L’arbre de l’espoir

CHRONIQUE / Alexis aurait de loin préféré un chien.

Un labrador blond, pour être plus précis. Mais n’importe quelle race aurait satisfait son immense désir d’avoir un nouvel ami à quatre pattes.

Pour le moment, nous avons fait d’autres choix qui rendent difficile l’adoption d’un chien même si Alexis est catégorique, il serait beaucoup plus gentil et sa chambre toujours rangée, s’il avait un animal de compagnie. J’ai beau croire aux vertus de la zoothérapie, permettez-moi d’émettre certaines réserves en admirant sa détermination!

Devant notre refus catégorique et maintes fois répété, il a suggéré de planter un arbre pour marquer cette année chamboulée par la COVID-19. On a trouvé le plan B excellent!

Jeudi matin, sous un crachin automnal, on est allé voir Marco à la pépinière Casse-Noisette de Maskinongé. Marco a une passion évidente pour (presque) tout ce qui a des racines. Dans son commerce, il cultive la vie et, par la bande, l’espoir. C’est exactement ce qu’on venait chercher, de l’espoir.

On avait l’œil sur des arbres fruitiers, les grandes vedettes du moment. Tout le monde se les arrache selon Marco, qui voit son entreprise en profiter au point d’être débordée. Il nous a proposé des pommiers, des poiriers ou des pruniers. On a convenu de choisir deux pommiers, un nombre idéal pour la pollinisation, un Honeycrisp et un Novamac.

Enthousiaste, il nous a aussi parlé de ses gros plants de bleuets qui devraient produire pas mal cette année. On leur a jeté un œil puis on s’est laissé tenter en rêvant déjà de déguster la production qui ne devrait pas durer longtemps connaissant l’appétit de nos héritiers. Or, juste à côté des gigantesques plants de bleuets, il y avait… des pêchers. Leurs petits boutons de fleurs roses donnaient l’impression de scintiller sous la pluie.

Les genoux m’ont plié.

Ce serait lui, l’arbre de l’espoir. «Une chance que ce n’était pas un gars!», m’a lancé mon chum sourire en coin en voyant que j’avais un puissant coup de foudre pour cet arbre qui rayonnait parmi les autres. On l’a adopté lui aussi.

Marco nous a offert de précieux conseils pour la plantation et le chouchoutage de ces arbres qui nous permettront d’égayer un peu plus cette année qui marquera à jamais nos vies. Restait juste à convaincre mes deux tornades masculines que ces nouveaux venus étaient encore trop frêles pour y accrocher une corde à Tarzan!

Non, chère Justine, ce n’est pas plus propice pour un hamac…

Poussent, poussent les légumes!

Pour ce qui est de la production maraîchère, amorcée il y a quelques semaines qui a cours sur le bord de ma fenêtre, je dois vous dire que je suis pas mal fière de mes apprentis. Les plants de fèves sont immenses et les plants de tomates sont bien partis. Le basilic a fière allure et le persil, un peu plus timide, est reconnaissable par son odeur caractéristique. Les pots ont été agrandis au fil des dernières semaines et l’espace commence à manquer. On a bien hâte de déménager tout le monde à l’extérieur. D’ailleurs, ma sœur et son amoureux nous ont fait le plus beau des cadeaux qui nous permettra d’avoir un vrai jardin! Mon beau-frère nous a confectionné un magnifique bac de jardinage en bois! Je compte bien les remercier avec quelques bières de microbrasseries quand on pourra à nouveau se visiter! De votre côté, avez-vous planifié faire un jardin cette année?