Yves Lévesque

Lévesque: le vent tourne

CHRONIQUE / La donne vient d’être radicalement changée pour les prochaines élections à la mairie de Trois-Rivières.

La confirmation que la ville est de nouveau sous enquête par l’Unité permanente anti-corruption ne pourra faire autrement que de modifier la réflexion de plusieurs citoyens à l’endroit de ce qui devrait être la meilleure personne pour occuper la mairie de Trois-Rivières.

Jean-François Aubin

Même si pour l’instant le maire sortant Yves Lévesque n’a pas été pointé formellement par les allégations révélées au Nouvelliste et à Radio-Canada, il ne fait aucun doute que les soupçons populaires vont aller dans sa direction et dans celle de son entourage.

François Bélisle

Il suffit de prendre connaissance des premières réactions pour constater l’ampleur des sarcasmes mais surtout de la colère que les malversations qui auraient pu être commises à la Ville de Trois-Rivières génèrent.

Même si l’ex-greffier Gilles Poulin s’était publiquement identifié comme un adversaire aux dernières élections municipales, son calcul des indemnités de départ qu’Yves Lévesque pourrait obtenir et qui dépassent les 250 000$ n’a fait que rajouter à la grogne populaire, en raison du contexte actuel.

La sagesse devrait nous inciter à un minimum de prudence dans un dossier où il n’y a encore que des allégations et aucun nom d’avancé. Mais on le sait, le tribunal populaire se distingue par son impatience et ne s’encombre pas de connaître le fond des choses avant de rendre jugement et de vouloir appliquer sa sentence. Il est plus que prompt à passer des soupçons à l’accusation, sans problème de conscience et sans se soucier qu’au bout de l’enquête ou de la procédure judiciaire, on en arrive parfois à une conclusion très différente de ce que l’on croyait.

Robert Aubin

En attendant, il y aura des élections à la mairie, probablement au mois de mai. On va donc entrer rapidement en campagne électorale.

Jusqu’à présent, on pouvait croire qu’un candidat (ou candidate) dont le profil aurait été qu’il est dans la lignée d’Yves Lévesque, dans sa continuité et même, pourquoi pas, dans ses préférences, pouvait profiter d’un petit avantage dans l’urne.

La déclaration de maladie d’Yves Lévesque, son effacement total de la vie publique puis, dans ce qui est apparu comme sa résignation à devoir renoncer à ses fonctions de maire avaient généré un certain courant de sympathie en sa faveur. Ce qui était susceptible de profiter à une candidature qui serait dans ses couleurs.

Julie Boulet

L’épique affrontement automnal, à l’hôtel de ville, mais avant tout dans l’espace public, entre les tenants de la Vision zéro et ses détracteurs, dissimulait à peine la bataille rangée que se livraient dans les faits partisans et opposants à Lévesque. Cette lutte, qui n’était pas toujours élégante chez les internautes, avait peut-être apporté un léger avantage aux lévesquistes et à la personne qui aurait pu le mieux s’y référer dans la nouvelle course à la mairie de Trois-Rivières.

Avec la connaissance d’une grosse enquête de l’UPAQ sur l’administration de Trois-Rivières, en particulier dans le développement de Trois-Rivières sur Saint-Laurent pour lequel Yves Lévesque s’est fortement peinturé, le concert d’éloges qui a accompagné sa démission a été brutalement interrompu.

À tort ou à raison, la perception populaire fera en sorte qu’il sera désormais plus gênant de se référer au maire sortant, de s’y accoler d’une façon ou d’une autre ou même d’en vanter les réalisations.

Jean-Denis Girard

L’humeur électorale penchera différemment.

Au cours de ses trois dernières élections, Yves Lévesque a obtenu plus ou moins 50 pour cent des votes. C’était fragile. Il ne faudrait pas un gros déplacement de votes pour que la lignée Lévesque soit écrasée.

À quel candidat cette tendance électorale va-t-elle profiter ?

Valérie R.-Martin

Il y a quand même une bonne dizaine de noms qui circulent avec plus ou moins de décibels.

Au bout, il en restera peu.

D’abord, il y a Jean-François Aubin, ex-conseiller municipal qui avait affronté Lévesque en 2013. Sa candidature a été annoncée il y a déjà quelques mois.

André Gabias

Il y a ensuite le club des «ex», selon la désignation qu’en a faite l’ex-greffier Poulin : Julie Boulet, Jean-Denis Girard, Robert Aubin et… André Gabias.

On voit bien que l’ex-ministre libérale Julie Boulet apparaît plus que tentée par la chose. L’ex-député libéral de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, a aussi laissé flotter son nom comme candidat possible en prenant soin de ne rien démentir.

Robert Aubin a été lui plus que réservé. Comme on soupçonne qu’il pourrait ne pas être candidat du NPD aux élections fédérales, il était dès lors facile à certains de le concevoir à la mairie.

Marianne Méthot

André Gabias n’a rien manifesté, mais il a rédigé une opportune longue lettre d’opinion pour Le Nouvelliste dans laquelle il faisait l’éloge de ceux qui défendent à l’hôtel de ville le projet de Vision zéro et qui sont des «désalignés» d’Yves Lévesque.

Une habile façon de courtiser ce clan et ses supporteurs, au cas où ?

Ce serait piger dans la clientèle de Jean-François Aubin et du conseiller François Bélisle, qui a admis être en réflexion pour la mairie.

Jean Lamarche

Des pressions se font aussi sur la conseillère Valérie Renaud-Martin. Mais le fait qu’Yves Lévesque l’ait déjà présentée comme sa préférée pour lui succéder l’oblige maintenant à réfléchir très fort sur l’avantage de cet appui.

Le nom de l’ex-directrice du bureau de comté de Jean-Denis Girard et auparavant de Danielle Saint-Amant, Marianne Méthot, a lui aussi été invoqué.

On sait d’autre part qu’un groupe de citoyens tente de convaincre l’efficace président du FestiVoix, Jean Lamarche, d’aller conquérir la mairie de Trois-Rivières.

Pierre-Benoît Fortin

Cela fait pour l’instant neuf candidats potentiels… À moins que Pierre-Benoît Fortin, toujours prêt à être candidat, ne résiste à la tentation d’y être. On en serait à dix.