Les poils ignorent le confinement!

CHRONIQUE / Un mois en isolement, ça n’empêche malheureusement pas les cheveux de pousser! Les hommes de la maison qui habituellement ont les cheveux coupés aux quatre semaines commençaient à avoir un look négligé qui était de moins en moins charmant… Quand mon conjoint a commencé à évoquer l’idée que je devrais remplacer Danielle, les cocos (de plus en plus poilus!) se sont révoltés. Une seule coiffeuse avait leur confiance. Une seule pouvait tailler leur chevelure sans qu’ils ne disent un mot. Danielle les connaît depuis qu’ils ont des cheveux à couper et elle a compris qu’en leur offrant une friandise à chaque visite, elle s’assure d’une fidélité quasi indéfectible de ses jeunes clients qui ne rechignent jamais pour aller la voir!

Mais Danielle est confinée chez elle, comme nous tous. Pas possible d’aller au petit rendez-vous mensuel.

Mon conjoint et moi avons fait valoir nos arguments et usé de stratégies. Mon petit Samuel, têtu comme une mule, nous permet de développer nos talents de négociateurs! Désespérée, j’allais contacter Claude Poirier quand, contre toutes attentes, il a accepté de me confier sa tête, tout comme son grand frère. J’en étais presque aussi émue que nerveuse. J’ai sorti mon bon vieux clipper acheté pour dépanner lors des vacances de cette chère Danielle.

Mon petit dernier était installé dehors au soleil sur une chaise avec la serviette autour du cou. Je branche mon rasoir et … rien ne se passe.

Change de prise électrique, attends 10 minutes… toujours rien.

Je devais me rendre à l’évidence, il avait rendu l’âme devant la tâche immense à accomplir.

C’est toujours mieux que pendant, je vous le donne!

Dans la journée suivante, on a vérifié s’il en restait à la pharmacie du coin...

Une journée, c’est une éternité quand tu as cinq ans et que tu as un terrain de jeu restreint. Samuel, qui était plus prêt que jamais à avoir un nouveau look, a décidé de prendre le taureau par les cornes.

À notre insu, il a utilisé ses ciseaux de bricolage pour se tailler lui-même le toupet! Il a fait ça en douce avant de retourner à ses occupations, ni vu, ni connu. Quand je l’ai interpellé pour venir jouer dehors, il s’est pointé tout fier! Pendant les quelques secondes de stupéfaction durant lesquelles mon cerveau essayait de faire un plan d’intervention, j’avais une seule image en tête, celle de Lloyd (Jim Carrey) dans La Cloche et l’idiot!

Après lui avoir expliqué que ce n’était peut-être pas une bonne idée d’utiliser de cette façon des ciseaux, je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire! On ne pouvait certainement pas lui reprocher son autonomie et sa débrouillardise!

En prenant une marche, on est allé récupérer le précieux outils à la pharmacie tout en s’assurant que Samuel garde sa tuque!

De retour à la maison, chacun des garçons est passé sur la chaise du salon de coiffure improvisé dans la cour arrière. Les demandes compliquées étaient rejetées, mes talents de coiffeuse étant limités.

Le résultat était acceptable. Le côté positif, c’est que leurs cheveux auront le temps de repousser avant la fin du confinement… et, qu’avec un peu de chance, Danielle aura repris du service le mois prochain!

Vous vous débrouillez comment pour ces tâches en temps de confinement? Écrivez-moi à kim.alarie@lenouvelliste.qc.ca