témoignage.

On s’est même penché sur le «dégoulinage» les jours de pluie, sur la nature des éponges utilisées, sur le pouche-pouche.

La semaine prochaine, la défense entend faire entendre des témoins qui viendront dire qu’il ne faut pas virer fou avec ça, que tout le monde lave sa galerie de toute façon, et que la poussière est allée moins loin que ce que soutient le recours collectif. Le pdg du Port, Mario Girard, viendra même témoigner.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé de tuer l’histoire dans l’œuf.

Au lendemain de la pluie de poussière rouge, Véronique a appelé la compagnie Arrimage pour porter plainte, un représentant de l’entreprise, Paul Dumont, a pris rendez-vous pour le vendredi, il s’est présenté avec un spécialiste en nettoyage pour constater les dégâts. La compagnie embauchée par Arrimage, Entretien ménager et d’édifices Capitale, est celle qu’emploie le Port pour nettoyer ses édifices.

Louis leur a montré l’extérieur, les murs et les toits rougis.

Véronique leur a fait le tour de l’intérieur, il y avait de la poussière rouge jusque par terre, autour des calorifères, le minerai était entré par les fenêtres ouvertes. Elle leur a répété que le problème ne se limitait pas à leur maison, mais à tout un quartier, au parc où va jouer leur petit Léo.

Une semaine après cette visite, M. Dumont s’est présenté un soir chez Véronique sans s’annoncer — Louis était à l’extérieur pour son travail —, il lui a remis une enveloppe en lui disant quelque chose comme : «Voici ce que nous vous donnons pour le trouble que nous vous avons causé. Le dossier est clos.»

À l’intérieur de l’enveloppe, un chèque tout nu de 600 $, même pas une lettre pour l’accompagner, même si Véronique lui avait dit de ne pas arriver avec un chèque tout nu. Au verso, il était écrit que ça compensait tous les inconvénients.

Véronique et Louis n’ont jamais encaissé le chèque.

Six ans plus tard, nous voilà encore au même point, à évaluer les conséquences des opérations d’Arrimage et du Port, qui veulent nous faire croire que ça se limite à deux ou trois rouleaux d’essuie-tout.

C’est beaucoup plus que ça, et ils le savent trop bien.

Chronique

La file à tous les jours...

CHRONIQUE / On a parlé de trois files d’attente mercredi, devant le 670, Bouvier, du 2491, chemin Sainte-Foy et du 95, route du Président-Kennedy.

Et pourtant, il y avait d’autres files.

Devant les soupes populaires.

Hier n’était pas seulement la journée officielle de légalisation du cannabis au Canada, c’était aussi la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Et pendant que des centaines de personnes attendaient en ligne sous la pluie pour s’acheter de la poffe, d’autres le faisaient pour manger.

Comme tous les jours.

Avant-hier, après-demain, ils feront encore la file pour avoir un repas chaud, un café, un sourire. C’est aussi important que le reste, il faut aussi réchauffer le cœur. Le nourrir aussi, comme le corps.

Au Québec en 2017, un million de repas ont été servis.

À Lauberivière, des hommes et des femmes attendent en ligne à partir de 16h pour souper, au moins 200 repas complets sont servis quotidiennement, pour 75 ¢. Presque 150 000 repas servis pour l’année entière, 365 jours par année. Ils ont peut-être déjeuné et dîné au Café rencontre du centre-ville, pour 50 ¢.

Du lundi au vendredi.

La fin de semaine, il faut aller faire la file ailleurs. Il y a la Maison Revivre pour les hommes, rue Saint-Vallier.

Il y a les banques alimentaires aussi, qui sont de plus en plus populaires à Québec. Selon les chiffres de Moisson Québec pour 2016, plus de 16 000 personnes ont eu besoin de ce service pour remplir leur frigo, le tiers ayant moins de 18 ans. Et la moitié des organismes qui leur viennent en aide ont manqué de denrées.

On préfère parler des ruptures de stock du Delahaze et du Tangerine Dream sur le site de la Société québécoise du cannabis.

L’an dernier, un lecteur m’a écrit pour me raconter ce qu’il avait vécu, le jour où il s’est résigné à aller dans une banque alimentaire. 

Dans Vanier.

«Je vois que certaines personnes ont un numéro dans leur main. Où s’informer? Il paraît qu’un homme va nous en distribuer. Je suis très nerveux et déjà en nage de sueur. J’ai enfin mon numéro, le 126! Hum! Vais-je attendre bien longtemps? Un homme sort et crie : “Un à 25 contre le mur, vous allez entrer bientôt!” De l’autre bord de la rue, des gens sont sur la pelouse à l’ombre. Je les imite ne pouvant plus supporter le soleil qui me plombe le crâne. Je finis par entendre une liste avec mon numéro. 

«Soulagé, je m’avance.

«Je pénètre dans un bureau où l’on me remet le “un dollar” requis depuis le premier novembre 2016. Par une porte, je me retrouve dans une salle dont bon nombre de denrées non périssables sont agglutinées contre les murs avec soit des matelas ou des planches comme pour les protéger. 

«On crie mon numéro.

«Je m’introduis dans un petit couloir. Nous sommes cordés comme dans un abattoir pendant qu’un homme passe avec un aérosol anti-pu. Oui, ça sent fort. [...] Comme c’est ma première fois, je demande les indications à suivre. On me conduit devant une table remplie d’emballages couverts de givre impossible à identifier. J’ai droit à un choix et c’est la même procédure pour les autres tables. Ça sent le vieux locker.

«Je me retrouve finalement à l’air libre avec un bien petit butin. 

