Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
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Aller se perdre pour mieux se retrouver

Vu d'même

Aller se perdre pour mieux se retrouver

CHRONIQUE / Ce n’est pas un secret pour personne, 2020 est ce qu’on appelle en latin un annus horribilis. Une année à oublier. Une année à chier.

Personnellement, je ne suis pas à plaindre et je ne veux pas me plaindre.

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Les habits de l’empereur 2.0

Vu d'même

Les habits de l’empereur 2.0

CHRONIQUE / Un sondage américain nous apprenait cette semaine que près du quart des jeunes adultes de 18 à 39 ans croient que l’Holocauste est un mythe ou que son ampleur réelle a été exagérée; les deux tiers ignorent que ce génocide a fait plus de six millions de victimes et un répondant sur dix croit que les Juifs sont responsables de ce qui est encore considéré aujourd’hui comme le plus grand crime contre l’humanité.

Pire, un répondant sur huit n’avait jamais entendu parler de la solution finale des nazis. De. sa. sainte. vie.

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Les pommes et les oranges

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Les pommes et les oranges

CHRONIQUE / Suis-je journaliste? Suis-je chroniqueuse? En fait, je porte les deux chapeaux. À la fois un privilège et une rareté dans mon domaine. De quoi contribuer au mélange des genres journalistiques qui lui, alimente une certaine confusion, voire une mécompréhension, du rôle des médias.

En semaine, vous avez l’occasion de lire les offrandes que je signe à titre de journaliste, c’est-à-dire la forme la plus noble de mon métier. Je vous informe en rapportant des faits et le point de vue de différents intervenants concernés ou connaisseurs de la situation dont il est question.

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Un karaoké qui fait déchanter

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Un karaoké qui fait déchanter

CHRONIQUE / La COVID-19, c’est comme une infiltration d’eau. Aussi petite la fissure soit-elle, c’est suffisant pour qu’elle s’y fraie un passage et cause des dégâts si on n’intervient pas à temps. Et si la brèche n’est pas colmatée rapidement, soyez certains qu’elle y repassera aussitôt que l’occasion se présentera.

C’est sournois comme ça, de l’eau. Et la COVID aussi. Dans cette optique, c’est un pas pire dégât d’eau qu’ils ont en ce moment, à Québec.

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Toute la richesse du monde

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Toute la richesse du monde

CHRONIQUE / Ainsi, le propriétaire et fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, est devenu le premier humain à avoir une valeur de 200 milliards de dollars américains.

Et c’est sans compter qu’il a laissé une partie de sa fortune à son ex-femme dans leur divorce, soit la mirobolante somme de 38 milliards de dollars.

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L’art de ne pas se prendre au sérieux

Vu d'même

L’art de ne pas se prendre au sérieux

CHRONIQUE / Ce que j’aime le plus de vieillir, c’est le lest dont on se défait en arrêtant de s’en faire pour des broutilles.

Il y a tellement de choses qui me préoccupaient pendant ma vingtaine, et qui, désormais bien assise dans la trentaine, me semblent désormais insignifiantes...

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Canne de bines et journalisme

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Canne de bines et journalisme

CHRONIQUE / « Marie-Ève, ton lead, c’est tellement de la marde qu’on n’a même pas le goût de lire le reste de ton article ! » Je me souviendrai toujours de cette phrase, balancée par mon prof de journalisme Jean-Claude Picard, après avoir rédigé mon tout premier reportage.

En journalisme, le lead, c’est le premier paragraphe du texte. C’est celui qui doit résumer l’essence de la nouvelle — le qui-quoi-quand-pourquoi-où-comment — et qui doit aussi donner envie au lecteur de s’aventurer jusqu’à la toute fin du texte.

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Je dépense, donc je suis

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Je dépense, donc je suis

CHRONIQUE / Je crois bien avoir appris quelque chose pendant mes vacances. Pour faire changement...

