Steve Turcotte
Glenn Stanford, Dean MacDonald et Marc-André Bergeron.
Glenn Stanford, Dean MacDonald et Marc-André Bergeron.

La victoire de la résilience de MacDonald

CHRONIQUE / Même si le dossier n’est pas encore parfaitement attaché, la Ville de Trois-Rivières a dévoilé une entente de principe jeudi après-midi qui pave l’arrivée d’une franchise de la ECHL dans son nouveau Colisée à partir de l’automne 2021.

La Ville en fait un élément de fierté. On peut comprendre : il n’y a pas 36 000 produits d’appel disponibles pour remplir le nouveau joyau de quelque 60 millions$ de la cité de Laviolette. Les promoteurs arrivent avec du hockey professionnel lié au Canadien de Montréal, l’une des plus fortes images de marque au Québec, sinon au Canada. Logiquement, Trois-Rivières ne pouvait laisser filer pareille opportunité.

Au risque de cracher dans la soupe, faut quand même se rappeler que ce pacte n’aurait jamais abouti sans la résilience de Dean MacDonald. Non, la Ville ne lui pas exactement déroulé le tapis rouge quand il s’est annoncé prêt à investir des millions$ en Mauricie. Pendant des semaines, le clan MacDonald n’arrivait même pas à parler au maire Jean Lamarche! Il a été un peu traîné dans la bouette, ce MacDonald. Même dans les médias, ses intentions ont été remises en doute. MacDonald, déjà propriétaire des Growlers de St.John’s, se servait-il de Trois-Rivières comme appât pour se négocier une meilleure entente là-bas?

L’histoire a rapidement prouvé que non. Quand il a fini de renégocier son bail à St.John’s, MacDonald a accentué ses efforts en sol trifluvien. Avec Marc-André Bergeron, qui sera le président de l’équipe, il a changé son angle d’attaque, en se servant des médias et en interpellant directement les conseillers afin que tous soient au courant parfaitement de ses démarches.  Bien des investisseurs auraient simplement tourné les talons. MacDonald, lui, a choisi de se battre, convaincu du potentiel du marché.

Le vent a fini par tourner. Autour de la table du conseil, le projet avait des appuis. Ils ont été fortifiés quand MacDonald a prouvé que le Canadien était bel et bien un partenaire dans l’aventure. L’opinion publique aussi était favorable à la ECHL. Devant cette combinaison, Jean Lamarche a eu le flair politique de prendre un pas de recul, et de confier les négociations à ses fonctionnaires.

Lentement mais sûrement, les pourparlers ont pris de la force. À un certain point, les deux parties ont senti qu’un terrain d’entente pouvait être trouvé. Ce qui nous amène à ce potentiel contrat de 15 ans qui devrait être ratifié au plus tard au début de l’automne. Cinq ans ferme, suivi de deux autres termes de cinq renouvelables selon le désir de MacDonald. 

Les promoteurs auront donc un an pour se préparer avant la première mise en jeu. Ça ne sera pas de trop. Avec la COVID-19, bien malin qui peut prédire dans quel climat socio-économique l’équipe devra prendre son envol dans 14 mois. Marc-André Bergeron a du pain sur la planche. En ce sens, l’arrivée dans le décor de Mark Weightman – un intervenant apprécié du maire Lamarche – est bénéfique pour placer le projet sur les rails.