«De retour à la maison, je fais le tri. La plupart des légumes étaient flétris, voire pourris. Beaucoup de produits périmés qui avaient été congelés pour préservation, peut-être. Pour résumer, je me suis retrouvé avec bien peu pour l’effort que j’ai usé.

«Est-ce normal de servir de genre de nourriture? Je sentais définitivement de la misère et du désespoir entre ces murs...»

On parle ici de gens qui ont faim.

Pas juste les munchies.

Chronique

Autour d’une chapelière

CHRONIQUE / Il y a plus de 20 ans, Mireille Racine a organisé une exposition sur le monde de la chapellerie de Québec, elle a glané quelques informations sur la douzaine de chapelières de la ville. Toutes sauf une.

«Je n’avais rien trouvé sur Laurette Dulac.» 

Même pas un chapeau.

Elle avait inscrit son nom dans la liste de ces femmes qui «chapeautaient»  à une époque où le couvre-chef était une convention sociale. Certaines portaient le nom de leur époux, comme Éliane Cloutier qui signait ses chapeaux «madame Léopold Cloutier». Cette époque des femmes effacées.

D’où la difficulté, pour Mireille, de les retracer.

Laurette Dulac n’avait pas pris le nom de son mari, mais elle avait «usurpé» une autre identité.

Le père Noël.

Je vous ai raconté en juillet l’histoire du petit Jean-Louis Blouin, 10 ans, qui était tombé en décembre 1942 sur une page du Soleil où on invitait les enfants à envoyer une lettre au père Noël. Jean-Louis lui a écrit pour lui demander des cadeaux. Et pour savoir pourquoi il n’allait pas chez les pauvres.

Le père Noël a répondu.

Avec la lettre, une boîte remplie de bonbons.

Le généreux père Noël, c’était Laurette Dulac, dont le père, Edmond, travaillait comme traducteur au Soleil. On suppose qu’il a remis la lettre de Jean-Louis à sa fille. Laurette a pris sa famille sous son aile pendant plus de 10 ans, sa mère et ses neuf frères et sœurs. Elle a fini par dévoiler sa véritable identité.

La fille de Jean-Louis a gardé les lettres.

Lorsque Mireille a lu l’histoire, elle était à son bureau. «J’ai tourné la tête et j’ai vu le nom de Laurette Dulac sur un panneau qui faisait partie d’une exposition que j’ai réalisée sur la chapellerie à Québec. [...] Je m’amuse à croire qu’elle m’inspire de l’au-delà lointain ou de mon mur si près...» 

Mireille est chapelière.

Comme Laurette.

Enfant, Mireille portait des chapeaux pour le plaisir, chapeaux que sa mère faisait. Elle aimait la couture, a étudié en histoire de l’art. Elle a suivi un cours sur la mode, a été attirée par les outils de la chapellerie. «Je cherchais des chapelières plus âgées pour parler du métier. J’ai trouvé Émérentienne Dubé, je l’ai rencontrée, elle était devenue fonctionnaire au gouvernement. Elle ne voulait pas être payée, je lui donnais en échange des confitures, des cadeaux.» 

C’est ainsi que Mireille a appris les rudiments du métier de chapelière, qu’elle enseigne aujourd’hui à la Maison des métiers d’art. À son tour de transmettre cet art et cette tradition dont elle est l’héritière.

Une tradition qui tient à un fil.

Elle m’a invitée dans son univers, dans sa maison où elle continue à jouer avec les chapeaux, avec la matière. Elle ne fait plus de prêt-à-porter, le chapeau est devenu un objet de créativité. Elle en a «un millier», tous des témoins d’une autre époque. «Le chapeau est près de la personne, il y a un lien. Des fois, quand j’en reçois un, je sens encore son parfum. Qu’est-ce qui fait que cette personne a conservé son chapeau toute sa vie? Il y a une histoire dans chaque chapeau, comme un mystère.» 

Enfoui dans «le silence du chapeau» .

Elle aime marier les histoires aussi. Elle m’a montré un de ses projets, des phrases imprimées sur des tranches de moules ajustables, pratiques pour faire plusieurs grandeurs de chapeaux à partir d’un seul moule. Les phrases qu’elle a imprimées sont celles écrites par son père, dans le journal qu’il tenait chaque jour.

Janvier «1941. Congé fête du Roi. Sors avec Yvette. Froid. Premier essai de blackout, 10h à 10h25 PM.»  C’était la guerre, en cas d’attaque.

Mois d’août «1943. J’ai veillé chez Yvette. Roosevelt arrive à Québec pour rencontrer Churchill.» 

Il a marié Yvette.

C’est aussi pendant la guerre que Laurette Dulac est devenue le père Noël des Blouin de Saint-Louis-de-Blandford. Elle l’a fait comme elle a mené sa vie, discrètement. Et des années plus tard, grâce à la fille de Jean-Louis, des gens qui l’ont connue l’ont rappelée à leur mémoire.

De ceux-là, Adrienne Tremblay m’a écrit pour me parler de sa tante Laurette, qu’elle appelait Colette, qui «a appris son métier d’une Française, Madame Nicoulau — dont elle a racheté le commerce sur la rue Saint-Jean, non loin de la côte du Palais, dans les années 1948-1950» .

Elle m’a envoyé une photo.

Je l’ai fait parvenir à Mireille, elle était contente de mettre un visage sur ce nom dont elle avait tant cherché l’histoire.

Même si elle voit bien que la casquette a depuis longtemps détrôné le haut-de-forme, la chapelière ne baisse pas les bras. «Je trouve qu’on revient à une époque où on se questionne sur l’origine des choses. Il y a une sensibilité à ce qui est local, à l’importance de faire de bons produits qui vont durer longtemps. Il y a un espoir.»