La routine, ce moule à Jell-O

CHRONIQUE / L’idée de la routine que j’avais envie d’instaurer, en cette période d’isolement obligatoire, était agrémentée d’éclats de rire, d’une complicité entre mes petits cocos et de la contribution de chacun aux efforts quotidiens dans la maison.

La première journée laissait présager une bonne séquence.

Mes idées théoriques aux allures de publications Pinterest ont dérapé. Dans ma nouvelle «classe» matinale, tout particulièrement.

Pour Alexis, qui se plaignait de la facilité de mes exercices de la dernière séance, j’ai ajusté le tir pour répondre à son désir d’apprendre.

«Je comprends RIENNNNNNN!!!!!!»

Vraisemblablement, la haine des fractions, il ne tient pas ça des voisins! La feuille en lambeaux sur le sol, il a déguerpi dans sa chambre en claquant la porte. Tout ça sous le babillage incessant de mon petit Sam qui remplissait joyeusement des pages lui permettant de parfaire ses habiletés en calcul et de la grande qui chantonne sa chanson préférée en traçant des angles sous toutes leurs déclinaisons. Les deux tiers sont heureux, c’est pas mal non?

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Avec mon bagage qui tient plus du bon sens que des notions de psychologie en bonne et due forme, j’ai tenté de calmer mon petit volcan en éruption. Dans toute cette colère qu’il ne maîtrise pas encore totalement, il a craché ces mots qui voulaient tout dire.

«Maman, je me sens comme du Jell-O!»

Boum. J’avais l’impression que le dessert m’avait explosé en pleine face.

Je suppose qu’il n’est pas le seul à se sentir comme ça. C’est le but de la routine que j’ai mise en place: servir de moule à mon petit bonhomme Jell-O. Mais il faudra être patient pour que chacun trouve son rythme et se fasse au changement.

Le mieux que je puisse faire c’est de leur offrir une oreille attentive, une bonne dose de patience et pourquoi pas un bol de Jell-O pour dessert… et un congé de mathématiques pour demain.

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J’ai toujours aimé jardiner. Mon chum vous dira que mon taux de succès est assez bas et que ma seule présence suffit à faire augmenter le taux de mortalité des plantes. Il est vrai que je ne suis pas Larry Hodgson ou Martha Stewart mais j’ai quand même un plant de menthe qui trône, toujours verdoyant, sur mon comptoir de cuisine depuis l’été! (Certains diront que le véritable défi est de se débarrasser de cette plante envahissante mais je préfère penser que j’y suis pour quelque chose.)

Pour changer le mal de place après le dîner, on a sorti quelques contenants de plastique du bac de récupération et on s’est mis en mode printemps.

Les deux mains dans la terre et la tête pleine de recettes pour le fruit de nos récoltes futures, les enfants s’en sont donné à cœur joie. Un petit 45 minutes d’accalmie bénéfique pour tout le monde. Même le soleil ne pouvait résister à se pointer pour être témoin de ce moment de paix et apporter son essentielle contribution au projet. Des plants de haricots, de tomates, des oignons verts, des piments et un assortiment de fines herbes orneront bientôt le rebord de notre fenêtre. Je rêve déjà de me vanter à mon amoureux que j’ai le pouce vert!

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Vous avez été plusieurs à me partager vos expériences et je vous en remercie. Si certains d’entre vous ont décidé de faire comme moi et de consacrer dès maintenant un moment aux travaux scolaires, d’autres, oeuvrant principalement dans le domaine de l’enseignement, choisissent de simplement profiter d’une semaine de vacances et de ne reprendre la tâche que plus tard.

Marie-Andrée m’a également confié qu’entre deux sorties à l’extérieur, sa famille disputait des matchs endiablés sur une vieille table de ping-pong qui avait repris du service. Voilà une bonne idée, qui fait des jaloux sous notre toit!

Pour suggérer des idées d’activités en famille, écrivez-moi à kim.alarie@lenouvelliste.qc.ca