On a déjà évalué, même si on soupçonne toujours un peu d’euphorie dans de telles prévisions, que les retombées économiques du CECi atteindraient 15 millions$ par année.

Le CECi tant attendu

Avec l’ouverture officielle du Centre d’événements et de congrès interactifs, Trois-Rivières vient de se doter de l’outil de développement qui lui manquait… pour se hisser dans le peloton de tête des régions touristiques les plus fréquentées au Québec.

On a en effet la conviction d’avoir accédé à la ligue majeure dans ce domaine en prévoyant pouvoir désormais se hisser au cinquième rang québécois de la fréquentation touristique d’affaires, un bond de quatre positions.

On tirait de la patte là-dessus. Depuis quelques années, on vivait un réel essoufflement de la clientèle de congrès. On avait enregistré une baisse de six pour cent des nuitées chez les visiteurs.

Si on oublie Québec et Montréal, qui sont dans une classe à part, Trois-Rivières échappait beaucoup d’événements et de congrès en faveur d’autres villes mieux équipées et même de moindre taille comme Drummondville, Victoriaville ou Saint-Hyacinthe.

L’investissement consenti par la Société Immobilière G3R pour le CECi, la modernisation des 120 chambres du Delta Marriott et l’ajout d’une soixantaine de suites est de 50 millions $.

On sait déjà qu’on va doubler dès 2019 le nombre de réservations et qu’il y en aura davantage encore dans les années qui vont suivre.

On a déjà évalué, même si on soupçonne toujours un peu d’euphorie dans de telles prévisions, que les retombées économiques du CECi atteindraient 15 millions $ par année.

Tant mieux si c’est autant et même si c’était un peu moins, c’est peut-être l’oxygène qu’il fallait pour maintenir une bonne vitalité économique au centre-ville.

On l’a vu cette semaine avec les craintes exprimées par plusieurs commerçants du centre-ville à l’idée qu’on puisse augmenter les coûts des stationnements, le tarif horaire des horodateurs et qu’on allonge en plus les heures de stationnement payant dans les rues du centre-ville. Déjà qu’on est rendu au bout du monde pour installer des parcomètres, à se demander si on ne finira pas par en planter à Trois-Rivières sur Saint-Laurent et, à l’autre extrémité, dans le parc Pie-XII.

«Ça me turn off», n’a pas hésité à commenter Richard Vienneau, prévenant que si on donnait suite à cette intention, il plierait bagage avec son magasin Le Brun en ville. Ce qui serait une grande perte compte tenu de la nature originale et exclusive de cet établissement.

Richard Vienneau a fait état de la fragilité qu’éprouvent beaucoup de commerces. Il suffit d’arpenter les rues du centre-ville pour constater que quiconque voudrait y ouvrir un établissement n’aurait pas de difficultés à se trouver un local, peu importe la rue.

Il faut comprendre qu’avec du stationnement payant, on élève le coût des biens et des services qu’on vient chercher au centre-ville, mais qu’on accroît aussi les risques de recevoir une contravention. Déjà qu’il faut surmonter une fluidité routière plus que déficiente. On est loin de la gratuité de stationnement qu’offre une ville comme Saguenay,

Les masses qui envahissent les rues du centre-ville durant l’été font peut-être un peu illusion sur l’ampleur des bénéfices qu’en retirent les commerçants sur une base annuelle.

En fait, ils le disent à peu près tous, c’est le cash de l’été qui leur permet de résister au reste de l’année. Et ils n’y arrivent pas tous.

Trois-Rivières vient de traverser sa plus forte saison touristique. Le problème, c’est son caractère trop saisonnier. Quand il fait -20 Celsius en ville, on a l’impression qu’il en fait -40 au centre-ville.

Le CECi, avec ce qu’il va générer en congrès et événements, viendra allonger la période de contribution touristique au centre-ville. L’été, avec tous les festivals, l’Amphithéâtre Cogeco, le Grand Prix, le sanctuaire et son festival de l’Assomption, on peut dire que la cour est pleine.

Une analyse commandée à Raymond Chabot Grant Thornton par IDE Trois-Rivières a évalué à 2,9 millions le nombre de visiteurs que reçoit Trois-Rivières en une année et à 213 millions $ les retombées économiques.

Pour une ville qui consacre environ 7 millions $ en aide et en soutien à ses organismes et événements, on peut dire que le retour sur investissement est plutôt généreux.

L’avantage avec le CECi, c’est que les congrès s’étalent sur toute l’année, davantage d’ailleurs à l’automne, à l’hiver et au printemps qu’à l’été, qui est déjà bien rempli à Trois-Rivières.

D’autre part, probablement parce qu’ils profitent de dépenses remboursables, dans les différentes catégories de touristes, les congressistes sont ceux qui dépensent le plus et de loin.

On peut comprendre que dans les boutiques, les restaurants, les bars et les cafés du centre-ville, on les attend impatiemment ces futurs clients du CECi.

La Ville, on le sait, va accorder une aide de 1,76 million par année pour la gestion du centre, soit 35,6 millions $ en vingt ans en plus d’un congé de taxes pour les 25 prochaines années.

Cela peut paraître discutable. Mais c’est plutôt un bon «deal». D’abord, Trois-Rivières est maintenant dotée d’un centre de congrès ultramoderne sans qu’elle ait eu à emprunter la moindre cenne. Elle s’évite aussi d’avoir à éponger les déficits d’exploitation, parfois lourds, qui sont observés ailleurs, sans avoir à l’opérer. Enfin, si le CECi lui appartenait, elle n’en retirerait pas davantage de taxes.

La modernisation des chambres et l’ajout de suites, ce qui n’aurait pas été fait sans le CECi, va élever la valeur foncière du Delta et en conséquence son compte de taxes.

L’ensemble de l’opération devrait être à coûts nuls pour la Ville, une expression qui est sur la coche en ce moment à Trois-Rivières.

Toutes les villes du monde rêvent d’avoir un centre-ville vivant. C’est un bien collectif.

Coup de griffe: Il semble que le réveillon familial ait été annulé chez les Boulet. Il n’y aura pas de bise annuelle entre Julie et Jean. On ne se fera pas non plus de cadeaux.

Coup de cœur: Il a peut-être l’esprit kamikaze, mais souhaitons bonne chance à Yves-François Blanchet qui va devenir, n’en doutez pas, chef du Bloc québécois.