L’Organisation mondiale de la santé estime que la méfiance envers les vaccins est l’une des 10 principales menaces sanitaires à combattre cette année, car elle risque de remettre en cause certains des progrès obtenus dans la lutte contre des maladies à prévention vaccinale.

Ça sert à quoi, un vaccin, déjà?

Si vous avez le moindrement suivi un peu l’actualité dans les dernières semaines, vous avez certainement entendu parler de ces éclosions de rougeole dans différentes villes du monde. Dans la foulée, il a aussi été grandement question de la montée de groupes antivaccins, qu’on a montrés du doigt abondamment. Dans les deux cas, le ton était la plupart du temps alarmiste, les deux étant considérés comme des menaces potentielles.

Si la situation mérite d’être surveillée et contrôlée, on aurait intérêt à prendre du recul et à la considérer plus globalement. C’est l’avis de Laurence Monnais, une historienne qui s’est intéressée à l’histoire de la rougeole.

« On a la fâcheuse tendance à ne pas regarder les choses à long terme », déplore celle qui est également professeure titulaire au département d’histoire de l’Université de Montréal et chercheuse à l’Institut de recherche en santé publique au même établissement universitaire. « La rougeole n’a jamais complètement été éliminée. Avant le début de la vaccination, en 1975, il y avait des éclosions tous les ans, entre décembre et mai. Après, ça a rapidement diminué, mais on note une recrudescence des cas tous les quatre ans environ, à intensité variable. Parfois, on compte le nombre de personnes contaminées sur les doigts d’une main, d’autres fois elles sont plusieurs centaines. »

En faisant quelques recherches, on s’aperçoit d’ailleurs qu’en 2015, 725 personnes dans la région de Québec avaient contracté la rougeole, qu’en 2011 elles étaient 159 dans Lanaudière a avoir été infectées et qu’en 2007, 94 cas avaient été recensés en Montérégie et en Estrie, selon l’Agence de la santé publique du Canada.

La dernière grosse vague de contamination au Québec remonte toutefois à 1989, alors que plus de 10 000 personnes avaient été diagnostiquées et 7 en étaient décédées.

« Ce qu’il faut retenir, c’est que globalement, le nombre de cas continue d’être en chute libre, mais avec des pics de recrudescence », souligne Mme Monnais.

Victime de son succès

Beaucoup de bruit pour rien, donc ? Pas nécessairement. « La rougeole est probablement la maladie la plus contagieuse au monde, rappelle l’historienne. Ça prend un taux de vaccination de 97 % pour éviter des éclosions. »

Or, en 2017, ce sont 90 % des enfants de 2 ans qui avaient été vaccinés contre la rougeole, selon l’Enquête sur la couverture vaccinale nationale des enfants de Santé Canada.

Il ne faut toutefois pas croire que tous ceux qui ne l’ont pas été ont des parents anti­vaccins. « Il y a des enfants qui ne peuvent le recevoir parce qu’ils sont allergiques, ou encore immunodéficients », indique la chercheuse.

« Les antivaccins ne représentent qu’environ 2 % de la population, ça demeure très marginal, reprend-elle. Mais comme ils font beaucoup de bruits, qu’ils sont très actifs, surtout sur les médias sociaux, ils laissent croire que le mouvement est plus important qu’il ne l’est en réalité. »

Impossible toutefois de savoir si leurs rangs se gonflent d’année en année. Mais chose certaine, ce noyau d’irréductibles ne changera probablement jamais son fusil d’épaule, donc il ne sert à rien de s’acharner à les sensibiliser, croit l’historienne. « Ceux avec lesquels il faut travailler, ce sont tous ces parents qui se questionnent, qui ont des doutes. » Pour ne pas qu’ils soient « contaminés », sans mauvais jeu de mots, par les antivaccins.

Comme bien d’autres, elle affirme que la vaccination est un peu victime de son succès. Les vaccins sont si efficaces qu’il devient difficile avec le temps de croire qu’ils sont nécessaires. « Avez-vous déjà vu un cas de rougeole ? Moi non plus », illustre-t-elle.

Le spécialiste de renommée internationale en vaccination, virologie et immunologie, Paul A. Offit, partage son opinion dans un reportage de Québec Science paru en 2015. « Dans les années 1920 et 1930, mes parents ont vu la diphtérie se transformer en tueuse d’enfants et la poliomyélite entraîner une paralysie permanente chez nombre de petits. [...] Aujourd’hui, beaucoup de gens n’ont plus peur de ces maladies. Mais c’est parce qu’ils ne les connaissent pas ! Ils n’ont jamais été témoins de leurs conséquences, grâce justement à la vaccination [...]. »

Responsabilité collective

À cela s’ajoute la tendance actuelle à la méfiance envers les sciences, les experts et les autorités, ainsi qu’une autre qui tend à individualiser tout ce qui a trait aux soins de santé plutôt que de les voir comme des responsabilités collectives. « Le vaccin ne protège pas que la personne qui le reçoit, il protège également ses proches, tous ceux qui la côtoient, et en fin de compte, toute la société au grand complet », tient à rappeler Mme Monnais.

