Philippe Couillard et Justin Trudeau, lors de la visite de ce dernier au Saguenay, la semaine dernière

Mes clins d’œil de la semaine

«Merci, Philippe»

J’ai été un peu surpris en entendant Justin Trudeau dire «merci, Philippe», à la fin de l’allocution du premier ministre du Québec lundi, devant les travailleurs de l’aluminium. La personnalité de M. Couillard ne se prête pas facilement au tutoiement. Les deux hommes seraient-ils au «tu et à toi?» ais-je demandé à Québec et à Ottawa. «Ben oui», m’a-t-on répondu. On m’a toutefois dit que même si les deux hommes s’entendent très bien, leurs relations ne sont pas comparables avec celles de Philippe Couillard avec Kathleen Wynne, la première ministre de l’Ontario. «Avec elle le pudding a vraiment pogné», m’a-t-on expliqué.

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Tabarnouche

Philippe Couillard s’est dit «fier en tabarnouche» le 28 septembre, lorsqu’il est allé donner son appui aux travailleurs de la CSeries de Bombardier. Jean-François Lisée avait causé la même surprise en mai 2016, quand il a promis de former «un ostie de bon gouvernement». Dans un cas comme dans l’autre, c’était un effort conscient de parler au vrai monde, mais les deux n’ont pas récidivé. Parce que pour parler au vrai monde, il ne faut pas jouer la comédie, surtout quand on n’est pas comédien. Philippe Couillard a compris. Il n’a pas tenté de parler «peuple» devant les travailleurs de l’aluminium de sa région, même s’il en est fier en tab…

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Les écrits restent

Est-ce une réaction à l’abus des messages de 140 caractères des Donald Trump de ce monde sur Twitter? Nos politiciens québécois prennent la plume depuis quelques semaines pour s’expliquer ou se critiquer. Sébastien Proulx l’a fait mardi pour dénoncer le virage de la CAQ sur les transports en commun dans la capitale, ce qui a amené Éric Caire à lui répondre de la même manière. Philippe Couillard a écrit à Jean-François Lisée, mardi, lui reprochant d’avoir tourné le dos aux travailleurs de l’aérospatiale. Lisée a fait de même récemment pour accuser François Legault  d’avoir «lâché de façon scandaleuse» les employés de Bombardier à La Pocatière. Même Martine Ouellet y est allée d’un texte en fin de semaine dernière, pour rappeler qu’elle n’est pas «devenue chef du Bloc québécois pour améliorer le Canada, mais bien pour préparer l’indépendance». 

Vous savez quoi?  J’aime ça.

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Le gentleman…

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, est un gentleman qui refuse généralement de se prêter au salissage dont raffolent certains politiciens bagarreurs. Mais c’est en vain que la CAQ a fait appel aux qualités du ministre pour obtenir des excuses parce qu’il avait accusé le parti de pratiquer le nationalisme ethnique. Le gouvernement a même délégué David Heurtel pour répondre aux questions sur le sujet, sous prétexte qu’il est responsable de l’immigration. Dans les faits, les libéraux ont jugé que Leitão a raison, et que la CAQ doit s’assumer.

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…et le bagarreur!

Parlant des bagarreurs, le péquiste Alain Therrien ne donne jamais sa place. Il a accusé le gouvernement d’avoir acheté le départ de l’ancien député caquiste Christian Dubé, en le nommant à la Caisse de dépôt avec un salaire de 1 million $. «Il est passé de la CAQ au Parti libéral pour un million de dollars. C’est ce que ça vous a coûté» a lancé Therrien.  S’il avait tenu ses propos à l’extérieur du Salon bleu, Therrien aurait couru le risque d’une poursuite de la part de Dubé. On comprend qu’il s’en soit abstenu, mais son accusation n’a pas fait honneur à la profession.

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À suivre cette semaine

La politique ontarienne bouge à la vitesse de l’éclair. Après la démission du chef conservateur Patrick Brown et la victoire au leadership de Doug Ford, voilà que la première ministre Kathleen Wynne proroge la législature et annonce un Discours du trône pour demain, à deux mois et demi des élections provinciales. C’est du jamais vu! Gardez l’œil ouvert de ce côté, parce que ça va devenir aussi passionnant que la politique américaine depuis Trump.