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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste
Jean-Marc Beaudoin
Les activités de manutention ont peut-être été un peu réduites, cela n’a pas affecté pour autant le chiffre d’affaires du port de Trois-Rivières et pas davantage sonrendement en 2020.
Les activités de manutention ont peut-être été un peu réduites, cela n’a pas affecté pour autant le chiffre d’affaires du port de Trois-Rivières et pas davantage sonrendement en 2020.

Le port va mieux qu’à bon port

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CHRONIQUE / Ce n’est pas l’accostage allongé du F.-A.-Gauthier, pas plus que son retour en catastrophe, qui a été dans les faits marquants du port de Trois-Rivières en 2020.

Certes, les frais de quaiage sont loin d’être négligeables dans l’ensemble des revenus (jusqu’à 50 pour cent des produits d’exploitation) et notre célèbre traversier y a toute sa part de mérite. Mais, en réalité, c’est plus dans les activités d’entreposage et de manutention que les choses se passent.

Et, là-dessus, l’exercice 2020, pour lesquelles les autorités portuaires trifluviennes ont rendu compte cette semaine, confirme que le port a, une fois de plus, connu une plutôt bonne année.

Certes, par rapport à 2019, il y a eu baisse du nombre de navires accueillis et du volume des marchandises manutentionnées. Mais avec 3,3 millions de tonnes métriques de marchandises transbordées, 2020 reste dans la moyenne des cinq dernières années.

Dans «un contexte hors du commun», comme le rappellera la présidente du conseil d’administration, Danielle Saint-Amand, on peut reconnaître que d’être parvenu à soutenir les opérations à un niveau presque habituel, ça doit être considéré comme un exploit.

Il a fallu, au port et à tous ses utilisateurs, de la «résilience et de l’adaptation», comme le souligneront tour à tour sa présidente et son p.d.g., Gaétan Boivin.

Disons que les finances du port sont demeurées excellentes. Les activités de manutention ont peut-être été un peu réduites, cela n’a pas affecté pour autant le chiffre d’affaires (presque 10 millions $) et pas davantage le rendement qui, à hauteur de plus de 20 pour cent, a généré 2,5 millions $ d’excédents de revenus sur les dépenses.

Ce qui ira grossir d’autant une trésorerie déjà bien garnie. Il y a quelques années, quand les taux d’intérêt étaient élevés, le port réalisait autant de revenus annuels en intérêts sur ses placements qu’avec les activités portuaires. Oui, le port de Trois-Rivières est en parfaite forme financière. Et c’est tant mieux, car il y a des projets, de gros projets sur la table.

Mais pour beaucoup de citoyens, ce qui est apprécié du port, c’est à quel point il s’harmonise avec son milieu et que ses activités s’exercent avec un évident respect de son environnement.

L’actuelle direction a depuis longtemps compris que le port de Trois-Rivières est en milieu urbain et a agi en conséquence. Ce qui est heureux, car il côtoie à la fois un centre-ville, une zone historique majeure et un site récréotouristique exceptionnel avec Trois-Rivières sur Saint-Laurent et l’Amphithéâtre Cogeco.

On a droit à une cohabitation exceptionnelle, car on ne rapporte jamais qu’il puisse y avoir des conflits d’usage. Ce qui peut étonner compte tenu de l’intensité des activités au port qui génère, a-t-on évalué, autour de 2000 emplois directs.

Pour s’assurer de son bon voisinage, le port a récemment fait installer une série de capteurs pour mesurer le bruit, la qualité de l’air et les vibrations.

Une précaution qui ne sera sans doute par superflue, car avec Cap sur 2030, on se prépare à nouveau à des investissements colossaux.

Cela ne touchera pas ce fameux concept de «waterfront», entre le hangar no 1 et les bureaux de l’administration portuaire.

Un genre de Dubaï avec édifices résidentiels, commerciaux et récréatifs ultramodernes avec son ouverture directe, mais surtout spectaculaire, en raison d’une passerelle faisant le lien piétonnier avec TRSLV. Le chaînon manquant.

Il suffisait d’un simple changement aux lettres patentes du port pour qu’on puisse aller de l’avant. L’autorisation de Transport Canada n’est pas venue.

Il faut dire que c’est très conservateur dans l’Administration portuaire canadienne. On n’était peut-être pas prêt, mentalement, dans le reste du Canada, à une telle audace venant d’un de ses ports. Un précédent, c’est toujours embêtant.

Le projet n’est peut-être pas enterré, mais les autorités portuaires de Trois-Rivières n’en ont pas dit un seul mot cette semaine en assemblée générale annuelle et pas une ligne sur une suite possible des choses dans le rapport annuel.

Il faut dire que le port a reçu à l’automne de plutôt bonnes nouvelles pour ses projets, côté ouest.

Le gouvernement fédéral lui a accordé une subvention de 33,4 millions $ pour la construction du terminal 21, un projet évalué à plus de 130 millions $.

On allongera, à l’ouest des élévateurs à grain, les quais de 716 mètres. Cela fournira au sol, à proximité de Kruger, l’équivalent de 20 terrains de football.

Cette infrastructure moderne permettra, dès 2024, une capacité additionnelle annuelle de manutention de 1,5 million de tonnes de marchandises.

Ce n’est donc vraiment pas le moment pour le port de présenter du côté d’Ottawa quelques humeurs sur son sort.

Comme l’a fait observer le ministre François-Philippe Champagne, qui est venu à l’automne confirmer la subvention fédérale, outre un ajout d’importance à la valeur de levier de développement que constitue déjà le port, cet investissement sera un élément de premier ordre dans la région pour la relance économique postpandémique.

La construction du terminal générera plus de 600 emplois.

Pour mener à terme ce projet, avec toute son intermodalité, les dirigeants du port seront très occupés.

Mais quand on a grand plan qui s’appelle Cap sur 2030, on peut penser qu’on ne s’en tiendra pas à admirer le fleuve après 2024… et qu’on reviendra à l’est, là où le port est vraiment urbain. Là où le monde va voir les bateaux.