La circonscription de Pierre Giguère sera rayée de la carte électorale du Québec.

Québec solidaire... version mauricienne

On a toutes les raisons de penser que si la circonscription de Saint-Maurice avait élu aux dernières élections un député de Québec solidaire, ce qui n'a même pas passé proche de se faire, la Commission de la représentation électorale aurait démontré plus de sensibilités aux revendications que le milieu régional lui a adressées.
On a beau se défendre à la CRÉ d'avoir pu prendre en compte des considérations politiques partisanes en préservant Sainte-Marie-Saint-Jacques, c'est la forte impression qui en reste quand même. 
Il y a eu beaucoup d'opposition de la part des élus régionaux, maires, conseillers municipaux, dirigeants de MRC et de représentants de différents organismes. Mais la perte d'une circonscription en région, qui s'en soucie ailleurs au Québec? Qu'elle soit présentement libérale n'est pas de nature à faire monter une mobilisation populaire intense en faveur de Saint-Maurice. 
On s'en est tenu en Mauricie à une stricte répartition comptable des électeurs dans une recherche têtue d'équilibre démographique des circonscriptions. 
Il reste que c'est un affaiblissement politique additionnel. Quatre voix seulement pour peser dans les décisions gouvernementales, c'est bien peu. On cherche certes à donner aux citoyens un poids politique présumément équitable. C'est ce que la Cour suprême du Canada a déjà tranché en ordonnant que l'écart entre le nombre des électeurs inscrits dans chaque circonscription ne puisse dépasser les 25% en plus ou en moins que la moyenne provinciale.
On s'ennuie de Maurice Duplessis qui avait son opinion sur cette cour qui, comme la tour de Pise, disait-il, penche toujours sur le même bord. Duplessis avait surtout compris que pour que le Québec des régions maintienne une présence forte à Québec, il lui fallait maintenir une représentation significative en termes de députés. 
Il estimait que Montréal pouvait très bien se défendre sans devoir écraser par le nombre la députation québécoise. Montréal perd aussi un comté, mais reste d'une certaine façon en sur-représentation puisque la majorité des circonscriptions qui sont dans le moins de 25% s'y trouve. 
Un député de moins ou de plus sur l'île de Montréal, ça ne change pas grand-chose. 
La réduction de cinq à quatre les comtés de la Mauricie ne sera par contre pas sans conséquences à moyen et long termes. ll y a déjà des dommages collatéraux... politiques et fratricides.
Le député libéral de Saint-Maurice, Pierre Giguère, dont on disait qu'il perdait son comté dans la fusion de Saint-Maurice et d'une partie de Laviolette, a prévenu qu'il ne se laisserait pas tasser. On lui arracherait les manches de sa chemise pour qu'il reste.
S'il le faut, il affrontera dans une convention sa collègue Julie Boulet, si elle décide de solliciter un nouveau mandat. Les hostilités sont déclenchées dans la famille libérale régionale. Elles l'étaient déjà un peu, sauf que maintenant, elles sont étalées sur la place publique. Le député Giguère avait déjà demandé s'il y avait une frontière entre Saint-Maurice et Laviolette parce qu'on lui reprochait d'assister à une activité qui ne se passait pas dans ses terres.
Les choses auraient été plus simples si la députée de Laviolette avait fait savoir qu'elle allait mettre un terme à sa carrière à la fin du présent mandat, ce que beaucoup soupçonnent qu'elle va faire. 
La ministre régionale préfère maintenir l'ambiguïté sur son avenir politique. On peut comprendre sa position. Si elle annonçait tout de suite qu'elle ne sera pas candidate en 2018, elle risquerait de fragiliser son statut ministériel, car elle perdrait en importance électorale. Son chef Philippe Couillard pourrait en effet être tenté, à la faveur d'un remaniement ministériel, de l'écarter à nouveau au profit d'un député de la région qui fera partie de sa prochaine équipe électorale.
Lequel? 
Jean-Denis Girard, le député de Trois-Rivières, reste un candidat potentiel. Mais il a eu son tour au bâton et il a été retiré. À moins qu'il n'ait été nommé ministre qu'en attendant que Julie Boulet traverse l'épreuve de la Commission Charbonneau, ce qui aurait permis à son chef de l'évaluer pour le futur.
Il aurait cependant de la concurrence. Le grand gagnant de la révision électorale, c'est son collègue de Champlain, Pierre Michel Auger. Parce que son comté s'en est trouvé fortement élargi. Sur le plan territorial, il s'enfonce maintenant dans le territoire mauricien. Tout en continuant de représenter, à l'est de la rivière, environ 40 % de la population de la ville de Trois-Rivières. 
Ce serait aussi le cas à l'ouest de Marc H. Plante, qui a gagné des électeurs au nord, en en perdant au sud, mais qui représente encore toute la partie de la ville de Trois-Rivières à l'ouest de l'autoroute de l'Énergie, ainsi que tout le secteur de Pointe-du-Lac. 
Dans ces trois cas de figure, Trois-Rivières se trouverait représentée au conseil des ministres et, dans les cas d'Auger et de Plante, avec en prime une partie de la Mauricie.
C'est une spéculation qui a son sens en ce moment. Mais Julie Boulet n'est pas pressée du tout d'ouvrir une brèche en faveur de cette course ministérielle régionale.
Il faudra d'évidence, puisque c'est dans son intérêt de le faire, attendre encore un bon bout de temps avant d'être fixé sur son avenir politique. Attendre jusqu'aux prochaines élections.
Mais après? Il faudra commencer par voir les résultats des prochaines élections. Qui a survécu, quel parti forme le gouvernement? 
En attendant, Mauricie libérale solidaire? Hum...
Coup de griffe
Quelle bêtise dois-je commettre pour être reçu au nouveau tout inclus gouvernemental haut de gamme de Sept-Îles, la prison 5 étoiles inaugurée hier?
Coup de coeur
Pour quelques gâteries estivales à venir annoncées cette semaine qui nous assurent d'un été chaud: Billy Talent et Styx.