L’épicerie ou partir à l’aventure!

CHRONIQUE / Mercredi, nos réserves alimentaires avaient considérablement baissé. Il y avait plus de deux semaines qu’on avait fait l’épicerie. Un record familial! Trois enfants ça en mange des denrées… plus encore lorsqu’ils sont confinés je pense!

La dernière fois qu’il a fallu se ravitailler, c’est mon valeureux amoureux qui s’était sacrifié. Donc, moi je n’avais pratiquement pas mis les pieds à l’épicerie depuis le début du confinement. Je ne dis pas que ça me manquait tant que ça, mais cette fois je souhaitais y aller… pour diversifier notre menu. Je n’ai (presque) rien contre le macaroni au fromage en boîte qu’adore avoir en réserve mon cher époux, mais je voulais m’assurer d’une certaine diversité. D’accord, je l’admets je n’ai rien à reprocher au menu établit par ma douce moitié, mais j’avais juste de la difficulté à accepter de ne pas contrôler ce qui allait entrer dans ma maison! Faute avouée est à moitié pardonnée, non?

J’ai délaissé mes confortables leggings pour un pantalon propre et une touche de mascara. Je me suis armée d’une bouteille d’eau, d’une collation et de l’essentiel désinfectant à mains. Toute cette expédition me rendait pratiquement nerveuse! J’avais l’impression d’avoir à accomplir une mission périlleuse. C’est fou comme maintenant le simple fait de sortir de la maison nous oblige à nous mettre dans un état d’esprit qui nous amène à nous tenir sur nos gardes, à court-circuiter nos réflexes, tout en restant positif, si possible. On en vient presque à souhaiter ne pas rencontrer quelqu’un qu’on connaît pour ne pas se retrouver dans cette situation malaisante de devoir le contourner comme s’il représentait un danger. Difficile de croire que notre quotidien a autant changé en l’espace d’un mois!

Dans les dernières semaines, j’ai aussi eu recours aux services de livraison d’une épicerie du coin. Le fort achalandage sur la plateforme de magasinage en ligne rendait l’exercice plus ardu qu’il ne le serait en temps normal. Il ne suffit que d’un pépin technique ou d’une connexion internet faiblarde pour perdre son panier bien rempli. Le plus agréable de l’expérience se déroule après la conclusion de la transaction sur le site internet. Du suivi téléphonique pour certains éléments de la commande à la livraison, j’ai eu droit à un service sans faille. Cette fois par contre, nos besoins dépassaient l’offre de l’épicerie en ligne. Je devais aller sur le terrain.

Comprenez-moi bien, toutes ces mesures de sécurité dans les commerces sont nécessaires et je souligne l’efficacité des processus mis en place par les marchés d’alimentation pour assurer au maximum la sécurité de leur personnel et de leurs clients. Il n’en demeure pas moins qu’aller remplir un panier en arpentant les allées au gré de nos besoins a perdu tout son charme.

On suit les lignes tracées sur le sol pour éviter de croiser le plus possible d’autres clients et on arrive beaucoup plus souvent qu’avant devant des étagères vides! C’est certainement une épreuve pour le mental.

Par contre, je ne revenais pas les mains vides. On a assez de victuailles pour s’éviter cet exercice pour un bon bout. De plus, un arrêt s’imposait chez les frères Coulombe qui opèrent fièrement les Délices de la mer, une poissonnerie trifluvienne. La portion de saumon qu’ils nous ont préparée nous a vite rempli le réservoir de bonheur.

La Pousse santé était aussi sur la liste. Imaginez-vous donc que le petit commerce louisevillois de la famille Ricard venait de recevoir une livraison de… levure! J’avais l’impression d’aller chercher un produit rare et, en bonus, d’être réconfortée par le sourire apaisant de ses artisans.

Bref, l’aventure n’a pas été de tout repos, mais c’est avec le sentiment du devoir accompli que je suis rentrée à la maison… où j’étais attendue par mon clan affamé!

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