Patrick Duquette
La police a dû recourir à la force, samedi, pour maîtriser un homme refusant de porter le couvre-visage obligatoire dans un Tim Hortons de Montréal.
La police a dû recourir à la force, samedi, pour maîtriser un homme refusant de porter le couvre-visage obligatoire dans un Tim Hortons de Montréal.

Maudit masque

CHRONIQUE / Mais oui, j’ai vu cette vidéo qui a fait le tour des médias sociaux…

La police a dû recourir à la force, samedi, pour maîtriser un homme refusant de porter le couvre-visage obligatoire dans un Tim Hortons de Montréal.

C’est sa copine qui filme. On l’entend, en voix hors champ, s’indigner de l’arrestation: «Vous ne trouvez pas ça exagéré? Pour un masque? Réveillez-vous, les gens! Où est-ce qu’on s’en va? Pour un câl… de masque!»

Bien oui, madame. On est rendu là.

Il y a une pandémie en cours, au cas où vous ne l’auriez pas remarquée, qui a déjà fait plus de 600 000 morts dans le monde. Et le compteur continue de tourner. Alors qu’aucun vaccin n’est disponible pour enrayer la marche inexorable du virus.

D’après ce que j’ai pu en juger sur la vidéo, l’intervention des policiers a été tout à fait correcte. Plusieurs avertissements pour commencer. Et devant le refus obstiné d’obtempérer, allez, hop, on sort le client récalcitrant. Qu’est-ce que les policiers pouvaient faire d’autre?

La loi, c’est la loi.

Et dans ce cas-ci, l’obligation de porter le masque dans les lieux publics fermés est largement comprise et acceptée par une majorité de la population. Cette bataille-là, cette bataille de l’adhésion au port du masque, est déjà gagnée au Québec et en Ontario. Personne n’a envie de revivre le cauchemar d’un confinement total comme au printemps dernier.

Et ces manifestations libertaires ici et là, en Beauce ou sur la colline du Parlement, n’y changeront rien.

Oui, on est rendu là.

À porter des masques. Des câl… de masques, comme disait la dame.

Parce que là-dessus, je suis bien d’accord. Qu’est-ce que je déteste porter un masque!

Pour aucune raison valable, d’ailleurs.

Ma réticence n’a rien à voir avec la protection des libertés individuelles. Ou avec la peur de mourir asphyxié par mon propre CO2 sous un malheureux bout de tissu.

Simplement, c’est contre ma nature de me couvrir le nez.

C’est si beau, un nez.

Le masque ne fait pas partie de notre culture. J’ai grandi dans une société où, pour des raisons autres que la santé publique, on faisait jusqu’à tout récemment une promotion assidue des services reçus à visages découverts. J’imagine que ça laisse des traces dans l’inconscient collectif!

Maintenant, s’il y a une bataille loin d’être gagnée, c’est sur la manière appropriée de porter un masque de protection. Les gens le portent de toutes les manières, et pas toujours de la façon la plus correcte qui soit…

À l’épicerie, chez Canadian Tire, j’en vois qui se le baissent sous le menton pour avaler un morceau. Ou qui se l’accrochent à une oreille pour fumer une cigarette. À la SAQ, j’ai même vu un monsieur se l’enrouler autour du biceps…

Autant de comportements proscrits par l’Organisation mondiale de la Santé qui prône une manipulation précautionneuse du masque afin d’éviter l’autocontamination.

Je m’étonne de l’absence d’une campagne de sensibilisation pour éduquer la population. Il ne faut pas se contenter de dire aux gens: portez le masque. Il faut aussi répondre à leurs très nombreuses questions sur la manière de le porter, de s’en procurer à coût raisonnable, de les nettoyer, d’en disposer, etc.

Au début de la pandémie, on a lancé des campagnes très efficaces sur le lavage des mains. Vous vous souvenez? Il fallait frotter pendant au moins 20 secondes, le temps de chanter deux fois bonne fête. Pourquoi ne pas faire de même avec le masque?