Ça a tout bien l’air qu’être riche nous immuniserait contre le coronavirus. Du moins, c’est ce que semblent croire plusieurs personnes rencontrées et qui, visiblement, ont laissé leur pouvoir de dépenser prendre le dessus sur le gros bon sens.

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Libêêêêêêêrté !

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Libêêêêêêêrté !

CHRONIQUE / «On devrait interdire le port du burkini et la pratique de l’islam au Québec afin de protéger nos libertés», écrivait un internaute en réponse à un tweet de Michelle Blanc, qui s’insurgeait de voir que les locataires du chalet voisin au sien étaient des femmes en burkini qui profitaient de la fraîcheur de l’eau de «son» lac.

Ironique quand même de proposer de brimer la liberté des autres au nom des siennes, ai-je pensé en lisant ces quelques mots noyés à travers une série de réponses où tout un chacun invectivait ceux qui ne partageaient pas le même avis.

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Crache le «cash»

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Crache le «cash»

CHRONIQUE / Être chauvin est de bon goût par les temps qui courent. S’il existe un avantage de cette maudite pandémie, c’est qu’elle nous a permis, ce printemps, de découvrir ou de redécouvrir les artisans d’ici qui triment dur pour nous offrir une aussi grande variété de produits locaux et de trouvailles dont on a de quoi être fiers.

Et pas toujours pour plus cher que la compétition internationale.

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Ensemble

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Ensemble

CHRONIQUE / J’ai perdu un ami récemment. Cet ami de longue date — nous nous connaissions depuis une douzaine d’années — m’a reproché de ne pas avoir suffisamment pris de ses nouvelles pendant la pandémie.

Il ne m’a pas cru quand je lui ai dit que ce printemps a défilé à vitesse grand V de mon côté, avec le travail et tout le reste. Ce serait mentir que de dire que cette rupture s’est déroulée amicalement et qu’elle m’a laissée indifférente.

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Les voisins d’en face

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Les voisins d’en face

CHRONIQUE / On ne l’avait vu que quelques fois, furtivement, depuis les deux ans qu’on était installés dans notre maison. Le nombre de fois où on avait aperçu sa silhouette, grande et mince, mais voûtée, se comptait sur les doigts de la main.

Tout ce qu’on savait du voisin d’en face, c’est qu’il était assez âgé. Passé 80 ans. Il demeurait depuis des décennies dans cette maison avec son épouse.

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Rétroviseur antagonisant

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Rétroviseur antagonisant

CHRONIQUE / «Ils sont méchants.» Voilà le truc mnémonique utilisé par le professeur d’histoire au secondaire de mon chum pour aider les élèves à retenir que les Amérindiens de la famille des Iroquois étaient semi-sédentaires et adeptes d’un régime matriarcal.

Iroquois, sédentaires et matriarcat. ISM. « Ils sont méchants ».

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Feu la baleine-prophète

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Feu la baleine-prophète

CHRONIQUE / Ça commençait bien mal la journée, mardi. Une belle baleine à bosse a été aperçue dans le secteur de Varennes, fort mal en point, probablement morte.

Si ça avait été une baleine «ordinaire», la nouvelle aurait été tout de même triste, mais le contexte dans lequel s’est faite la découverte de la carcasse y ajoute un caractère encore plus dramatique.

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Tirer la plogue

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Tirer la plogue

CHRONIQUE / Maintenant qu’on est plusieurs à y avoir goûté, il pourrait être tentant de continuer à travailler de la maison, même après la pandémie.

Pour plusieurs qui ont l’espace et la technologie nécessaires pour faire leur travail sans en sacrifier la quantité ou la qualité, la mesure présente plusieurs avantages, dont l’économie du temps de transport et une conciliation travail-famille facilitée.

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Le royaume de Jasmine

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Le royaume de Jasmine

CHRONIQUE / Jasmine est une princesse de cinq ans et demi. Comme bien d’autres enfants de son âge, la fillette à l’air espiègle adore danser, chanter. Le royaume de Jasmine est empli de couleurs. Un véritable arc-en-ciel où toutes les teintes ont de quoi émerveiller.

