Justine, Alexis et Samuel ont profité du grand air pour faire un feu.

L’appel de la nature

CHRONIQUE / Ça fait partie des prescriptions du premier ministre François Legault : prendre l’air. Étant donné que les jeux organisés n’ont pas été un succès comme je le mentionnais dans ma dernière chronique, moi et mon conjoint avons tenté de relâcher un peu de pression en faisant une escapade dans le bois avec nos trois héritiers.

On a cette chance d’avoir accès à une terre à bois, un véritable terrain de jeu grandeur nature. Chez nous, il y a plusieurs traditions quand on franchit les portes de cet univers apaisant. Premièrement, le temps des sucres. Dans notre petite cabane familiale, on entretient les souvenirs et les becs sucrés. Il n’y a pas mieux qu’une bonne dose de tire sur la neige pour renouer avec ce rituel.

Deuxièmement, on prend le temps de faire un feu à l’extérieur. On ramasse des brindilles, des feuilles mortes et on entretient les flammes avec enthousiasme et on en profite pour jaser de tout et de rien. Mes parents nous accompagnaient et on prenait bien soin de respecter la distanciation sociale requise. Même si c’était difficile pour Mamie et Samuel, qui ont l’habitude de multiplier les câlins.

Troisièmement, on joue et on explore! Mardi après-midi, on était armé des traîneaux et d’un snowboard pour dévaler l’immense pente située tout près de notre charmante cabane. Les conditions étaient parfaites! On en a fait des descentes (et des remontées pour la grande majorité à pied!) avant que la lumière nous indique qu’il était temps de rentrer.

Donc à la demande générale, on a accepté de faire une dernière glissade. Dans sa grande sagesse, mon père a lancé un peu à la blague que «la dernière est toujours la plus dangereuse.» J’ai un peu roulé les yeux (sans qu’il me voit!) devant son cynisme. Désolée papa!

J’étais aussi emballée que mes enfants de m’élancer sur la pente que je dévale depuis que je suis toute petite et sur laquelle j’ai vécu bien des aventures. On a atteint une vitesse de pointe qui nous a fait pousser des cris d’excitation qui ont dû réveiller toute la faune à des miles à la ronde!

Puis, la prédiction de mon père s’est réalisée. Ma grande Justine est allée heurter un arbre, un peu chétif, dans les derniers mètres de notre ultime tour de manège. «Justine! Ça va?», lui lançais-je du bas de la côte. Aucune réponse. Elle était roulée en boule et ne bougeait pas. J’abandonne mon bolide de course pour courir vers elle le cœur battant la chamade. J’avais aucune envie d’aller faire un séjour à l’urgence…

Arrivée à sa hauteur, elle pleure en se tenant l’épaule.

«Est-ce que tu peux bouger?»

«…jjjje sais ppppas.»

«Essaie de te lever.»

Puis, elle s’est assise sans trop d’effort et elle a fait bouger son épaule qui répondait bien.

Quelle idée d’embrasser un arbre!

Que voulez-vous, à 13 ans, l’amour frappe fort!

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Je voulais vous tenir au courant de l’évolution de nos semences de la semaine dernière. Bonne nouvelle, on voit du vert!!! Par contre, il s’est installé une petite compétition puisque Alexis est celui qui connaît le plus de succès. Samuel n’a qu’un seul plant qui s’est manifesté jusqu’à maintenant et Justine se fait taquiner par ses frères (et son père!) puisqu’aucun signe de vie n’est encore perceptible dans ses contenants.

«Tes légumes ne poussent pas aussi vite que tes frères, ils vont probablement être moins bons», rigolait son paternel.

Ce à quoi notre grande philosophe a répondu : «Même si ça reste de la terre, avec un peu de sirop d’érable, je suis capable de faire n’importe quoi!»