Les vaccins sont parmi les produits médicaux les plus fiables, les plus rentables, en terme de coûts financiers comparativement aux bienfaits obtenus, et les plus efficaces. Chaque année, ils évitent, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), deux à trois millions de décès. Pourtant, l’OMS estime que la méfiance envers eux est l’une des 10 principales menaces sanitaires à combattre cette année, car elle risque de remettre en cause certains des progrès obtenus dans la lutte contre des maladies à prévention vaccinale.

Et à ce niveau, il y a un travail énorme à faire au niveau de l’éducation, est d’avis Laurence Monnais. « On l’a un peu prise pour acquis, sans jamais vraiment informer, éduquer. C’est quand la dernière fois que vous avez vu une campagne, autre que pour la grippe ? »

Il serait effectivement temps que les intervenants en santé s’y mettent avant que la situation ne dégénère. Cette semaine serait d’ailleurs une bonne occasion pour faire du bruit puisque c’est la dernière d’avril et que, comme chaque année, on souligne la Semaine nationale de promotion de la vaccination. Dans les circonstances, sauront-ils faire plus de bruit que les antivaccins ?

Actualités

Vacances obligatoires

CHRONIQUE/ Je vais être franche avec vous: cette chronique est la dernière que j’écris avant mon congé de maternité. Eh oui! Dans quelques semaines déjà — ou enfin, me dis-je par moments —, je tiendrai dans mes bras ce bébé-surprise qui m’a fait tant paniquer il y a quelques mois déjà.

J’étais certaine d’accoucher facilement de mon dernier texte, pour ne pas faire de jeux de mots. Mais à ma grande surprise, l’inspiration ne vient pas. Je suis à quelques heures de mon deadline, et mes doigts se font qu’aller sans direction précise sur mon clavier.

En famille

Nos enfants ne devraient pas être notre priorité

CHRONIQUE/ Saviez-vous que 45 % des enfants trouvent que leurs parents passent trop de temps sur leur téléphone, et que 27 % d’entre eux rêvent de pouvoir confisquer l’appareil à leurs parents pour avoir leur pleine attention à certains moments ?

C’est du moins ce qui ressort d’une étude de 2015 réalisée par AVG Technologies, qui a interviewé 6117 parents et leurs enfants âgés de 8 à 13 ans.

En famille

Des ballons en pleine face

CHRONIQUE / Une collègue de travail m’a fait suivre un article de Radio-Canada cette semaine. Le titre m’a aussitôt transportée 25 ans en arrière, dans le gymnase jaune de mon école primaire qui sentait bon les gens qui ont eu trop chaud.

«Quand ballon-chasseur rime avec intimidation.»

Actualités

Des princesses pas si inoffensives

Il y a environ un mois, ma grande de six ans est revenue de l’école avec deux beaux yeux au beurre noir. Elle avait pleuré, et son mascara avait coulé.

Bin oui, du mascara, toé chose ! À six ans. Pour aller à l’école. La p’tite vlimeuse avait, ce matin-là, subtilisé mon tube et s’était servie sans que mon chum s’en aperçoive — c’est lui qui s’occupe de la mettre dans l’autobus.

C’était la première fois qu’elle fouillait dans mes quelques cosmétiques, et je soupçonne son spectacle de ballet, quelques jours plus tôt, d’être derrière cette initiative. Même si à son âge elle ne connaît pas encore la différence entre un demi-plié et un chassé, il fallait absolument la grimer de fard à joues, d’ombre à paupières et de rouge à lèvres pour l’ultime prestation.

« Wow ! Je suis belle ! », s’était-elle exclamée en se regardant longuement dans le miroir ce jour-là.

« Tu es toujours belle, ma cocotte ! » que je lui avais répondu.

Et c’est ce que je lui ai répété quand j’ai vu son visage barbouillé ce mardi-là. « Je ne veux pas que tu touches à mon maquillage. Tu n’en as pas besoin », ai-je pris soin d’ajouter.

« Oui, mais je suis plus belle avec du maquillage. Je ressemble à une princesse », a-t-elle rétorqué avec une moue boudeuse.

Univers Disney et estime corporelle

Les princesses... Comme bien des petites filles, les miennes sont naturellement attirées vers cet univers qui provoque chez moi une réaction mitigée en encourageant les stéréotypes gros comme le bras. Sans les encourager à y entrer, je ne leur en bloque toutefois pas l’accès. L’interdit attire de toute façon, que je me dis.

Mais est-ce que ce monde de froufrous, de paillettes et de princes charmants serait encore plus insidieux qu’il n’y paraît ?

Tout dépendrait de l’estime corporelle qu’ont les petites filles à la base, selon une étude de l’Université Brigham Young, en Utah, parue dans la revue Child Development en 2016, rapportait le magazine L’Actualité cette même année.