Parfois, les seules couleurs que Jasmine voit, ce sont celles des vêtements des gens, elle qui adore déjà la mode. C’est d’ailleurs en faisant référence à la teinte de sa chemise que la fillette a identifié un homme sur une photo de groupe, un beau jour.

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La sainte qui n’en était pas une

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La sainte qui n’en était pas une

CHRONIQUE / Aux États-Unis, plus que n’importe où ailleurs dans le monde, incarner le rêve Américain, ou l’apparence de celui-ci, est synonyme de succès.

La beauté, la santé, la richesse, une famille unie et idéalement croyante: voilà l’image à projeter pour incarner la réussite chez nos voisins du Sud.

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Au ralenti

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Au ralenti

CHRONIQUE / On enchaîne tranquillement de petites victoires. Au fur et à mesure que le Québec — et le monde entier — se déconfine, nombreux sont ceux qui souhaitent retourner à leur vie d’avant.

Pourquoi devrait-on retourner en arrière? La pandémie est-elle condamnée à n’être qu’une parenthèse dans nos vies, qui aussitôt la maladie endiguée, reprendraient leur cours comme si de rien n’était?

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Quelle valeur, vos valeurs ?

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Quelle valeur, vos valeurs ?

CHRONIQUE / Alors que la semaine dernière j’invitais à une réflexion sur la valeur d’une vie humaine, voilà qu’on apprenait que la femme au cœur de la célèbre décision Wade c. Roe, ayant permis à la Cour suprême américaine de trancher en faveur du droit à l’avortement chez les femmes, avait été payée pour changer son fusil d’épaule durant les années 1990, un revers qui avait d’ailleurs causé la controverse chez nos voisins du Sud.

Norma McCorvey est décédée en 2017 à l’âge de 69 ans. Rebaptisée « Jane Roe » dans le cadre des longues procédures judiciaires ayant culminé en 1973 avec le célèbre jugement décrétant les lois anti-avortement anticonstitutionnelles, elle était devenue la figure de proue de la cause pro-choix aux États-Unis.

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Jouer dehors avec les dents-de-lion

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Jouer dehors avec les dents-de-lion

CHRONIQUE / En fin de semaine, c’était comme si tout ça n’était jamais arrivé. Le printemps était bien installé, avec son ensoleillement qui rend heureux et qui nous chauffe la couenne. C’était un long week-end de la Fête des Patriotes bien normal en apparence.

Comment ne pas s’être extasié de voir des familles envahissant les pistes cyclables, les jardiniers du dimanche à quatre pattes dans leurs plates-bandes, les enfants qui criaient de bonheur à jouer dehors?

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La bourse ou la vie

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La bourse ou la vie

CHRONIQUE / «Les morts, c’est parce qu’ils étaient dus. » J’ai été estomaquée de lire cette réponse d’un passant interrogé par mon collègue Pascal Faucher qui effectuait un sondage éclair sur la rue Principale à propos du port du masque. 

Le monsieur en question était contre, affirmant que d’éviter les foules lui suffisait comme protection contre le maudit coronavirus.

C’est d’autant plus ironique que l’auteur de cette citation est un octogénaire, ciblé par les autorités de la santé publique comme faisant partie du groupe démographique le plus à risque de vivre des complications ou de mourir s’il contracte la COVID-19.

« Dus » pour mourir. En quelque part, on est tous dus pour mourir, c’est la fin logique de la vie.

Mais on ne meurt pas tous comme on devrait, paisiblement. La COVID-19, c’est une faucheuse qui vole des vies qui n’auraient pas dû finir comme ça.

Est-ce que Laurence Ménard, cette travailleuse sociale de 33 ans et mère monoparentale était « due »? Ou cette jeune femme de 27 ans, devenue la plus jeune victime de la maladie au Québec? Est-ce que les préposés aux bénéficiaires qui sont morts en veillant sur leurs patients étaient « dus »? Est-ce que toutes les personnes âgées tuées par le virus étaient « dues »?

