On voit bien, encore une fois cette année avec l’hommage aux Cowboys Fringants, que le talent artistique québécois foisonne, qu’il est abondant, qu’il est dans tout, qu’il est partout.

Un Cirque et son amphithéâtre

CHRONIQUE / S’il y a quelqu’un qui s’interroge sur le fait que les Québécois dominent les plus grandes scènes de Las Vegas, conçoivent les spectacles, les produisent et les remplissent d’artistes «made in Québec», il n’a qu’à assister à une représentation du Cirque du Soleil, à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières… et il y a des petites lumières qui vont s’allumer.

Faut réaliser que c’est dans nos gênes et qu’on n’en a justement vraiment plus de gêne à se confronter sur le plan artistique à l’international et à occuper sans complexe et avec succès reconnu l’espace public qui est à conquérir.

On voit bien, encore une fois cette année avec l’hommage aux Cowboys Fringants, que le talent artistique québécois foisonne, qu’il est abondant, qu’il est dans tout, qu’il est partout.

Ça tombe bien parce qu’avec nos fringants Cowboys, qui ne font pas du tout dans le country, encore moins dans le western, cette cinquième édition fait très québécoise, presque nationaliste, même si les drapeaux multicolores qui bondissent à tout vent pour être rattrapés habilement n’ont rien du fleurdelisé.

C’est dans les textes des chansons des Cowboys que s’exprime toute la fibre québécoise.

La Corporation des événements de Trois-Rivières a prolongé de cinq ans son entente avec le Cirque du Soleil.

Les détails de l’entente ne sont pas connus. On ne peut donc établir ce que le contrat génère en bénéfices directs pour la population, mais pour le reste, après cinq ans, on peut évaluer que la venue du Cirque a été bénéfique à beaucoup d’égards pour Trois-Rivières et l’ensemble de la région.

Avec une vingtaine de représentations (23 cette saison) et un pourcentage très élevé de la clientèle qui provient de l’extérieur de la région, on comprend tout de suite qu’hôteliers et restaurateurs, en particulier, font de grasses affaires

Le fait que le spectacle se termine autour de 22 h 30 incite une majorité de ces visiteurs à passer la nuit à Trois-Rivières. Qu’il commence à presque 21 h leur laisse tout le temps d’aller expérimenter la restauration du centre-ville. En général, ils arrivent en début d’après-midi afin de pouvoir visiter la ville.

Ils sont donc plutôt payants. Pour plusieurs d’entre eux, c’est devenu comme un pèlerinage annuel.

L’été touristique de Trois-Rivières, ponctué de grands événements comme Le Festival Danse Encore, le Grand Prix, le Festival de l’Assomption, le Festival de Blues et bien d’autres, était déjà assez bien rempli.

L’arrivée du Cirque a comme fait sauter la baraque sur ce plan puisque sa présence s’étale sur cinq semaines et qu’on est à pleine capacité tous les soirs. Trois-Rivières est devenue l’été une véritable destination touristique et les visiteurs en redemandent. Ce qu’il aurait été difficile d’imaginer il y a un certain nombre d’années.

Il y a un autre aspect dans les avantages qu’a générés le Cirque à Trois-Rivières: l’Amphithéâtre Cogeco.

L’amphithéâtre a été réalisé dans la controverse et sa pertinence, autant que ses coûts de construction, ont largement été mis en cause.

On se doute bien que l’équipement ne fera vraiment jamais ses frais. On peut cependant dire qu’il en est aussi ainsi de l’ensemble des équipements culturels, sportifs ou récréatifs d’une ville.

On pouvait même douter de la capacité à y attirer de grands spectacles et de grands noms, avec une salle à demi-couverte.

Et pourtant… En s’y installant dès son année d’ouverture et en y remportant immédiatement un gros succès qui ne cesse de se répéter (on aura une autre saison record), le Cirque a apporté à l’amphithéâtre renom, rayonnement outre-frontière, crédibilité, sa justification et une acceptation très élargie auprès des Trifluviens.

On n’entend plus vraiment de contestation à propos de l’amphithéâtre et, maintenant que le site est hérissé de grandes tours à condos, pas davantage sur Trois-Rivières sur Saint-Laurent et les investissements colossaux qui y ont été consentis.

Cette superstructure, à la fois aérienne et d’apparence légère, aux lignes effilées, mais qui demeure monumentale, qui dégage même une impression de puissance, impressionne les visiteurs, parfois les subjugue, mais est surtout devenue un objet de fierté des Trifluviens.

On peut dire qu’on leur devait bien cela, eux qui en assument une grande partie des coûts et qui ont accepté de lui céder le plus bel emplacement de Trois-Rivières, à la rencontre du Saint-Maurice et du Saint-Laurent, face à l’île Saint-Quentin.

On ne compte déjà plus les noms prestigieux (on peut penser à Céline) qui s’y sont produits. Non seulement la programmation de l’amphithéâtre s’intensifie-t-elle d’une saison à l’autre, mais elle s’allonge aussi.

Faudra voir si on y arrivera en parka et bottes d’hiver, mais on n’aurait jamais pu penser qu’on y présente des spectacles jusqu’en novembre, comme cet hommage aux Beatles, mais surtout un Boogie Wonder Band… un 15 novembre.

Est-ce que l’an prochain, on nous proposera d’y célébrer le réveillon de Noël ou d’y défoncer l’année…?

On serait sans doute arrivé à donner à la salle la portée qu’elle a et le désir d’artistes internationaux de s’y produire. Mais on peut penser que sans le Cirque, il aurait fallu travailler très fort et plus longtemps pour atteindre le niveau actuel.

Il faut dire qu’il y avait alors dans la direction de l’amphithéâtre, un certain Alain Lamarre dont le frère Daniel se trouvait être le président du Cirque du Soleil, et que ce dernier voulait à tout prix se laisser séduire par la proposition du premier d’investir le nouvel amphithéâtre… un prétexte, peut-être, pour revenir chaque année dans sa région natale. Ce fut joyeux et ce ne fut pas un calvaire.

Coup de cœur: Aux organismes communautaires, pour le rehaussement de leur aide financière… après dix ans de stagnation.

Coup de griffe: Est-ce qu’à la piscine de l’Expo, à la plage de l’île Saint-Quentin, à celle de Lac-à-la-Tortue, de Batiscan, à la Petite Floride ou à la plage aux Chiens on devra permettre les «tops» à l’air féminins? Avis aux mon’oncles voyeurs.