La chercheuse en psychologie Sarah Coyne et ses collègues ont suivi près de 200 jeunes pendant un an afin de déterminer l’impact d’une forte consommation de princesses Disney sur leurs attitudes et comportements. « Les chercheurs n’ont pas constaté qu’un contact étroit avec les princesses avait nui à l’estime corporelle des petites filles lorsqu’ils les ont revues au bout d’un an. En revanche, les fillettes qui n’aimaient pas leur corps au départ avaient tendance, 12 mois plus tard, à fréquenter davantage cet univers — comme si elles cherchaient des modèles dans ces héroïnes gracieuses au physique idéalisé », est-il dit dans L’Actualité.

Il ne faut pas pour autant conclure qu’une exposition à l’univers Disney est sans danger. Les petites filles s’y identifient généralement entre trois et six ans, « précisément l’âge auquel les stéréotypes de genre se cristallisent », souligne la chercheuse. « C’est à cette période critique que les tout-petits commencent à se faire une idée de ce que ça veut dire d’être un garçon ou une fille dans leur société. » Bref, c’est à cet âge-clé que les petits construisent leur identité sexuée.

Ce qu’elle a observé, c’est que « plus les enfants consommaient de films et de jouets associés aux princesses Disney [...] plus ils étaient devenus, 12 mois plus tard, typiquement féminins dans leurs activités et leurs préférences ».

Perspectives restreintes

Bien entendu, il n’y a aucun mal à aimer les « affaires de filles ». Le danger se situe plutôt quand ces « affaires » viennent à faire croire aux petites filles « que leurs perspectives dans la vie sont limitées en raison d’idées préconçues sur le genre, ou si elles se privent de certaines activités essentielles », peut-on lire dans L’Actualité, qui cite en exemple le fait de ne pas jouer à certains jeux pour ne pas se salir, ou se restreindre dans ses mouvements pour préserver son apparence.

Une autre étude, plus récente celle-là, mentionne également que l’univers des princesses Disney incite les petites filles à être plus passives. « Une fois leurs déguisements revêtus, [elles] se sont concentrées sur leur apparence physique et ont passé leur temps à rechercher des habits et accessoires pour faire en sorte de ressembler à leurs personnages préférés. [...] En somme, ces enfants semblaient retenir de leurs dessins animés préférés que leur beauté est leur atout principal et que les biens matériels les rendent plus belles encore », rapportait Le Figaro en septembre dernier suite à la publication d’une étude dans la revue scientifique Sex Roles.

Les deux auteures derrière les recherches déconseillent toutefois aux parents et aux éducateurs d’éradiquer complètement [cet univers] du quotidien de leurs enfants. « En les interdisant, les parents écartent toute possibilité de discussions avec leurs enfants sur le sujet des messages stéréotypés présents dans les médias, et ne peuvent plus envisager de les faire raisonner dessus », disent-elles.

Avoir des ailes 

Les enfants ont cette capacité innée de s’aimer tels qu’ils sont. Peut-être avez-vous vu, comme moi, cette vidéo dans laquelle on demandait à des adultes et des tout-petits ce qu’ils changeraient de leur corps s’ils en avaient la possibilité.

Alors que la majorité des adultes pensaient immédiatement à corriger la partie qu’ils aimaient le moins, les enfants rêvaient plutôt à ce qu’ils pourraient améliorer. Certains voulaient des ailes pour voler, un autre des jambes de guépard pour courir plus vite, une petite fille voulait même se téléporter toute seule.

Ces idées fantaisistes rejoignent en quelque sorte, selon moi, ce pour quoi l’univers des princesses attire autant les jeunes filles. Elles les transportent dans l’imaginaire de tous les possibles.

Il n’y a aucun mal à fantasmer, si on ne prend pas nos rêves pour des réalités. Et il est là, le travail du parent. Doser, discuter, faire raisonner. Bref, éduquer, être présent. Comme pour à peu près tout, c’est la base quand on élève un enfant. Donner l’exemple, aussi. Beaucoup. Mais je suis persuadée que ne pas en faire tout un cas est aussi parfois très bénéfique.   

On n’a pas tant discuté de l’épisode maquillage, ma fille et moi. Je crois même qu’elle l’a oublié. Elle n’a plus retouché à mon mascara, et a repris sa vie d’enfant. Elle est prête pour la Journée sans maquillage, ce jeudi 6 juin. 

En famille

La pénalité de bonheur parental

CHRONIQUE/ Avec la visite de Madame Gastro cette semaine, je n’avais aucune misère à croire Meik Wiking, le président de l’Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague, qui rapporte dans Le livre du lykke, que les parents sont, selon plusieurs études, moins heureux que les non-parents et leur «Oh-je-ne-sais-vraiment-pas-quoi-faire-ce-week-end-à-part-aller-à-Starbucks-mater-toute-une-saison-de-Westworld-sortir-boire-un-verre-travailler-sur-mon-roman-me-détendre-et-peut-être-aller-au-sport».