Permettez-moi d’en douter.

La loterie du sacrifice humain

Ça fait presque deux mois que nous sommes confinés et un peu plus que la pandémie affecte l’Amérique du Nord. Oui, c’est long. C’est normal de devenir impatient: nos vies sont en suspens et l’économie s’est effondrée...

L’économie. Le motif le plus souvent évoqué pour en appeler à un déconfinement un peu plus rapide.

Pour certaines personnes, un certain nombre de morts est acceptable si cela permet la reprise de l’économie et le retour à la normale pour la majorité.

Qui donc composera cette minorité de sacrifiés, cette chair à canon humaine devant l’ennemi invisible?

Le problème avec cette vision des choses, c’est que ni ceux qui la prônent, ni les autorités, ni le virus lui-même n’ont le loisir de choisir qui vivra et qui mourra au terme de ce sombre épisode de nos vies.

C’est un coup de dés. La loterie de la vie.

Et même si c’était possible de déterminer arbitrairement les éventuelles victimes de la COVID au nom de l’intérêt du plus grand nombre, qui devrait-on choisir? Pourquoi et comment?

Une tombola ou un tirage au sort? Les Bélier ascendant Capricorne qui ont les yeux bruns? Ceux qui n’aiment pas la soupe aux pois?

Est-ce qu’on sacrifie nos petits vieux, ceux qui ont bâti le Québec d’aujourd’hui, ou bien privilégierons-nous les taulards ou les assistés sociaux qui, selon plusieurs, ont une dette envers la société? 

Ou pourquoi pas les sans-abri, les immigrés clandestins ou les handicapés? Aux yeux de certains, on ferait d’une pierre deux coups...

C’est ce que certains disaient, d’ailleurs, dans l’Allemagne de la fin des années 1930...

Après avoir choisi nos sacrifices humains, qu’est-ce qu’on fait avec?

On les place tous dans un bunker en attendant qu’ils se contaminent tous les uns les autres et qu’ils meurent? On sort les corps, on désinfecte (quoi que...) et on recommence au besoin?

Tiens, ça me rappelle aussi l’Allemagne de l’entre-deux-guerres et ses tristement célèbres douches au Zyklon B...

Ma vie pour la tienne

Tout ça ramène à une question existentielle et essentielle : quelle est la valeur d’une vie et comment peut-on déterminer qu’une vie vaut plus qu’une autre? Quel est le seuil où cette valeur est suffisamment basse pour valoir un sacrifice au nom du bien commun?

Une vidéo d’abord réalisée pour une campagne de sécurité routière a été modifiée par un internaute afin de l’adapter au coronavirus.

On y voit un homme mentionner qu’il est prêt à ce qu’entre 70 et 700 personnes meurent si cela permet à l’économie de reprendre. On lui a ensuite demandé s’il pensait toujours la même chose si la totalité des membres de sa famille faisait partie des victimes, au même moment où les proches de l’homme arrivaient vers lui.

En larmes, il s’est ravisé. C’est un peu ça, le coeur du problème.

C’est facile de ne pas s’émouvoir du sort des autres quand on n’est pas personnellement touché. C’est autre chose de défendre un tel point de vue quand nos proches pourraient disparaître.

Si l’octogénaire avait perdu un membre de sa famille à cause du coronavirus, dirait-il encore que celui-ci était « dû »?

Mon petit doigt me dit que ce serait plutôt une injustice.

La souffrance d’autrui, même d’un inconnu, ne suffit-elle pas à vous émouvoir assez pour changer d’idée?

Dans le contexte d’une pandémie, des morts étaient inévitables. Assurément pas toutes, mais certaines étaient inévitables. D’autres le seront aussi.

Aucun, mais absolument aucun, candidat ne fera toutefois l’unanimité pour la loterie du sacrifice humain qui, heureusement, est un concept encore absurde et impensable.

