Stéphan Frappier
La Ville de Trois-Rivières regarde actuellement la possibilité de donner un peu d’air aux restaurateurs qui exploitent une terrasse. Ceux-ci pourraient ainsi bénéficier d’un allègement de la tarification cet été. Les commerçants de la région, spécialement ceux du centre-ville qui seront assurément victimes de l’annulation de tous les événements estivaux, auront besoin d’aide pour s’en sortir et cette initiative est un bel exemple de mesure qui pourrait faire la différence.
La Ville de Trois-Rivières regarde actuellement la possibilité de donner un peu d’air aux restaurateurs qui exploitent une terrasse. Ceux-ci pourraient ainsi bénéficier d’un allègement de la tarification cet été. Les commerçants de la région, spécialement ceux du centre-ville qui seront assurément victimes de l’annulation de tous les événements estivaux, auront besoin d’aide pour s’en sortir et cette initiative est un bel exemple de mesure qui pourrait faire la différence.

La liberté des uns et la prison des autres

CHRONIQUE / Samedi dernier, direction Saint-Alexis-des-Monts. Il était grand temps, après un mois et demi de confinement, d’aller «visiter» les parents isolés. Comme des milliers de personnes âgées, ils s’ennuient. Leur plus grande fierté, l’autonomie, a pour ainsi dire pris le bord. Mais surtout, ils sont tristes de ne pas voir plus souvent le petit dernier, Édouard, qui grandit beaucoup trop vite. Vous savez, à leur âge, on a toujours l’exagéré sentiment que le temps va manquer.

Comme le dicte la «loi», les retrouvailles se sont passées par la fenêtre. C’était touchant de regarder leurs yeux à la fois heureux et tristes. Heureux de le voir, tristes de ne pas pouvoir le chatouiller, le sentir. En reprenant le chemin du retour, une seule question nous trottait en tête: quand pourront-ils le reprendre dans leurs bras?

La semaine prochaine, le gouvernement Legault présentera son plan pour déconfiner le Québec. Les écoles et les CPE vont bientôt rouvrir. Les entreprises aussi. Entre la nécessité de reprendre la vie normale et le risque de déclencher une deuxième vague encore plus sévère, la ligne est mince et le premier ministre veut légitimement se diriger vers un déconfinement prudent et progressif, accompagné de mesures strictes. C’est rassurant.

N’en reste pas moins qu’il s’agit là d’une importante décision puisqu’elle pourrait avoir, encore une fois, des répercussions sur la vie de nos aînés. Ce retour en classe les empêchera-t-il de revoir leurs proches pour encore plus longtemps? La question se pose. Chose certaine, si le coronavirus traîne quelque part dans un CPE, vous pouvez compter sur Édouard, qui a une discipline de distanciation approximative, pour le rapporter à la maison et l’offrir à papa, maman et, ultimement, à papi ou mamie!

Pas évident d’assumer cette possibilité de refiler ce virulent virus à un aîné ou à toute autre personne vulnérable de son entourage. Il ne faudrait quand même pas que l’immunisation naturelle devienne une élimination naturelle!

François Legault a précisé cette semaine que les parents craintifs n’allaient pas être obligés de retourner leurs enfants à l’école avant septembre. Sauf que si on veut recommencer quelque part, faudra bien se résoudre à renvoyer le petit voir ses amis dont il s’ennuie tant et nous, à retourner au bureau. Tout le monde le pense sans le dire tout haut: il en va de la santé mentale de plusieurs familles. Mais comment, en même temps, prendre soin de celle de nos aînés? Pas simple.

Décidément, plus cette pandémie avance, plus il est difficile de trouver le juste équilibre entre la liberté des uns et la prison des autres. On en vient à se demander s’il y aura vraiment un bon moment pour permettre ce retour à la vie «normale» sans pour autant mettre encore plus la vie de personnes qu’on aime en danger. C’est là qu’il faut faire confiance aux experts... et espérer le plus vite possible un vaccin! En attendant, des grands-parents devront visiblement s’habituer à voir leur petit-enfant par la fenêtre le samedi après-midi…

Pourquoi pas en septembre?

Il y a cependant de l’opposition. Un peu normal de rencontrer de la résistance après avoir autant martelé le message «Restez chez vous». Ce changement de cap est même à 180 degrés.

Il y en a qui pensent qu’il aurait été préférable de retourner en classe en septembre. François Legault, lui, privilégie un retour en douceur au printemps. Il espère que cette stratégie favorisera une meilleure immunité naturelle et ainsi évitera les pics catastrophiques de contagion à l’automne. Valable argument, mais c’est quand même beaucoup de gestion de risques pour seulement quelques semaines de reprise avant les vacances d’été. Il faut également éviter le faux sentiment de sécurité alors que la tempête est encore loin d’être terminée. D’autres questions sont aussi légitimes: L’immunisation est-elle permanente? Les enfants ne courent vraiment aucun danger? Que fait-on avec les employés à risque? Une vaste campagne de dépistage aurait-elle été souhaitable avant un déconfinement?

Mais François Legault a fait son nid et, jusqu’à maintenant, il n’y a aucune raison de ne pas lui faire confiance. Il faut dire aussi qu’il y a beaucoup de pression. Plusieurs personnes trépignent d’impatience de retrouver un semblant de normalité et c’est le gouvernement qui devra trouver la meilleure façon de redémarrer tout ça le plus sécuritairement possible. Gros contrat!

Des gens d’affaires nerveux

Les gens d’affaires font partie de ceux qui attendent avec nervosité la suite des choses. On peut le comprendre, ils sont inquiets. Ils ont peur de faire faillite. Ils sont en quelque sorte dans le même bateau que les parents: ils veulent retrouver leur vie d’avant, mais à quel prix? On a beau l’espérer, ce retour à la normale, il est extrêmement périlleux de prédire à quel moment et surtout comment il sera possible de remettre les pieds en toute sécurité dans une salle de spectacles, dans un cinéma, dans un restaurant ou dans un salon de coiffure.

Certains trouveront assurément le moyen de s’ajuster, mais des endroits demeureront toujours à haut potentiel de transmission. Quelle sera la marge de manœuvre des commerçants? Et les clients, auront-ils envie d’y aller? On parle de plus en plus de l’obligation de porter le masque là où les mesures de distanciation seront plus difficiles à appliquer. Est-ce que ce sera suffisant pour contrer le virus et surtout la peur? Chose certaine, l’efficace trio Legault-Arruda-McCann devra à la fois être imaginatif et rassurant pour redonner confiance aux consommateurs et aux entrepreneurs.

Coup de coeur de la semaine

Le coup de cœur de la semaine revient à André Beauchesne qui a entrepris des démarches pour que le comité de toponymie de Trois-Rivières considère les noms de Christian Langevin et Gerry Rochon dans leurs prochaines délibérations. Ces deux regrettés bénévoles du monde du sport trifluvien méritent assurément d’avoir une rue ou un parc à leur nom. Tout comme Mme Cécile Pinsonneault qui a marqué l’histoire régionale du basket-ball. Et tant qu’à y être, on pourrait ramener sur la table le nom de Fernand Bédard qui mérite aussi d’avoir une petite place quelque part après avoir été tassé de la façade du stade de Trois-Rivières.