Depuis la capitale du Danemark, pays qui trône année après année dans le top du palmarès du bonheur, M. Wiking s’intéresse à trouver ce qui rend les gens fondamentalement heureux.

Six variables entreraient en compte : le soutien social, l’argent, la santé, la liberté, la confiance et la bonté. Puisqu’il serait trop difficile de résumer quelque 300 pages en une seule chronique de quelques centaines de mots, je ne m’attarderai ici que sur un des aspects qui m’a fait le plus sourciller dans le lot : la pénalité de bonheur parental.

Parce qu’ils génèrent du stress, de la frustration et de l’inquiétude et qu’ils exigent de nombreux sacrifices, les enfants ont un impact négatif sur la satisfaction globale des parents, constate le chercheur.

Mais, nuance-t-il aussitôt, il ne s’agit là que d’une des trois dimensions du bonheur. «Il a été prouvé qu’en avoir (des enfants) a un effet positif sur une autre dimension du bonheur – la dimension eudémonique, qui s’intéresse au sens de la vie, à la raison d’être.»

Au quotidien, dans la routine, c’est juste parfois difficile de saisir toute la chance qu’on a d’être parents, surtout entre deux vomis à ramasser au beau milieu de la nuit ou après 72 heures passées sans dormir plus d’une heure d’affilée!

Les enfants auraient aussi un impact négatif plus important sur le bonheur des femmes que sur celui des hommes, car ce sont encore trop souvent elles qui portent la part la plus importante des responsabilités liées à leur éducation. Selon Luca Stanca, professeur et auteur de La géographie de la parentalité et du bien-être, rapporte M. Wiking, «la pénalité de bonheur est 65% plus élevée pour les femmes». Je trouve cela énorme! Et bien triste…

La liberté de temps

Pourtant, tous les parents ne sont pas malheureux. Et selon ce qu’a pu constater Meik Wiking dans ses recherches, le bonheur global des parents dépend énormément de l’endroit où on le mesure.

Des 22 pays de l’OCDE étudiés en 2016, les États-Unis se situaient au dernier rang au niveau de la satisfaction parentale avec un écart de 12 % en-dessous du bonheur des non-parents. Les pays scandinaves, à l’exception du Danemark, se retrouvent sans surprise dans le top 5 – là-bas, ce sont les parents qui sont plus heureux que les non-parents --, et c’est étonnamment le Portugal qui mène le bal.

Ce qui expliquerait ces différences pourrait se résumer en un mot : liberté.

Une équipe de chercheurs de l’Université du Texas a analysé l’écart de bonheur des parents au niveau de la liberté dont ils jouissaient dans chaque pays (service de garde abordable, congés payés pour enfant malade, autres outils pour concilier travail et famille, etc.) «Les résultats ont montré que l’écart de bonheur s’expliquait par les différences relatives à ces politiques familiales, explique M. Wiking dans son livre. Dans les pays qui proposent les meilleures protections, la pénalité de bonheur parental disparaît.»

Vous croyez qu’on fait bien au Canada? Pas tant que ça, selon l’Indicateur du mieux-vivre de l’OCDE. Le pays se situe au 21e rang sur 38 au niveau de l’équilibre vie professionnelle-vie privée, derrière des nations comme la Slovénie, l’Estonie, la Russie et même l’Italie et la France. Il y a encore place à l’amélioration.

Il faut dire que trois jours de congé maladie par an, ça fait un peu pitié comparé à l’enviable 60 jours «enfant malade» offert aux parents suédois jusqu’aux 12 ans de l’enfant! (Bon, on en demande peut-être pas tant, mais entre les deux, il y aurait sûrement moyen de trouver un juste milieu.)

Adopter des grands-parents

En attendant que les politiques changent – ce qui peut être très long --, on peut toujours tenter de changer les choses à plus petite échelle. Peut-être vous demandez-vous ce qui fait du Portugal le pays des parents les plus heureux, avec un indice de bonheur supérieur de 8% par rapport aux non-parents? Les grands-parents.

Ce serait dans ce petit coin du monde que ces derniers s’impliqueraient le plus dans la vie de tous les jours des familles. «Quand six adultes au lieu de deux participent activement et endossent la responsabilité d’accompagner les enfants à l’école, de superviser les devoirs, de préparer les repas, d’emmener les enfants au sport ou autres clubs et à prendre en charge d’autres tâches, les parents ont davantage de liberté et de temps libre – et, comme on le voit, un meilleur niveau de bonheur», indique Meik Wiking.

Malheureusement, on n’a pas tous la chance d’avoir des grands-parents portugais; les nôtres sont peut-être décédés, ou encore habitent-ils trop loin pour pouvoir nous donner un coup de main au quotidien.

Le Danemark a pourtant trouvé une solution que j’aime bien : plusieurs villes ont mis sur pied un «système de grands-parents de cœur», dans lequel des personnes âgées se proposent pour devenir grands-parents adoptifs d’une famille choisie. «Un autre avantage, c’est que cela réduit l’isolement des personnes âgées», souligne M. Wiking.

