Jean-Marc Beaudoin
Autant au début, la personne qui portait un masque se faisait regarder avec suspicion, comme si on la soupçonnait d’être infectée, autant on se surprend parfois maintenant à jeter un léger regard réprobateur sur celle qui n’en porte pas.
Autant au début, la personne qui portait un masque se faisait regarder avec suspicion, comme si on la soupçonnait d’être infectée, autant on se surprend parfois maintenant à jeter un léger regard réprobateur sur celle qui n’en porte pas.

L’été de la Belle d’à côté?

CHRONIQUE / Est-ce l’idée du retour de l’odeur du barbecue à partager avec un peu d’amis ou le grand soulagement de pouvoir très bientôt faire disparaître la repousse pour les unes et raser la tête pour les autres, on peut avoir vécu ces portions de libertés recouvrées comme un moment de libération.

Attention! Même si on a souvent comparé le combat contre la COVID-19 à une guerre, ce n’est pas encore l’armistice.

Ce sentiment de liberté qu’ont pu procurer les importants desserrements des règles de confinement consentis par le gouvernement québécois, avec l’aval des autorités sanitaires, n’est pas sans danger et tout le monde en est prévenu.

Si on veut que le desserrement s’accentue, il faut être encore extrêmement vigilant et respectueux des restrictions qui persistent.

La petite euphorie qui s’est emparée de nous cette semaine ne doit pas nous faire perdre de vue que chaque futur progrès espéré dans les contraintes de confinement dépend du succès obtenu par les avancements précédents. Le docteur Arruda, redevenu Horacio, nous a bien prévenus là-dessus.

Ce qui est peut-être rassurant, c’est que le port du masque tend à se répandre dans les lieux publics fermés, comme les épiceries, les boutiques et les magasins. Autant au début, la personne qui le portait se faisait regarder avec suspicion, comme si on la soupçonnait d’être infectée, autant on se surprend parfois maintenant à jeter un léger regard réprobateur sur celle qui n’en porte pas. Il y a une normalité qui s’installe.

Même restreinte, on aura donc droit cet été à une certaine vie sociale. Mais on en voudra davantage et, pour qu’une convivialité communautaire se vive, il faudra une réouverture des bars et des restaurants, mais aussi, qu’une certaine reprise touristique se concrétise.

On veut bien célébrer une certaine joie de vivre, mais un peu en gang élargi.

Dans ce nouveau contexte estival qu’imposera la pandémie, la Mauricie pourrait se tirer relativement bien d’affaire.

Avec l’abolition à Trois-Rivières des spectacles du Cirque du Soleil et du Cirque Éloize à la Cité de l’énergie de Shawinigan, mais aussi de l’interdiction de tous les grands festivals et rassemblements qui ponctuent généralement l’été mauricien, on devra vivre autrement notre convivialité communautaire. On pourrait même être surpris.

La région pourra faire jouer en sa faveur un énorme avantage qui s’appelle sa situation géographique.

La région est à 90 minutes de Montréal, de Québec et de l’Estrie ou de Lanaudière. On a 80 pour cent de la population du Québec en voisinage.

On s’entend que le tourisme international ne sera pas très vigoureux. Dans les provinces limitrophes, ils ont peur de nous. Cependant, on prévoit que les Québécois vont moins aller s’étaler sur les plages du Maine ou sur celles des mers du sud.

À peu près tout le monde s’attend à ce que les Québécois restent au Québec cet été.

Par contre, tout ce qui est hébergement risque de demeurer lourd, compliqué et plus onéreux dans l’offre de services qui pourrait être offerte, avec toutes les règles qui devront être imposées à ce secteur sur le plan sanitaire. Les régions plus excentriques pourraient en souffrir.

Les pourvoiries ont déjà perdu l’ouverture de la saison de pêche et la grande hôtellerie comme le Sacacomie, l’Auberge du Lac-à-l’eau-claire ou le Baluchon sont en disette totale. Même le congrès de la FPJQ, qui devait accueillir en novembre 600 journalistes au CECI de Trois-Rivières, en clin d’œil au centenaire du Nouvelliste, a été annulé.

On n’a pas encore fait un X sur tout ce qui est hébergement, mais on y est presque.

Par contre, même en demeurant chez eux, les Québécois vont avoir un peu de bougeotte. On doit donc s’attendre à une assez forte poussée du tourisme d’excursion. On définit généralement en excursionniste un visiteur sans hébergement dont l’aller-retour est d’au moins cent kilomètres.

Comme un réservoir d’essence suffit pour aller la visiter, la Belle d’à côté, comme Tourisme Mauricie présente depuis des années la région à l’extérieur, celle-ci devient accessible à presque tout le Québec, sans complications.

La Mauricie ne manque pas d’attraits.

Le projet pilote de terrasses sur la voie publique dans les centres-villes de Shawinigan et de Trois-Rivières, déjà très publicisé avant même qu’on en connaisse tous les détails, sera de nature à piquer la curiosité chez nos voisins des grands centres urbains. Ça justifiera bien des escapades.

On sait que ce projet, autant audacieux qu’original, développé par l’homme d’affaires shawiniganais Claude Villemure, auquel s’est étroitement associée Gena Déziel, de Trois-Rivières Centre, devrait servir de modèle pour une ouverture rapide des terrasses à travers tout le Québec.

À Trois-Rivières, les commerçants ont demandé de pouvoir eux aussi s’installer sur la voie publique pour y offrir leurs produits. Il est question de sentiers pédestres à travers la rue des Forges.

Tout le monde dans la région voudra vivre cette expérience comme à Shawinigan où il sera intéressant de constater entre autres comment la clientèle réagira à l’îlot de tables et de chaises qu’on compte installer au centre de la Place du Marché. À la manière des foires alimentaires dans les centres commerciaux, ces équipements serviront à l’ensemble des établissements à proximité.

On ne se pose déjà plus de questions sur l’affluence que ces expériences nouvelles généreront lors des beaux jours et beaux soirs du prochain été.

L’été qui s’en vient pourrait donc devenir un grand été de la Belle d’à côté.

En attendant, respectons ce qui reste de consignes pour faire partie de l’équipe gagnante d’Horacio. Quoi qu’avec le Canadien de Montréal, qu’il côtoyait vendredi matin, il a moins de chances de faire partie d’une équipe gagnante. Mais puisque pour exhiber la coupe le club ne pourrait faire de défilé...

Coup de cœur: À ces finissants de l’Académie des Estacades qui ont tenu, en montant une vidéo, à donner un peu de chaleur à leur fin de secondaire. Les ados... nos grands négligés de la pandémie.

Coup de griffe: Comme on le redoutait, plus qu’en raison de la COVID, beaucoup de choses ne pourront reprendre cet été à cause de la PCU-étudiante du fédéral.