Quand on assiste à un rodéo, il se dégage toujours cette impression que c'est la bête qui est la grande vedette du spectacle.

Si les chevaux pouvaient parler

Il n'était pourtant pas parvenu, malgré ses solides efforts, à éjecter à l'intérieur des huit secondes réglementaires le cavalier qui l'avait monté, mais cela n'avait pas empêché le taureau de se pavaner avec une fierté qui tenait presque de la vanité.
L'animal se plaisait d'évidence à se promener en conquérant devant l'assistance, comme une star qui recueille de la foule en les savourant pleinement, les applaudissements mérités par sa prestation.
Cela se passait l'an dernier, à la mi-septembre, un soir de rodéo au Festival western de Saint-Tite.
Si on avait pu interviewer le taureau, on peut croire qu'il aurait été aussi volubile et joyeux qu'un P.K. Subban après un match où il a bien performé. On n'aurait certainement pas entendu la moindre plainte de sa part tellement il semblait heureux dans sa peau et peu pressé de regagner la quiétude de son enclos.
Mais voilà, les taureaux comme les chevaux ne communiquent pas avec des mots. Alors, on peut bien se permettre de parler en leur nom et de les décréter maltraités malgré eux. Ils ne seront pas là pour se défendre et contredire ceux qui font de telles affirmations en leur nom.
Quand on assiste à un rodéo, il se dégage toujours cette impression que c'est la bête qui est la grande vedette du spectacle. 
Il faut voir la marche légère et altière du cheval dès que la courte épreuve est terminée. Comme notre taureau, il prend souvent son temps avant de regagner les chutes. C'est son moment de gloire. Il n'a surtout pas la mine basse d'une bête qui aurait souffert ou qui se serait sentie humiliée.
Certes, les bêtes de rodéo doivent affronter durant quelques secondes, mais à peine, un certain stress. 
Il y en a qui ont, semble-t-il, un grand souci de ça au point  de se sentir le devoir de se rendre devant un tribunal pour interdire la tenue de telles compétitions. 
La seule chose qu'on peut invoquer pour soutenir en cour cette prétention que les animaux de rodéo seraient maltraités,  c'est cet inconfort de quelques secondes. 
On peut bien parler de stress.  Le plus stressé lors de la monte d'un cheval ou d'un taureau de compétition, c'est le cow-boy. 
On a brandi des statistiques sur le nombre de bêtes qui ont pu être blessées au cours des dernières années au Stampede de Calgary.  C'est vrai. Il arrive des accidents. Si on avait aussi tenu un registre des cow-boys qui ont subi des blessures à la suite de chutes lors de ces rodéos, il y en aurait bien davantage. 
Le cheval est peut-être incommodé par la sangle en peau de mouton dont il cherchera à se débarrasser à coups de ruades spectaculaires, celui qui encoure le plus de risques de blessures, c'est quand même le cow-boy. C'est lui qui peut être catapulté dans les airs et retomber par terre dans des positions à grands risques, sans réelle protection. 
Les chutes sont brutales. Après un rodéo, il y a toujours plein de courbaturés et de claudicants chez les cow-boys.  Alors que c'est le calme total dans les enclos et les écuries. 
Mais voilà ! Les cow-boys ne sont pas des plaignards et les chevaux et les taureaux qu'ils montent, sûrement pas davantage. Mais comme ces derniers ne peuvent parler, il va se trouver des gens pour le faire à leur place, sans leur consentement.
Le «travail» d'un cheval de rodéo, c'est quelques secondes par jour. Et parce qu'il est talentueux, qu'on le considère comme un athlète, il va être soigné et traité aux petits oignons. On va le dorloter, le bichonner comme le font avec cette même affection, ceux qui possèdent un animal de compagnie. On l'aime et on le respecte. 
Quinze ou vingt secondes, au total. Alors qu'un bon cheval de course va devoir courir à vive allure autour de la piste, sous le claquement des fouets, pendant près de deux minutes. Un cheval de compétitions équestres doit sauter des haies et des étangs et exécuter des mouvements vifs et précis qui sont loin d'être sans danger pour lui. Tout le monde s'entend pour dire que ce sont des bêtes racées. Et que dire des chevaux qui sont montés par des joueurs de polo. 
Peut-on vraiment suggérer qu'il s'agit là de cruauté animale? On parle plutôt d'activités jugées nobles et en comparaison avec celles-ci, le rodéo est celle qui contient le moins d'exigences pour le cheval. C'est peut-être trop «people» pour certains. 
On peut ne pas apprécier ce genre de compétitions. Et on a bien le droit de forcer une interprétation de la loi québécoise sur le bien-être animal pour tenter d'interdire les rodéos, comme on veut le faire pour celui qui doit se tenir à Montréal dans le contexte du 375e. 
On n'ira pas jusqu'à reprendre les propos du bouillant directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet qui a qualifié jeudi ces guérilleros judiciaires de «hurluberlus qui vont venir dicter leurs élucubrations en Mauricie», mais on peut douter que ce soit l'amour du cheval qui justifie leur demande d'injonction. Comme on peut comprendre qu'il soit frustrant qu'encore une fois, une opposition de prétendus bien-pensants sur des activités qui ont lieu en région sorte de Montréal.
C'est à se demander dans ce dossier si le vrai crime, ce n'est pas d'avoir osé penser présenter une activité «rurale» dans Montréal. Il risque d'y avoir des odeurs d'écurie, ma foi, nauséabondes qui n'ont pas leur place dans l'air urbain de la ville. Yes my dear !
Coup de griffe
On devrait installer Donald Trump sur le banquise de 5000 km2 sur le point de se détacher en Antarctique. Il s'ennuierait peut-être de Paris, l'accord.
Coup de coeur
À Tourisme Mauricie qui va investir 1,2 million $ pour rappeler au reste du Québec et d'ailleurs, que la région, c'est leur Belle d'à côté.