Pourquoi ne ferait-on pas la même chose? «Le bonheur est parfois caché dans l’inconnu», affirmait Victor Hugo.

En famille

Coupable!

CHRONIQUE/ Attablée récemment avec des amis pour le souper de fête d’une des petites, j’ai été confrontée dans mes convictions parentales.

Choquée, ce que j’ai trouvé de mieux à faire a été de m’éloigner de la scène qui venait heurter mes valeurs. « Cette maman est en train d’éduquer sa fille selon ce qu’elle croit être le mieux pour elle, à partir de ce qu’elle sait et de ce qu’on lui a appris », ai-je tenté de me convaincre.

Je tiens à préciser que la petite n’était aucunement en danger, rassurez-vous.

Ça nous arrive tous de ne pas être en accord avec la façon d’agir d’un parent envers son enfant. Mais même si, personnellement, on ferait autrement, on se retient d’intervenir. Et avec raison — à moins que la sécurité du jeune soit mise en danger, comme nous l’ont prouvé de récents événements.

Que sait-on réellement de la réalité de cette famille au quotidien ? De cet enfant ? De ce parent ? De la dynamique entre les deux ? Et, surtout, qui sommes-nous pour nous permettre de nous immiscer dans cette relation ? Le meilleur parent du monde ? Certainement pas. Celui qui sait tout ? Encore moins.

Certainement que ce soir-là, autour du gâteau d’anniversaire, certains parents présents n’étaient pas d’accord avec ma façon de faire avec mes filles, n’ai-je pu m’empêcher de penser. 

Vous êtes condamnés…

Puis, j’ai eu une pensée pour certains commentaires que j’ai vus circuler sur les réseaux sociaux à la suite du drame de la fillette de Granby. « Je n’intervenais pas, mais maintenant, je vais le faire », disaient-ils, en gros, à propos de comportements jugés inadéquats de la part de parents envers leurs enfants.

Si l’intention de base est bonne, je crains que ça ne dérape... 

Des gestes ou des mots un peu brusques, commis ou prononcés pour réprimander un enfant qui réclame du chocolat ou du temps supplémentaire dans les modules de jeux au parc à grands coups de crisettes, ce n’est pas de la maltraitance. C’est de l’éducation !

Entre la discipline positive et la violence, il y a toute une zone dans laquelle chacun peut choisir sa teinte de gris. Ce qui est inacceptable pour l’un peut l’être pour l’autre. « On oublie qu’il n’y a plus qu’une seule façon d’élever un enfant, sinon 1001, comparé à il y a quelques décennies à peine où la société était beaucoup plus homogène », me disait la psychologue Suzanne Vallières, il y a quelques semaines.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui « on ne se contente plus d’avoir une opinion. On juge et on condamne », exposait-elle également.

J’ose espérer que ces manifestations sur les réseaux sociaux ont été formulées sur le coup de l’émotion face à la tragédie qui a ébranlé la province entière. Et non qu’elles en seront les contrecoups. Car bientôt, on ne saura plus sur quel pied danser. C’est déjà assez difficile d’être parent en public et de faire face aux multiples jugements venant de tout un chacun. 

Être parent, c’est…

Oui, être parent, c’est aussi ça. C’est faire face, la tête haute, convaincu de sa façon d’agir (même si on ne l’est pas vraiment), aux conflits, aux manifestations de caractère, aux interrogations, aux peurs et aux humeurs de son enfant.

C’est douter, c’est se questionner. C’est essayer de comprendre, c’est faire semblant qu’on gère, malgré tout. C’est assumer dans l’incertitude et c’est faire de son mieux. C’est faire fi de tous les qu’en-dira-t-on. C’est poignant, un point c’est tout. Les non-­parents ne peuvent pas comprendre à quel point n’importe quel enjeu, quand l’émotion entre en jeu, peut se compliquer fois dix.  

Y a toujours quelqu’un, quelque part, qui va te juger, anyway. Peu importe ce que tu fais. Peu importe ta décision ou ta façon de faire, tu es coupable de quelque chose. Trop sévère, trop lousse ; pas assez présent, trop protecteur... Aux yeux des autres, tu feras rarement ce qu’il faut. C’est non seulement culpabilisant, c’est gênant.

Déjà qu’on craint de nuire au bon développement de son enfant, peu importe ce qu’on fait, comme si on pouvait « manquer notre coup », on a peur de dire qu’à certains moments, on ne sait pas. On ne sait pas quoi faire. On ne sait pas comment réagir. On ne sait même pas comment on se sent ou comment on devrait se sentir. Chaque enfant est différent, et il ne naît pas avec un manuel d’instruction.

Être parent s’apprend au jour le jour, toute la vie. À coups d’essais et d’erreurs. La majorité du temps, on fait ce qu’on peut. C’est dans ce rôle le plus difficile, bien souvent, qu’on apprend la vraie résilience, le lâcher-prise. Que ce soit avec les nôtres, ou avec ceux des autres.