Sinon, cela voudrait dire que l’humanité aurait failli à sa mission et qu’elle aurait perdu toute son essence.

L’empressement de retrouver son petit confort au quotidien de même que ses habitudes vaut-il le sacrifice collectif de plusieurs centaines, voire des milliers, d’autres vies?

Poser la question c’est y répondre. Je pense qu’on peut prendre notre temps.

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Plein de bon sang

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Plein de bon sang

CHRONIQUE / «Lavez-vous les mains.» «Restez chez vous.» «Sauvez des vies.» Je veux bien, mais après deux mois complets, ça commence à être long.

J’avais besoin de faire quelque chose de proactif pour «m’ôter la lâcheté de sur le corps», comme aurait dit ma grand-mère. Je suis donc allée donner du sang, l’autre jour. Le processus a été d’une efficacité redoutable.

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Le corps d’Adele

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Le corps d’Adele

CHRONIQUE / J’espère que je ne vous apprends rien en vous rappelant que c’est la fête des Mères dimanche. Sinon, vous avez toute la journée pour rattraper le coup !

Même si les brunchs se savoureront à la maison, que des câlins se feront par visioconférence et que les fleurs se feront livrer en quantités incommensurables, souvenons-nous que l’amour, même s’il ne peut être témoigné par des gestes physiques en ces temps incertains, est aussi contagieux, sinon plus, que ce foutu coronavirus qui nous pourrit la vie.

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Les vies plutôt que les cennes

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Les vies plutôt que les cennes

CHRONIQUE / Je ne sais pas ce que ça prendra de plus pour que les choses bougent enfin.

La crise du coronavirus aura permis de mettre en lumière — une fois de plus, et je ne sais combien de fois de trop — la désorganisation des soins de longue durée pour nos aînés et le manque flagrant de ressources à la disposition des travailleurs de la santé.

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La démocratie confinée

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La démocratie confinée

CHRONIQUE / Quand on y pense, la démocratie est elle aussi confinée depuis quelques semaines. Pour un cas de force majeure que représente la pandémie, l’État s’est arrogé des droits et s’est permis de restreindre nos libertés individuelles sous prétexte de protéger le plus grand nombre de personnes possibles de la maladie.

Le confinement des individus, l’interdiction de déplacements d’une région à l’autre et la fermeture temporaire de milliers d’entreprises en sont les meilleurs exemples.

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Au-delà du chèque

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Au-delà du chèque

CHRONIQUE / Ça fait quelques semaines que je me mords le dedans des joues. Que je serre les poings et les dents. Que je me dis que ça ne vaut pas la peine d’alimenter ce débat-là, que les gens qui l’ont lancé ont une idée toute faite sans réaliser à quel point certains stéréotypes sont profondément ancrés dans leur esprit. Mais aujourd’hui, c’est assez.

Ce qui n’était qu’un bruit de fond il y a quelque temps est en train de devenir un véritable tintamarre dans certains cercles virtuels où j’ai des contacts.

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Chercher les coupables

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Chercher les coupables

CHRONIQUE / C’est typique de la nature humaine : notre premier réflexe est d’abord de trouver une cause extérieure aux malheurs qui nous accablent. Quand il nous arrive quelque chose de négatif, on ressent un profond sentiment d’injustice. Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? En réaction, on cherche presque toujours un coupable.

On cherche LE facteur externe en cause qui expliquerait miraculeusement ce qui se passe, comme s’il existait une seule réponse à un problème souvent des millions de fois plus complexe.

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Mes nouveaux amis

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Mes nouveaux amis

CHRONIQUE / Après plus de quatre ou cinq semaines à être confiné chez soi, selon les cas, la solitude commence à peser. «C’est loooooooooong!,» me diraient mes tantes Martel, une expression galvaudée avec humour dans notre famille depuis des générations.

Cet isolement est même contre nature, considérant que l’être humain est un animal grégaire, qui a besoin des siens.