En famille

Le plus beau des cadeaux

CHRONIQUE / « Tu seras mère ma fille. Tu enfanteras dans la douleur, et tu donneras de nombreux enfants à ton mari et à la patrie. Longtemps, être femme, c’était être mère. Et longtemps, le ventre des femmes fut une affaire d’hommes. »

Ces trois petites phrases percutantes servent d’introduction au documentaire Tu seras mère ma fille, écrit et réalisé par Camille Ménager et Bruno Joucla, et présenté sur les ondes de TV5 lundi dernier. Un long métrage de 90 minutes qui ratisse un siècle d’Histoire, de 1918 à 2018, du point de vue de la maternité.

L’avez-vous vu ? Moi oui. Bien que le long métrage soit essentiellement français, il est possible d’y faire des parallèles avec notre histoire québécoise. J’ai donc été tour à tour étonnée, insurgée, dérangée et, surtout, reconnaissante. Reconnaissante d’être aujourd’hui une des héritières de ces pionnières.

Avoir le choix, une chance 

Donner la vie aujourd’hui dans nos sociétés occidentales est une incroyable chance parce que c’est, dans la plupart des cas, un choix. Mais pour des millions de femmes, cela n’a pas été le cas pendant longtemps.

Si l’acte qui mène à une grossesse est une affaire des plus intimes et privées, les naissances ont longtemps été et sont encore, s’il en faut, une affaire publique, « qui pose la question récurrente de la place des femmes et des mères dans la société », y expose-t-on.

« L’histoire des mères est celle d’un combat qui revêt plusieurs formes, qui croise une histoire politique, médicale, sociétale et qui s’imbrique nécessairement dans l’histoire des femmes et de leur émancipation. »

De l’interdiction de l’usage de la contraception à l’avortement passible de la peine de mort, en passant par « le mal salutaire » qu’est la douleur de l’accouchement qu’on refuse de soulager, les pressions pour peupler et, surtout, les mentalités qui réduisaient le rôle des femmes dans la société à des mères pondeuses responsables du foyer, les combats menés pour plus de reconnaissance et de dignité ont été nombreux pour nos mères, grands-mères et arrières-grands-mères.

Mais s’il y a une chose qui m’a surprise plus que tout durant ce rendez-vous d’une heure et demie, c’est d’y apprendre que la fête des Mères tiendrait son origine dans un effort politique pour repeupler la France, affaiblie par deux guerres mondiales. Lancée sans grand succès en 1920, elle est devenue obligatoire en 1941. L’idée était de vouer un culte à la mère pour qu’elle se sente valorisée à l’idée d’avoir de nombreux enfants. Disons que ces supposées racines viennent un peu jouer les trouble-fêtes…

J’ignore si notre fête des Mères québécoise possède les mêmes raisons d’être. Quelques recherches sur Internet m’ont aussi appris que le Mother’s Day américain, instauré en 1907, serait à l’origine de cette journée spéciale. Mais les informations à ce sujet sont partagées.

Quoi qu’il en soit, on sait que l’initiative du Maréchal Pétain n’a pas eu les effets escomptés, et que ce n’est qu’en 1950, grâce à une nouvelle politique familiale incluant allocations familiales, sécurité sociale et assurance maternité que les femmes auront de nouveau envie de faire des enfants. D’où le fameux baby-boom.

Mais c’est surtout dans les décennies qui ont suivi que les progrès se sont faits à la vitesse grand V sur l’échelle de l’Histoire de l’humanité. La contraception a été autorisée, l’avortement a été légalisé. On a trouvé des moyens pour soulager les souffrances de la naissance, et mené une lutte pour l’égalité à l’emploi.

Un héritage précieux, mais fragile

Comme pour les vaccins, qui sont si efficaces qu’il est facile d’oublier pourquoi exactement on nous les administre systématiquement, il est facile aujourd’hui de minimiser l’impact des nombreux combats menés dans les dernières décennies par la gent féminine au niveau de la maternité. Notre confortable réalité actuelle nous semble acquise. Et pourtant… On nous a légué un héritage précieux, mais aussi fragile.

Je ne me décris pas comme fondamentalement féministe. De toute façon, les extrêmes me puent au nez. Mais je trouve qu’il est bon de se rappeler, de temps en temps, et d’autant plus en ce temps de fête des Mères, tout le chemin parcouru par nos ancêtres.

Si aujourd’hui une femme peut être mère, épouse, professionnelle, cadre, citoyenne, et surtout, être humain à part entière, c’est grâce à toutes les mamans, grands-mamans et arrières-grands-mamans qui nous ont précédées.

Alors à vous toutes, du fond du cœur, un énorme MERCI ! Vous nous avez fait le plus beau des cadeaux.

Actualités

Trop, c’est trop!

C’était lundi soir, après le souper. Mon chum et moi marchions derrière nos deux petites, qui chevauchaient leur vélo dans un bonheur insouciant. Il me parlait des nouveaux projets à son boulot, mais je dois admettre que j’avais la tête ailleurs. Je regardais nos filles, et je me disais qu’elles étaient quand même chanceuses. Quelques heures plus tôt, cette journée-là, on découvrait qu’une fillette de sept ans avait eu moins de chance à la loterie de la vie, et que, apprendrait-­on le lendemain, plus jamais, elle ne pourrait pédaler à toute allure, comme le faisaient ma six ans et ma trois ans, les yeux remplis de fierté.

Je ne reviendrai pas sur les détails de cette sordide histoire. De toute façon, c’est presque inutile: il n’a été question que de cela dans l’actualité de la dernière semaine.

Mais comme le Québec en entier, j’ai été profondément troublée par le sort réservé à cette enfant qui ne demandait qu’à être aimée. Et je le suis encore. Sidérée, dégoûtée, dévastée, enragée, name it ! Je crois qu’il n’y a pas de mots assez justes dans les circonstances.

Et au-delà de toute la gamme d’émotions que l’horreur suscite, plusieurs questions tournent en boucle dans ma tête.

Trop de questions sans réponse

Comme tout le monde, je me questionne à savoir comment un petit être aussi fragile a pu passer à travers toutes les mailles du système social qu’on s’est construit. Pourquoi personne n’a-t-il rien vu, ou plutôt rien fait ? De concret, je veux dire.

Je m’interroge à savoir comment un parent peut se rendre jusque-là ? Tous ceux qui ont des enfants savent à quel point ils peuvent parfois tester notre patience, nos limites, et notre niveau d’énergie. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu’on a tous, un jour ou l’autre, dû aller puiser au très profond de nous pour « se gérer » devant une crise de bacon, un comportement inadéquat ou quoi encore. Mais voilà, la grande majorité des adultes, dans la grosse majorité des circonstances, sont capables de prendre sur eux. Ce doit être l’amour inconditionnel qu’on leur porte qui prend le dessus.

Alors que se passe-t-il dans la tête d’une personne pour qu’elle perde le contrôle au point de faire autant de mal à son enfant ? Et encore là, un accès de colère peut à la limite être davantage compréhensible — bien qu’injustifiable­ — qu’une maltraitance qui perdure plusieurs années.

Je me demande aussi ce qui serait arrivé si ce voisin, qui prétend avoir entendu la petite cogner à sa porte à 2h du matin la nuit précédant le drame, était arrivé à temps pour lui ouvrir. Si les nombreux signalements avaient été écoutés. Si la DPJ était intervenue beaucoup plus tôt.

Mais avec des « si », on peut aller loin. Et le résultat est qu’aujourd’hui, une enfant de sept ans est morte après avoir enduré d’atroces souffrances pendant des années.

Le plus dérangeant

Depuis quelques jours, toutefois, ce qui me dérange le plus dans toute cette affaire, ce sont les nombreux détails du contexte familial dans lequel évoluait l’enfant qu’on nous dévoile au compte-goutte et qui rajoute chaque fois à l’horreur.

Je me questionne à savoir s’ils sont tous d’intérêt public, ou s’ils ne font qu’alimenter notre indignation collective. Jusqu’où est-il nécessaire d’aller pour témoigner des atrocités subies ? Où se situe la limite entre l’information nécessaire et celle qui satisfait la curiosité malsaine dans ce dossier ?

On sait tous que la fillette évoluait dans un milieu toxique. Est-il encore pertinent d’en rajouter ?

Et là, je ne parle pas uniquement des médias traditionnels. Je parle aussi de tout ce qui circule sur les réseaux sociaux. Malgré une ordonnance de non-publication de la cour, les noms de la victime et des présumés bourreaux ont abondamment circulé, tout comme des photos (de la petite sur son lit de mort, vraiment?!) et maintes informations sur tout le contexte familial difficile et l’arbre généalogique tordu. Honnêtement, je ne me rappelle pas d’un autre cas où la justice populaire a fait aussi grand bruit.

Pour ma part, j’ai pratiquement arrêté de m’informer sur le sujet. Ce n’est pas tant, je crois, une écœurantite aiguë, mais une saturation d’horreur de ce qu’est capable d’endurer mon cœur de maman, qui a affreusement mal depuis une semaine.

Je crois — et j’ose espérer — que suffisamment de choses ont été dites sur le sujet et qu’il est temps maintenant de passer à l’action pour qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais.

EN FAMILLE

1800$ aux vidanges

CHRONIQUE/ Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler une écolo-bio-vegan-zéro-déchet. Pas à l’extrême, du moins. Je dirais que je me situe dans la moyenne niveau conscientisation sociale. Je recycle, je privilégie les produits les plus naturels possible sans leur vouer un culte, j’achète très souvent seconde main et je prône le minimalisme — davantage pour réduire le bordel dans ma maison que pour des motivations anticapitalistes. Mais s’il y a une chose dont j’ai horreur, c’est le gaspillage.

Une psychanalyse pourrait sûrement arriver à la conclusion que ce « traumatisme » tire son origine de mon adolescence, période durant laquelle ma famille issue d’un milieu très modeste a traversé une dure épreuve qui l’a obligée à faire son épicerie dans les restes de ce que lesdites épiceries jetaient aux poubelles. Nourrir quatre ados, quand les deux parents ne travaillent pas, ça coûte cher !

Vous comprendrez qu’après avoir consommé pendant près de deux ans des légumes très moches ou du pain dont il fallait enlever les croûtes un peu trop moisies, une date de péremption est loin de me faire peur.

Comme jeter un aliment me brise autant le cœur que tuer un chaton à mains nues (j’exagère à peine), j’ai développé en cuisine de surprenantes compétences de gestion des stocks, de créativité et d’astuces économiques pour nourrir ma petite famille à moindre coût, même si mon budget aujourd’hui pourrait me permettre de me « lâcher lousse ». Pourquoi payer plus quand on peut faire avec moins ?

Ce n’est ni une corvée, ni un casse-tête, ni un sacrifice. Naturellement, mes réflexes sont devenus des habitudes. Quand je mentionne à certaines personnes le montant de ma facture d’épicerie hebdomadaire, je reçois immanquablement en pleine face des « mais comment tu fais ? ! »

Et moi, je ne peux m’empêcher de me dire : « Mais toi, comment tu fais pour que ça te coûte aussi cher ? Tu dois nourrir ta poubelle en même temps que tes enfants ! »

Gaspillage alimentaire

Et effectivement, on gaspille au niveau mondial le tiers de la nourriture disponible. C’est 1,3 milliard de tonnes d’aliments jetées aux vidanges chaque année, selon l’organisme Jour de la Terre.

Au Canada, c’est environ la moitié de la nourriture produite qui est perdue. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les consommateurs gaspillent davantage que les épiceries et les restaurants. Le ménage moyen jette l’équivalent de 1800 $ par année de nourriture. Faites le calcul : ça fait plusieurs paniers hebdomadaires garrochés directement dans les vidanges (ou le compost). Et pourtant, 80 % des gens considèrent ne pas gaspiller...

C’est à la lueur de cette dernière statistique que je me suis mise à douter. Et si, contrairement à ce que je croyais, je n’étais pas si « efficace » que ça ? Même si mes légumes moches finissent en potages, si mes carcasses de poulet (ou tout autre os) font d’excellentes soupes-repas, si mes pelures d’ananas servent à préparer une garapiña (vive les influences immigrantes !) et même si le lait caillé se transforme en un irrésistible dulce de leche (oui oui !)

Curieuse de découvrir ce que je pourrais faire de plus ou de mieux, je me suis invitée à l’un des ateliers À vos frigos, donnés par Isabelle Aubut de l’organisme Jour de la Terre, mercredi au Musée d’histoire et des communications de Sutton. En général, je me débrouille bien, ai-je pu constater. Mais j’y ai quand même appris quelques nouvelles astuces que je pourrai intégrer petit à petit à ma façon de faire.

Saviez-vous que si vous mettez une pomme dans votre sac de patates, elles se conserveront plus longtemps ? Que les fanes de radis, de betteraves et de carottes font d’excellentes salades ou de savoureux pestos ? Et que le site glouton.ca propose des recettes vide-frigo ? Suffit d’y inscrire les restes d’aliments que vous voulez utiliser.

Mais ce que j’ai surtout constaté, ce jour-là, c’est qu’il n’y a pas qu’une façon de faire, et que même si la mienne va à l’encontre de la manière dont fonctionnent beaucoup de gens, elle me convient, sans que je doive y investir beaucoup de temps, d’efforts et d’argent (trois critères pri-mor-diaux pour moi).

Faire autrement

Je ne crois pas être mieux placée que quiconque pour vous dire comment gérer votre menu, votre frigo et votre budget. Mais le constat est qu’on chiale que nourrir une tribu coûte cher, alors qu’on jette nos choux gras par les fenêtres. 

Ce n’est pas tant ce qu’on mange qui coûte cher, mais ce qu’on ne mange pas. Dans notre société d’abondance, on a oublié qu’il y a mille et une façons de revaloriser les restes de tables, les pelures, et les trucs moches ; de planifier, d’organiser, de conserver les aliments et de les cuisiner. Suffit de trouver celle qui nous convient.

Ce n’est pas se restreindre volontairement, c’est de remettre en question nos habitudes, de penser et de faire autrement. Jusqu’à ce que ça devienne un réflexe. Si on procède petit à petit, ce n’est même pas compliqué, ça se fait tout seul ! Et contrairement à la croyance populaire, ça ne demande pas tant de temps que ça.

Et vous, quels sont vos trucs pour diminuer votre gaspillage alimentaire… et du coup votre facture d’épicerie ?